Voir lu Controverse et le Contemporain d'uvril
endurci que dix de nos professeurs d'économie politique du haut de leur chaire. I^à où le prêtre ne peut plus rien, le préfet n'a pas besoin de se déranger, il n'y rétablira pas l'ordre renversé. » Attendons-nous à ce que plus d'un dira : « Non, le préfet ne vaut pas la sœur de Charité ni le prêtre pour résoudre telle ou telle partie de la question sociale; mais il peut se mettre à leur service, comme au service de toutes les anivres que la vie chrétienne fonde et vivifie. » Cette espérance est d'une belle âme; mais dans le siècle où nous sommes, on est mal venu à réclamer la liberté complète quand on a voulu la protection; compter qu'on assurera le succès des œuvres libres en accroissant les attributions du pouvoir dont on a éprouvé la défiance et l'hostilité, c'est tenir peu de compte, non seulement de la nature de l'État moderne, mais de la nature humaine de tous les temps. Nous verrons bientôt ce qu'a dit h ce sujet une autorité qu'on ne récusera pas.
I/étonnement provoqué par ces deux prétentions opposées est d'autant plus naturel que ces agitateurs si éloquents vivent dans un pays où leur Eglise est en minorité. Au congrès de Liège (postérieur au congrès de Breslau)^ Mgr Korum, évéquc de Trêves, s'écriait :
« 1/ Église n'est pas assez maîtresse pour pouvoir seule affronter la tache. Quoi! l'Hglise, qui a été liée, entravée, à qui on a enlevé ses
moyens (luctioii, TKglisc devrait tenter cette tâche colossale, alors que le socialisme nous menace et que le l'eu est aux portes! Non, l'Kglise a le droit de réclamer le secours de l'Ktat. On nous dit : convertissez l'ouvrier, rendez-le chrétien, et alors tout sera résolu. Mais alors qu'on lui donne le temps de nous écouter et (pron dise où nous pourrons le trouver pour lui enseifriuM" la vérité. » Il y a du vrai dans ces |)aroles ; mais la situation posée ])ar M^r Korum étant reconnue exacte, deux partis sont à prendre. On |)eut dire à TKtat : u Enlevez vos liens et vos entraves : rendez-moi les movens d'action ([ue je m'étais moi-même créés : je vous les réclame au nom de ma liherté ». On peut se contenter de lui dire : « (irace à vous, je ne |)uis plus rien sans vous; secourez-moi donc si vous voulez (prii mon tour je vous seconde dans vos desseins ». Il est permis de penser <[uc la |)remière de ces deux s<dutions serait plus digne et finalement plus si^re. Ce n'est pas à nous sans doute à juger la tactique politique des catholiques allemands, et nous devons reconnaitre. d'ailleurs, qu'elle leur a donne d'assez heaux résultats. Mais nous ne sommcA pas ici sur le terrain de la politique proprement dite, nous sommes sur celui de l'action sociale, la([uelle doit être une action à beaucoup plus longTie vue. Or, aller près du pouvoir par qui l'on se dit spolié et lui demander une protec-
CIALISME CHRETIEN.
tioii s|)êflnlc est déjà empreint de quoique lia veté. Mnis s'en alier, riitlioliquc, acrroîtro îiidt
<rii
Ktiil I
s'imiigiitci- (jiio le jiiirtii^e do ses faveui-s vsiudi'
mieux quo l:i liberté, c'est là, qiiuitd on y réfle
chit, ce c[ue l'im u de lu jieiiie à comprendre.
