I. L. Harmel, op. cit
extension des plus rapides à Roubaix et à Tourcoing. D'autres corporations libres lurent fondées à Lille et dans d'autres centres du nord de la France. Les industriels catholiques du Nord, qui sont bien peu partisans des doctrines du socialisme, qui les rejettent même absolument, admettent cependant, eux aussi, que l'individualisme est contraire à la loi chrétienne ; mais ils ne croient pas que le remède aux maux de la société industrielle soit dans l'intervention de l'État. Tout en ne niant pas que l'État puisse avoir une influence très grande, ils avancent que l'on ne parviendi'a à rien sans une réforme des mœurs. Quand le souffle chrétien passera dans les âmes, l'ouvrier sera plus économe, plus résigné, plus confiant, et le patron, de son côté, mènera une vie moins fastueuse et oubliera moins ses devoirs. Néanmoins, ils ne pensent pas, pour cela, que l'État doive s'abstenir, qu'il ne doive pas, par de sages dispositions législatives, veiller sur l'hygiène et le moral de l'ouvrier, et ils reconnaissent le besoin d'une législation internationale du travail.
Sans méconnaître qu'en pratique l'Association des Patrons catholiques du Nord de la France a contribué, dans une certaine mesure, au bien-être de la classe ouvrière dans la région où elle exerce son influence, il faut cependant convenir qu'elle suit un ordre d'idées diamétralement opposées à celles des socialistes catholiques et qu'elle borne son action à des Œuvres de médiocre portée.
Les jurisconsultes catholiques français sont presque tous dans le même ordre d'idées que Jannet. Selon les délibérations prises récemment au congrès d'Arras, ils admettent que l'État doit se restreindre à un rôle subsidiaire. Par conséquent, la rémunération du travail ne peut avoir d'autre mesure que la loi de l'ofl're et de la demande.
Les patrons ne sont nullement responsables de l'insuffi-
sance des salaires, ne sont point, dans les cas de force majeure, tenus de parer aux accidents du travail, ou de prendre à leur charge l'obligation de la preuve ; moins encore peut-on établir un tarif pour les accidents. Les patrons ont, en outre, le droit de se coaliser comme ils l'entendent, même de faire hausser et baisser artificiellement le prix des denrées, et la défense qu'en fait l'article 419 du Code pénal est injuste. L'assurance obligatoire, contraire aux principes du droit naturel, est, en effet, une utopie absolument désastreuse. L'agriculture, l'industrie, le commerce ne sont point des actes sociaux, l'État n'a pas la haute main sur les biens des particuliers, et peut d'autant moins intervenir pour régler la production. Le mal ne provient pas de la liberté, mais des conditions défeo^ tueuses dans lesquelles a lieu l'exercice de la liberté. Ces conclusions, qui ne sont pas toujours justes, s'éloignent autant du socialisme que s'en approchent celles de l'école dont M. de Mun est le porte-drapeau.
Ainsi, les doctrines économiques des catholiques français, leurs aspii'ations et leurs conclusions sont loin d'être d'accord. Entre le comte de Mun plein d'enthousiasme pour un système qu'il ne veut pas reconnaître comme dérivé du socialisme d'Etat, et qui n'en est, en réalité, que la forme la plus avancée, avec un léger vernis catholico-légitimiste, et l'odieux égoïsme bourgeois des jurisconsultes catholiques dont les conclusions ne sont même pas toujours empreintes de morale chrétienne, il y a, pour le moins, la même différence qu'entre un socialiste et un conservateur, mais un conservateur qui admet seulement la liberté dans les relations économiques et ne la désire nullement dans les rapports politiques.
Le socialisme catholique prêché par le comte de Mun a passé par trois phases très difïérentes. Dans la première, l'Œuvre a soutenu la nécessité absolue du retour au régime
des corporations ; dans la seconde, après la loi sur les syndicats, elle a poursuivi la création des syndicats mixtes ; dans la troisième, enfin, désespérant du rétablissement des corporations, elle a avancé que l'autorité avait le devoir de procéder à des réformes économiques profondes, accentuant ainsi davantage ses tendances vers le socialisme d'Etat.
