‹ Le socialisme catholiqueChapitre 53 sur 140 · A. Nyssens, toc. cit · texte numérisé non relu

A. Nyssens, toc. cit

Et le congrès applaudit frénétiquement à ce discours d'une profondeur et d'une précision dignes de Joseph Prudhomme.

En général, les catholiques belges n'approchent pas en hardiesse et initiative des autres catholiques de l'Europe centrale. Habitant un pays riche où les conditions de l'ouvrier sont particulièrement bonnes, pouvant compter sur de larges forces, disposant du gouvernement, ils sentent beaucoup moins le besoin de se lancer dans la lutte et d'envisager la question sociale sans timidité et sans préjugés. Les catholiques sont depuis plusieurs années au pouvoir, et ne montrent pas avoir, au point de vue économique, des idées plus avancées que les libéraux.

Ils ont fait faire, en 1886, une enquête qui a mis en évidence les abus et les injustices de l'industrialisme jusque dans les villes les plus florissantes du royaume, mais le ministère ne s'est servi de l'énorme majorité catholique que pour faire voter des lois sur l'ivrognerie qui ne remédient pas au mal, des lois sur l'inséquestrabilité des salaires qui ne modifient rien, des lois sur les rapports de l'industrie et du travail et sur les habitations ouvrières de bien peu d'effet, des lois, enfin, pour protéger le travail des femmes et des enfants qui ne peuvent soutenir la comparaison avec la législation sociale de l'Allemagne et de la Suisse où le parti catholique ne forme pourtant qu'une forte minorité.

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