/ Les suriiilistcs ciitliidiques et les ttorialiate
^viiiijîéliqiies (e'est-à-diro priitestiinlit) de l'Allt
' niafriin du Nnrd s'iiccordcut duus leur crîliqu
(le lii société qu'ils ont sous les yeux. On n
. peut s'en étuinier, du miiment où ils sont égii
leuieiit eunvuincus qu'elle est miiuvuisc. Ce qt
surprend, c'est qu'ils demandent à peu près le
mêmeH n-inédes : corpiinitiou obligatoire, assu
riiuee obli^atuiie, iniiiimuin de saluirc ubligi
tdiie, maximum de travail obligatoire. Le
iigélique, MM. Todt (
ebcl's du miiuvenici
Stœcker. ont été eertsiinement plus loin que le « eiitholiqups sociaux » qui, semblc-t-il, ii'oii demandé, comme eux, ni la limitation dans 1 i possession et l'enqdoi des ciipilnux ni l'impr prugrcssir. Les socialistes cvangéliques avaicn peut-èlro plus d'un motif pour enchérir uîni sur les propositions de leurs rivaux. Ils avaier été dnvaneés par eux, il s'agissait de les dis tancer à leur tour pour leur mieux disputer le âmes que la u démocratie sociale »* ava:
1. La dÔDiocriilic sui-iulc. c'eut ce que nous oppcloni t Priincv |p Boriiillumc ri- vol ut ion nuire. Ce que nom iiommoi MOI' in lin me chrèlkn. iios voinins l'appellent calholiciin
srdiiites. Puis, encore une fois, si les attributions du pouvoir étaient augmentées, s'il devenait la providence universelle de tous les travailleurs de Tenipire, (jui devait le plus en bénéficier, de TévcMpie à peine rétabli, par tolérance, sur son siège épiscopal, ou du pasteur alors en vogue à la cour, préchant le culte praticpié par le souverain et par la majorité de la nation *?••
social. L'idée fiociulislc ft'atténiic-t-cllc en passant du substantif ù l'adjertif ?
1. Des hommes fort uu courant des choses religieuses et politiques de TAllemagne ont bien voulu, quand cette étude a paru sous forme d'articles, m'adresser quelques observations dont je dois tenir compte. Ils ne contestaient pas l'exactitude de mes critiques; mais ils estimaient qu'il y avait peutêtre lieu, suivant leurs propres expressions, de plaider « les circonstances atténuantes u en faveur de l'école catholique allemande. Si celle-ci a cru devoir solliciter l'intervention de l'État, c'est que le;* ouvriers allemands ont eu trop ù souffrir de la (( dureté atroce u des industriels, plus méprisants et plus barbares envers leurs salariés que les officiers prussiens ne le sont ù l'égard de leurs soldats. Par leurs œuvres personnelles et par celles qu'ils ont obtenues des libres efforts de leurs coreligionnaires, l'abbé Hitze et ses amis ont bien montré, me dit-on. quel serait leur idéal. Malheureusement, u les barons libéraux du charbon n'ont tenu aucun compte de ces exemples et ils ont odieusement exploité les ouvriers. Ces derniers se seraient infailliblement jetés dans les brus du socialisme [entendez du socialisme révolutionnaire] si l'école Hitze ne les eût arrêtés ».
On me dit encore que si les catholiques allemands ne craignent pus davantage d'augmenter le pouvoir de leur empereur et l'influence de la confession officielle, ils ont pour cela quelques raisons. Actuellement, ce qui serait perdu pur l'empereur serait surtout gagné par l'anarchie, et ce que perdrait le protestantisme orthodoxe serait gagné par le naturalisme et par l'athéisme. Les catholiques allemands le sentent, et Winthorst l'u répété plus d'une fois.
Je reproduis fidèlement ces observations qui ont leur prix,
Les catholiques d'Autriche ont pu se croire affranchis de ces derniers scrupules, puisque chez eux leur religion n'est pas seulement dominante, mais a joui jusqu'à présent d'une faveur et d'un prestige qu'elle ne connaît plus guère dans les autres Ktats européens. Aussi le socialisme chrétien a-t-il pris, en Autriche, un caractère encore plus accentué que dans l'Allemagne du Nord. L'assertion étonnera peut-être plus d'un lecteur qui n'a présente à l'esprit que la propagande conquérante des socialistes prussiens. Les Autrichiens, il est vrai, n'ont pas fait tant de bruit hors de chez eux; mais ils ont peut-être fait plus d'efforts pour pratiquer chez eux les doctrines soi-disant nouvelles; ou, si l'on me pardonne l'expression un peu vulgaire, ils ont importé |)lus de socialisme qu'ils n'ont réussi à en exporter*.