Malgré la fréquence des grèves, le socialisme belge est également éloigné des violences du socialisme français et des tendances doctrinaires du socialisme allemand.
S'il existe un pays au monde où le socialisme est, de sa nature, possibiliste et pratique, c'est la Belgique. Anseele, Yolders, Bertrand sont des hommes pratiques peu enclins aux affirmations théoriques, et réellement désireux d'assurer le bien-être des ouvriers. Les socialistes belges se bornent à demander la substitution des Sociétés coopératives à l'industrie capitaliste individuelle, et celle du suffrage universel au suft'rage censitaire '.
Sauf Liège, qui est un vrai foyer de doctrines anarchiques, tout le reste de la Belgique reste fidèle à l'idée coopérative, et les chefs du socialisme eux-mêmes ne font, le plus souvent, qu'une propagande active et zélée en faveur de la coopération.
Néanmoins, le mouvement catholico-socialiste a été beaucoup moins vaste et moins fort en Belgique qu'en France, quoique ayant pris naissance depuis assez longtemps.
Dès l'année 1846, François Huet, l'un des plus illustres philosophes spiritualistes de la Belgique, appuyant ses principes de sociologie sur l'idéal du christianisme, mais suspect aux croyants qui ne le jugeaient pas suffisamment chrétien, et mal vu des socialistes qui l'accusaient de ne pas être assez
1. De Wizeva. Le Mouvement socialiste en Europe Paris, Perron, 189a, p. i82.)
socialiste, dépassait déjà de beaucoup, dans son livre sur le Règne social du Christianisme, les idées des modernes socialistes chrétiens.
Ayant pris pour devise les trois principes de la Révolution de 1789 : Liberté, Égalité, Fraternité, il arrivait logiquement aux conclusions du socialisme. Les hommes ayant des droits égaux doivent, d'après Huet, pouvoir se développer librement; mais la condition essentielle de la liberté est la propriété : donc la propriété est un droit naturel et, comme tel, appartient à tous les hommes. « Ou bien les mots n'ont plus de sens, ou mettre la propriété au nombre des droits naturels signifie que le titre original d'investiture pour les biens de la terre est la qualité d'homme ; que la qualité d'homme engendre par elle-même et immédiatement un droit à une quantité déterminée de ces biens : première propriété qui devient pour chacun la source, le fondement et le moyen de toutes les autres. C'est la conséquence irrécusable du droit de vivre. Ce droit n'est-il point égal, et le besoin des choses pour vivre n'est-il pas le même chez tous? Chacun, comme image de Dieu, n'a-t-il pas droit au patrimoine primitif, don magnifique du Créateur? Comment chacun ayant sa place dans la série des générations humaines 'n'aui'ait-il pas aussi le droit au capital héréditaire qui est leur commune conquête ? Personne ne doit vivre aux dépens des autres. L'homme qui n'a point démérité a le droit de vivre libre ; il a droit que sa subsistance, son travail ne dépendent pas du bon plaisir des autres, et, quoique libre de sa personne, s'il ne possède de droit naturel aucune somme, aucun capital, s'il n'est pas propriétaire, comme il est homme et travailleur, ne produit et ne vit que par permission de ses semblables, il tombe dans un véritable esclavage. On a dit, et on ne saurait assez le répéter, que la propriété est une condition absolue de la
liberté. Gomment donc, au lieu du droit général, en faire un monstrueux privilège ? Comment méconnaître, dans l'humanité le premier, le plus sacré des titres à la possession des choses? » Ces principes conduisent Huet à un socialisme égalitaire très avancé qui a de grands rapports avec celui de Colin. Moins pratique que ses continuateurs posthumes d'Angleterre et d'Amérique, Huet propose que l'on fasse, chaque année, le partage des biens patrimoniaux vacants par décès, que chacun soit admis au partage, que l'hérédité soit supprimée et le testament permis, que chacun ne dispose que des biens acquis par son travail. Le capital social serait ainsi augmenté sans cesse par une source inépuisable, et le patrimoine général se composerait, avec le temps, des anciens biens patrimoniaux et de tous les biens accumulés par chaque génération , biens ' qui ne pourraient être transmis gratuitement qu'une seule fois. C'est là un plan d'organisation sociale assez rudimentaire, et que l'illustre philosophe spiritualiste n'a jamais pu réussir à définir clairement, ni à exposer avec une clarté suffisante.
