‹ Le socialisme catholiqueChapitre 40 sur 140 · I. Hitze, op. cit., p. Sa · texte numérisé non relu

I. Hitze, op. cit., p. Sa

blissement, le parti des « Zûnftler», augmenta rapidement. Et dix ans plus tard, en 1881, la Diète vota une loi proposée par Ackermann, qui conférait de nouveau aux corporations leur caractère d'associations industrielles autonomes fondées sur le droit public, soumises à l'autorité administrative, et ayant pour but l'intérêt général.

Cependant comme les ouvriers restaient pour la plupart en dehors des corporations, une loi du G juillet 1887 accorda à l'Administration supérieure le droit de forcer les patrons ne faisant pas partie des corporations à participer aux frais à faire pour le logement des ouvriers de passage (Hebergen), pour les écoles professionnelles et pour la création de tribunaux d'arbitres.

Ces dispositions semblaient décidément être le prélude naturel de l'abolition des corporations obligatoires, et en efïet, après une discussion des plus animées, le i*"" mars 1888, le Reichstag approuva, par ii5 voix contre 114, une proposition du chanoine Franz Hitze et du député Haberland, qui imposait à tous les ouvriers l'épreuve de capacité professionnelle, devant une commission spéciale de chaque corporation de leur district, avant de pouvoir exercer légalement leur métier.

Dans cette même session de 1888, en même temps que la loi d'initiative de Hitze et de Haberland, le Reichstag avait voté plusieurs autres lois pour la protection du travail, telles que : la réglementation minutieuse du travail des femmes, surtout des femmes mariées; l'interdiction du travail de nuit povu' les femmes et les enfants au-dessous de 16 ans ; la fixation plus étroite de la limite à imposer au travail des enfants ; l'interdiction générale et absolue du travail le dimanche et les jours de fête. 11 avait enfin invité le gouvernement à fixer un maximun légal de la journée de travail pour les adultes, €t à réglementer également les industries dites domestiques.

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Ces projets de loi, qui, appliqués, auraient, tout au moins au début, causé un vérilahli' houleversenicnt dans l'industrie, créèrent une panique parmi les intéressés, et le tout-puissant Central vcrband deiitscher J/u/iislricl/cn leur déclara une telle guerre que le Bundesrath, sans s'arrêter à ce qu'ils pouvaient contenir de bon et d'utile, les rejeta en bloc, ce qui entraîna du même coup l'abandon de la proposition de Hitze et Haberland.

Ecrivain hardi, savant, précis, Franz Hitze ne s'est point arrêté à mesurer les conséquences auxquelles ses théoiùes devaient conduire. Les conclusions à tirer de l'étude de ses nombreux ouvrages, pleins d'érudition et de clairvoyance , sont, au Ibnd, les suivantes :

i" La question sociale est une question distincte de la question religieuse, mais elle n'en est pas indépendante;

2° La question sociale ne sam-ait se résoudre que par une réorganisation du travail :

3' Cette réorganisation doit connaître et protéger les droits du travail;

4 ' Elle doit, par conséquent, accepter le principe fondamental du socialisme ;

5° Elle ne peut être réalisée qu'à la condition d'être rendue obligatoire pour toutes les professions, c"est-à dire de faire partie en même temps de la constitution politique et du régime économique de la nation;

6" Il serait conséquemment impossible, dans un Etat composé de peuples de religions diflérentes, de la fondre avec l'organisation religieuse ;

•j" Enfin tous, même ceux que divisent les questions politiques et religieuses, doivent faii'e de cette réorganisation de la société le but d'un programme social commun.

Le chanoine Hitze ne recule nullement devant les consé-

quences les plus extrêmes de ses théories; il est socialiste convaincu, et voit dans le socialisme, largement compris, dans un espx'it chrétien, l'avenir de notre civilisation moderne.

« Faire l'aumône, dit Hitze, n'est pas grand'chose si l'on ne donne satisfaction aux revendications du Quatrième État. Celui-ci réclame son droit, et non pas l'aumône ; l'aumône doit être rexception. Celui qui ne veut pas reconnaître ce droit sera considéré comme un ennemi par l'ouvrier'. Du reste, à quoi bon la chaiùté? La bonne volonté, la charité, ne suffisent pas et ne peuvent servir à rien dans une organisation sociale fondée sur la concurrence, sur la lutte, dans laquelle la charité n'a trop souvent d'autre récompense que la faillite, et n'est qu'une prime donnée à la sécheresse du cœur. » La bienveillance n'est pas un remède propre à guérir les plaies sociales. La charité et l'aumône peuvent adoucir les misères individuelles, mais dans les grandes questions sociales elles ont bien peu d'importance. — Pas d'aumône ni de secours personnel, des secours organisés^, »

Aucun député du centre allemand n'a un programme aussi clair et aussi explicite que le chanoine Hitze ; aucun parmi eux ne sait, comme lui, passer par dessus les préjugés du vulgaire et de cette partie du clergé qui s'obstine à croire au libéralisme catholique.

Après la mort de Windthorst et la chute de Bismarck, la position de Hitze a considérablement grandi. Les catholiques ont en lui, on peut dire, toute confiance, et l'empereur, bien qu'il sagît d'un ecclésiastique d'à peine quarante ans, n'a pas craint de l'appeler à faire partie du Conseil d'État.

Dans son dernier livre sur la protection des travailleurs, que l'on peut considérer comme une paraphrase intelligente

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