et je remercie en parliculicr M. l'abbé Kannengiescr qui connaît si bien cet intéressant sujet. Mais on s'est demandé si l'empereur d'Allemagne avait réussi à a arrêter » le socialisme en lui promettant des concessions au prix de sa direction plus ou moins acceptée. Tout le monde se posera la même question sur le a catholicisme social ». Enfin que lo socialisme d'Etat soit un peu moins mauvais que le socialisme révolutionnaire, il n'y a aucune difficulté ù le concéder. Ce n'eu ol pas moins un socialisme qui, en économisant la poudre et la dynamite (c*est assurément quelque chose) tend à peu près aux mêmes résultats. ■
1. Nous verrons cependant qu'un groupe français considérable s'en est souvent inspiré.
LRS DERNIKBES KCOLES. 271
Ils Tout importé au complot ; et leurs principaux doctrinaires, le baron de Vogelsang, le comte de Kuefstein, le P. Weiss (dominicain), le P. Costa-Rossetti (jésuite), le prince de Lœwenstein, etc., ont bien mérite les chauds éloges de notre Revue socialiste qui salue en eux* <( Télite de Técole théorique autrichienne ». Où donc, en effet, la revue parisienne aurait-elle trouvé d'abord une « critique socialiste » plus flatteuse pour ses idées que ce fragment de la Gazette autrichienne j dû à la plume de Mgr Schei- ^ '/* / cher* : « La question de Tintérét de Targent Z^ est la grande question sociale. L'intérêt (11 ne yf dit pas Tusure) est la cause de la misère du peuple; car Tinlérét est un revenu qui s'obtient sans aucun travail et par l'exploitation du travail d'autrui La possibilité de se procurer
sans aucun travail un bénéfice par des placements dans les caisses d'épargne ou des papiers
est un principe immoral et funeste Celui qui
a des capitaux — travail cristallisé — peut en retirer des bénéfices, mais à la condition qu'il " en fasse l'apport dans une entreprise dont il partage les risques. »
La société a-t-elle le droit de remédier à cet état de choses? L'élite de l'école théorique autrichienne n'en doute pas. Elle ne demande pas
1. Année 1885, article de M. Benedikt. le Catholicisme social.
2. Et reproduit dans Y Association catholique de décembre 1887.
qu*on supprime le capital, mais qu*on décrète et qu\>n impose Tétroite union du capital et du i travail. De quelle manière? En chassant le capital des caisses, des banques, des emprunts et des papiers, pour le forcer à se mettre au service des associations ouvrières. I/Ktat, suivant elle, ne peut se soustraire à cette mission, parce que tel est son intérêt. C'est bien là le sens de la déclaration du baron de Kuefstein (membre de la Chambre des seigneurs d'Autriche) au congrès de Liège de 1890 *. « Abstraction faite du droit, de la morale et de la charité chrétienne, il est évident que l'intérêt bien compris de la société elle-même entre ici en considération. La puissance économique de la S!)ciélé ne réside pas, en première ligne, dans les instruments artificiels du travail, mais bien dans celui qui les crée, dans Thomme. Et la société a incontestablement le droit d'empêcher que la force économi(|ue soit gaspillée, amoindrie, détériorée. » On a parfaitement fait observer que, dans cette théorie, l'individu est fait pour l'Etat, qui dispose en maître de ses facultés et de ses biens. Dès lors, ce n'est plus seulement le mode d'union du capital et du travail que le pouvoir a le droit de régler, c'est toute l'organisation du travail.
La marche de ce mouvement, le passage qu'il
1. Voir In Revue catholique des inatilution» et du droit, 1890, p. 435.
LES DEHNIERËS ECOLES. 273
opère de la théorie à In pratique, sont faciles à suivre : des actes publics en ont jalonné pour nous les étapes. En décembre 1888, une grande réunion se tenait à Vienne, en Thonneur du baron de Vogelsang, rédacteur de la Revue autrichienne et du Vaterland. Le célèbre publiciste prononça là un long discours, dont le passage le plus applaudi lut le suivant : « Ou nous sommes condamnés sans ressources au socialisme, ou nous réussirons a organiser la société sur la base chrétienne : tertium non datur ».