Cependant, les catholiques belges ont toujours été et sont encore bien éloignés des idées de Huet. Le meilleur de leurs économistes, Périn, ne se sépare pas seulement ouvertement des catholiques sociaux d'Allemagne, d'Autriche, de France, c'est un défenseur convaincu de la liberté économique et un ennemi déclaré de toutes les formes du socialisme.
Le parti catholique belge, qui constitue la majorité du pays, et qui est, à cette heure, maître du gouvernement et de presque toute l'administration provinciale, s'est peu ou point occupé des questions sociales jusqu'en 1880. Plus tard, sous l'influence puissante de l'évéque de Liège et de la propagande française parmi les membres du clergé, le socialisme catholique a fini
par s'implanter, mais lentement, et non sans peine, en Belgique.
L'évêque de Liège, Mgr Doutreloux, par la protection, les encouragements qu'il a accordés à l'Œuvre des Congrès catholiques, est parvenu à faire de Liège un des principaux centres de rayonnement du mouvement catholique socialiste. Les catholiques belges ont, dès à présent, une fédération ouvrière puissante, des Sociétés coopératives, des Sociétés de patronat, une Société qui se place sous le vocable de saint Raphaël, et qui protège les émigrants, etc. Il n'y a pas dans toute la Belgique un village catholique sans son association catholique ; ces associations, reliées entre elles en une vaste fédération, ont pour chef le député Woeste.
L'Union des Patrons en faveur des Ouvriers, fondée, elle aussi grâce à l'initiative de l'évêque de Liège, se propose d'étudier toutes les questions qui se rattachent à l'amélioration, au point de vue religieux, économique et moral, des conditions de la classe ouvrière, et de populariser les voies et moyens les plus propres à obtenir cette amélioration. L'Association publie un Bulletin mensuel, et est parvenue à réunir plus de 200 industriels.
Les « Gilds des Ambachten», ou Guildes des Métiers, se propagent avec une rapidité extraordinaire ; encouragées par le comité de Liège et soutenues par le bienveillant appui du ministère belge, elles sont favorisées surtout par le merveilleux esprit d'association qui distingue la race flamande. Les catholiques ne négligent pas davantage, d'ailleurs, les Sociétés coopératives de production et de consommation, assez nombreuses dans la région Ouest.
Le chef du parti catholique, Woeste, qui occupe dans le parlement et dans le pays une très haute position, tout en admettant le mal fondé de bien des tendances et des préten-
tiens des socialistes, trouve absurde la doctrine du « laissezfaire ». Cette fausse lorniule optimiste nous conduit, d'après lui, à l'inaction et aux illusions; mais ce principe, qui devrait logiquement l'amener aux théories des interventionnistes n'ébranle point sa foi dans l'économie libérale. Et môme, en ce qui touche la protection des travailleurs, il se déclare contraire à l'intervention de l'État, la gravité du mal présent lui paraissant encore préférable aux excès du césarisme.
Un ecclésiastique de beaucoup de valeur, l'abbé Pottier, dans un consciencieux mémoire présenté au dernier congrès de Liège, a voulu étudier ce qu'il y a de légitime dans les revendications ouvrières.
D'après l'abbé Pottier, le salaire est le paiement qui incombe au patron, en vertu du contrat stipulé par l'ouvrier pour prix de son travail. Si le patron paie moins que le prix convenu, il viole naturellement la justice commutative, et la loi le force à payer le prix convenu. Mais l'accomplissement de la convention, même libre, suffit-il à satisfaire la justice? Ou bien existe-t-il des exigences qui précèdent la convention et auxquelles celle-ci doit se plier? Non, sans doute. Le contrat de salaire est un louage de main-d'œuvre, c'est une sorte de contrat commutatif onéreux, une permutation; l'ouvrier fournit son travail, le patron donne son salaire. Pour (|u'ua tel contrat satisfasse les exigences de la justice, il faut qu'il y ait une équivalence objective des choses permutées. La doctrine des économistes libéraux est donc fausse lorsqu'ils avancent que l'obligation de payer des travaux plus que le prix convenu constitue un attentat à la propriété et à la liberté.
Mais qui sera juge de cette équivalence objective ? Qui pourra fixer la valeur du travail et le déterminer de façon que la sentence prononcée constitue le critérium d'après
lequel il faudra mesurer la justice du prix ? Si ce n'est pas l'autorité qui fixe le prix du travail, l'équivalence objective devra être jugée par les ouvriers et les patrons. Cette application commune ne peut, comme le prix légal, être déterminée mathématiquement. Il y aura toujours un prix maximum et un prix minimum. La raison objective du prix du travail consiste précisément dans l'utilité du travail de l'ouvrier. Plus l'utilité procurée par le travail sera grande, plus grand aussi en sera le pi'ix dans l'estimation commune. L'utilité du travail subit, quant à son évaluation, l'influence de l'offre et de la demande. Plus est grand le nombre de ceux quioflrent le moyen de se procurer une utilité, par rapport à ceux qui veulent se l'approprier, plus grand est le nombre de ceux qui ne peuvent être admis à la fournir. Or, pour obtenir d'être favorisés par le choix, ceux qui oflrent doivent baisser leur prix. La valeur d'une chose dépend de son aptitude à être échangée. Il est évident que les choses contre lesquelles l'ouvrier entend échanger son travail sont au fond celles destinées à son entretien. C'est là la raison pour laquelle, à utilité égale, les travaux qui exigent un long apprentissage sont les plus rétribués.
C'est aussi là le motif pour lequel le travail fait exclusivement par les femmes est, à utilité égale, moins payé que le travail des hommes ; la femme est presque toujours, pour une grande partie de ses dépenses, à la charge de son mari ou de ses parents. Supposez que certains travaux exclusivement exécutés à présent par les femmes, soient attribués aux hommes, et vous verrez, par ce seul fait, le salaire se relever considérablement dans l'appréciation commune .
Pour l'entrepreneur, le bénéfice net ne peut être juste que du moment où, le capital et la direction étant pourvus, l'ouvrier aura reçu un salaire suffisant pour vivre.
Pour l'ouvrier prolétaire qui fournit tout le travail que l'on peut attendre de lui à des industries qui réalisent un bénéfice net, la justice veut qu'il obtienne un prix de travail équivalant au moins à ce qui est nécessaire pour vivre. Si la grande masse des ouvriers prolétaires enrichit ceux pour lesquels elle travaille et ne reçoit en échange qu'un salaire insuffisant poiu" vivre, il faut pour expliquer cela admettre une injustice réelle.
Il ne peut naturellement être question de charité. La charité peut être admise lorsqu'il s'agit d'entreprises qui ne sont pas en perte, autrement il s'agit d'un devoir de justice.
Les théologiens, à commencer par saint Thomas, n'ont au fond qu'un seul argument pour légitimer le droit de propriété, et c'est : le droit de tout homme à l'existence en pourvoyant pour l'avenir à sa subsistance propre et à celle des siens, et le droit de s'approprier non seulement le fruit de son travail, mais encore le fonds d'où il le tire. Donc, la base de la propriété n'est à l'origine que le droit d'exister qu'a tout homme. Si l'on veut refuser à l'ouvrier le seul moyen d'existence qu'il ait, il faut en conclure qu'une grande partie de l'humanité n'a pas le droit de subsister.
En admettant que dans le louage de la main-d'œuvre toute l'équité dépende de la convention des parties soumises à la seule loi de l'off're et de la demande, les économistes libéraux se mettent en opposition avec la morale chi-étienne et avec le droit naturel.