Pour bien comprendre la portée de ces paroles, dans Técole, si honorable d'ailleurs, dont nous nous occupons, il ne faut pas s'arrêter au sens ordinaire des mots. Organiser la société sur une base chrétienne, qu'est-ce que cela veut dire? Qu'il faut à la société humaine tout entière des croyances et des pratiques chrétiennes? Qu'il faut que Dieu soit resj)ecté, la famille honorée, les enfants bien élevés, le bon droit défendu selon les préceptes du Décalogue...? Oui, sans doute, mais, pour les publicistes autrichiens, cela veut dire de plus que l'organisation de la société industrielle ellemême doit reposer sur le respect obligé des prescriptions du christianisme. Ainsi ces messieurs se chargent de nous apprendre si c'est la participation aux bénéfices ou le salariat, la •grande industrie ou la petite, la corporation
IK
libre ou la corporation privilégiée que réclame, comme couronnement de rédifice, la base chrétienne de la société? Il y a dans TÉvangile de ({uoi justifier une préférence pour la société en commandite ou pour la société anonyme? II y a des indications à en tirer pour ou contre les gens qui placent leur argent dans des caisses d'épargne ou sur des papiers, pour ou contre les gens qui, ayant économisé quelques milliers de l'rancs ou davantage sur les produits de leur travail et ne pouvant pas acheter un champ pour le cultiver eux-mêmes, se procurent une action dans une mine, dans une fdature ou dans une l'orge? « Vous soutenez là, me dira-t-on, une théorie trop évidente, et ce n'est point là ce qui est en question. )> J'en demande pardon à ceux qui me l'eraient cette objection, c'est précisément là ce qui est en question chez les « catholiques sociaux » ou chez les socialistes chrétiens avec lesquels nous discutons. Car de dire que, dans tout régime industriel et dans toutes les hypothèses qui viennent d'être énumérées, il faudrait des patrons chrétiens, c'est-à-dire justes, respectueux de la dignité humaine, charitables, et des ouvriers chrétiens, c'est-à-dire soucieux, eux aussi, de leur dignité, laborieux, exacts, tempérants, etc., c'est ce qui, pour nous tous, ne peut faire aucunement question. Mais ce que les réformateurs autrichiens réclament, c'est
bien une réglementation détaillée des rapports spéciaux du capitaliste, de Tent repreneur, du eonimereant et de Touvrier.
Le président de la Compagnie des mégissiers de Vienne, félicitant le baron de Vogelsang, trouva un ingénieux détour pour appuyer sur TKvanjîile leur commun système. « Notre chère patrie, lui dit-il, résoudra avant toutes les autres la (piestion sociale, parce qu'elle a gardé en elle la vie chrétienne. Le Christ enseigne que rhonime ne doit pas séparer ce que Dieu a uni. Le capital et le travail ne doivent pas être -^. séparés. Les patrons et les ouvriers ne feront qu'un corps dont Thonneur commun sera Tame. » Au premier abord, on est tenté de ne voir dans ces paroles qu'une sage protestation contre les erreurs des démocrates sociaux ou des communistes qui veulent la suppression du capital. Mais si les mégissiers de Vienne n'avaient à leur disposition que cette théorie — si inattacpiable qu'elle soit à nos yeux comme aux leurs, — il n'y aurait vraiment pas eu de quoi s'en promettre, avant tous les autres Ktats européens, u la solution de la question sociale ». Ce qu'ils veulent, avec Mgr Scheicher, c'est que nul ouvrier ne travaille plus pour un capitalistiï inconnu, in visi])le ou éloigné. Mais où donc est Tiniquilé, si ce capitaliste a fourni lui-même à l'ouvrier de quoi monter l'usine, y installer des machines, y apporter des matières
S;6 LF. 90CIALIBMI! CHRBTIBN.
preniii'i'es? Nus compîifînies de chemins de Ce piiyetit ehaqui* iiiiiii'e inrt millioiis d'intérêts <> do dividendes luix •• ciipitiiltNtes n qui leur on dii[in(i les mi)vens de ccinstitiier leurs réseau^ Or, nous siiviins qu'envii'on (17 pour 1()0 de i-e titres sont des titres iiominiitii's iippnrteiinnt de petits e.-ipitn listes, petits prnj)riétnirey enipluvês, dumestiqiies, >^ous en retraite, don ehiuiin il plueé lii, en movenne, de 12 .'12 (XX) frimes '. Il saute iiiix yeux que des entre prises eomrne les ehemins de l'er deniaiider des niiiSHes énormes de eii]Htiiu\ qui ne peuver leur iirrivcr que pur des ulUiients très nom hreux, veniint enx-mêmes de petits ruissenii et de petites sources. Miiis pourquoi voudmît lin interdire il ees éparfriies de se porter an d'îiulres entrejuisi's. industrielles, rurale! eoloniiilea, ete.? Le innnienl viendra, pu exemple, uii nos eliemius de fer oiiroul nmoilenrs uetiniis, remboursé leurs ubli^aliont Qn'i'st-ee que les luieiens possesseurs de ee titii's ferinil désormais de leur iir^ent? Ne poui roiit-ils le phieer dans l'iniinstrie qu'à la cou diliiin de quitter leurs enqilois nu leurs l'onc ticins l't d'entier là nii enireront leurs écus? I est élraufje qu'on ait besoin de poser de telle questions, auxquelles il n'y a qu'une répons et qu'une réponse r»reêe. Il est surtout étrang
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celui de»
i-al<'i.l c
LES DRRNIÈBES ECOLES. ^77
([iroii iH» voie pas que cette uboiidaiice de capitaux s'ofTrant à s'engager dans les aiTaires, sans y engager directement le travail actuel de leurs possesseurs, t'ait baisser le loyer de l'argent. A <jni cette baisse lente et progressive porte-t-elle tort? M. P. Lerov-Beaulieu Ta bien établi, c'est aux petits capitalistes, cVst aux classes moyennes *.
Quoi qu'il en soit, on vient de voir quel est Tidéal des catholiques sociaux. (Comment comptent-ils le réaliser? Ils n'hésitent point : ils demandent nettement que les forces combinées de la législation civile et de la loi religieuse s'appliquent à faire régner ce qu'ils appellent le vrai régime économique, ce que nous prendrons la liberté d'appeler plus simplement leurs idées sur le régime économique. « Quelle que
I. Un des maux dont se plaignent le plun souvent les réorganisateurs de la société, c'est la surproduction. II est certain qu'il y a lu souvent un mal r?cl. Les économistes olnasiques répondent qu'il faut trouver de nouveaux débouchés. Les économistes chrétiens ont souvent indiqué comme remède le chômage régulier des dimanches et des jours de rête.... Mais quelle ne serait pas la surproduction, si chaque industriel était obligé d'employer uniquement sci gains et ses capitaux dans son industrie propre, au lieu d'en subdiviser une portion pour In répandre nu loin sur d'autres industries non concurrentes et en voie d'organisation ; si, par exemple, les riches filateurs de Lille ou de Roubaix ne pouToiont devenir actionnaires d'une compagnie d'éclairage électrique ou d'une compagnie de navigation ou enfin d'une société quelconque. Ils seraient bien tentés, pour ne pas laisser leurs capitaux improductifs, d'accroître indéfiniment la production et la n surproduction » de leurs usines.
soit, écrit le P. Weiss *, la situation amoindrio faite aujourd'hui à la religion et à rKglise, nous devons dire cependant que, sans une entente entre l'Etat et la société d'une part, rÉglise d'autre part, il n'y a pas à songer à une solution quelconque de la question sociale. » Clierchons cependant djRs propositions encore plus précises. Ne s'agit-il que de réclamer, par exemple, le repos du dimanche, la salubrité de l'usine? Pour s'en assurer, il suffît de lire la liste des vœux formulés par le congrès catholique de Vienne de 1889 *. D'après les résolutions" adoptées dahs'c'e congrès, la réorganisation de la grande industrie exige :
1° L'établissement d'un juste rapport entre la production et la consommation; 2° une protection contre l'accaparement; 3° l'interdiction d'une exploitation injuste des forces du travailleur; 4** la garantie d'un emploi stable pour les travailleurs avec la possibilité d'un salaire progressif et une ascension professionnelle; 5® la disparition aussi complète que possible du travail des femmes dans les fabriques; G° la garantie d'un traitement convenable pour les travailleurs Agés ou invalides, pour les veuves et les orphelins.
Il y a là certains vœux non seulement accep-
1. Provincial des Dominicains d'Autriche. Lettre au docteur Decurtins. Voir Association catholique de mars 1880.