D'un autre côté, la prétention des Malthusiens n'est pas moins immorale.
Quand même le travail n'aurait d'autre but que la production de la richesse, cet argument suffirait, à lui seul, à prouver combien il est désastreux d'employer l'ouvrier sans lui fournir les moyens de se reproduire largement. Il faudi'a
donc, pour apprécier le salaire minimum auquel l'ouvrier a droit, prendre, comme moyenne dii nombre d'enfants, celui qui résulte de la fécondité réelle des mariages dans le milieu où vit l'ouvrier.
Le travail est, selon Pottier, « le moyen octroyé par Dieu à la masse des hommes pour se procurer les choses nécessaires
à la vie, d'après la loi naturelle Donc, quand le travail
total et indispensable que les ouvriers fournissent à une industrie récompense tous les facteurs de l'industrie, jusqu'à concurrence de leurs droits, l'ouvrier a le droit, lui aussi, de retirer de sa collaboration ce qui est nécessaire pour vivre ici-bas ».
Le salaire de l'ouvrier doit aussi contenir ce qui est nécessaire pour pourvoir à son entretien, d'après sa condition, et conformément à ce qu'exige la dignité humaine.
Ces théories souvent incertaines et contradictoires, qui devraient logiquement conduire Pottier à admettre le droit au travail, la détermination des salaires selon les industries et les profits, etc., laraènent, au contraire, à ne point accepter ces conclusions qui découlent nécessairement des prémisses exposées.
Bien que Victor Brants prouve, par ses écrits sur l'économie politique, qu'il est bien plutôt un adepte de l'école libérale qu'un socialiste catholique, il accepte pourtant, en thèse générale, la détermination de la journée maximum de travail, mais il voudrait que ce fût afiaire, non pas à l'Etat, mais à l'initiative des patrons, aux syndicats corporatifs ou aux conseils d'arbitres, [et que l'on tînt compte, en adoptant cette mesure, du degré de compressibilité de chaque industrie et de chaque ouvrage, du caractère de l'industrie même, des difficultés techniques, de l'intérêt de l'ouvrier et de l'industriel. Il en résulte des ménagements et des
restrictions en si grand nombre et de telle nature que l'application de ce principe est bien difficile, sinon impossible.
Mais c'est dans le dernier conjurés catholique de Malines que les catholiques belges ont montré que, s'ils sont très aptes à conduire les masses électorales, ils sont, en revanche, très inexpérimentés en ce qui concerne l'économie sociale.
Les orateurs avaient fait entendre, tour à tour, des harangues bourrées de phrases où le socialisme était représenté tantôt comme la négation de Dieu, tantôt comme l'ennemi du christianisme, ou enfin comme le fléau de la société, lorsque M. Dumonceau se leva pour protester avec indignation contre tout ce verbiage : « Je n'ai pas, s'écria-t-il, à vous dire si je suis socialiste ou si je ne le suis pas. Je vous dirai seulement : avant de condamner le socialisme, étudiezle davantage. Vous êtes en retard. C'est d'hier seulement que vous avez fait entrer dans vos préoccupations les questions que le socialisme soulève, et que les socialistes ont, eux, le mérite d'éclairer les premiers. C'est parce que vous avez négligé cette mission que Dieu l'a fait passer à d'autres ' ». Et comme des protestations s'élevaient de tous les bancs, l'orateur ajoutait de suite : « Vous avez peur du mot ».
Alors, s'engagea une discussion des plus singulières, dans laquelle furent dites des choses ne valant pas qu'on les rapporte, et à laquelle mit fin un certain M. Helleputte, en disant que les catholiques veulent bien de la démocratie, mais non du socialisme ^.
« Un socialisme chrétien, conclut M. Helleputte, serait celui qui admettrait les principes que tous les socialistes rejettent ' ».
I. V. Brants. La Journée de liait Heures dans le Travail industriel. Revue générale, de septembre i89i.
a. A. Nyssens. La Quatrième Assemblée générale des Catholiques à ^falines. Revue générale, pp. jSS-^Sg.