‹ Le socialisme chrétienChapitre 110 sur 133 · Voir Association catholique de mai · texte numérisé non relu

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LES DKRNIERES ECOLES.

tables, mais Icjçitimcs. Mais commout TK^j^lise et TKtal s*y prendront-ils pour déterminer le rapport « exact » de la production et de la consommation? Qui leur dira oii commence Taccaparement? Prétendre que ce n'est pas là du socialisme, et du plus chimérique, est une illusion à laquelle la langue française refuse obstinément de se prêter.

Nous n'en avons pas encore fini avec TAutriche. Ces principes une fois posés, les hommes de droite et les hommes de gauche, les grands industriels et les petits patrons ont réclamé à qui mieux mieux la protection de TEtat *. Ainsi les 7 et 8 septembre 1890, se tenait à Vienne le quatrième congrès général des petits patrons autrichiens : en même temps se réunissait un congrès des employés de commerce ; et enfin diverses corporations, celles des verriers, des bouton niers, des vanniers, des tailleurs et des bottiers avaient profité de l'occasion pour tenir eux aussi un congrès particulier. Que demandèrent-ils les uns et les autres? Tous également des privilèges, tous des monopoles, tous des Interdictions à faire peser sur leurs concurrents!

Par exemple, on demandait qu'il fût interdit : 1° d'occuper des compagnons en dehors de

1. Voir la Hé forme sociale du 15 murs 1891, lettre de Vienne, du docteur Ksmpfe. Cette lettre est d'autant plus intéressante ù consulter que le docteur Ksmpfe a été longtemps le correspondant de V Association catholique»

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h'urs îilclh'is et (!«' domu'ï' du Iravall ii iloiniillc (oïl craignait sans dontt* (|ur, chez lui, l\uivri«M' ardi'iit ne travaillât plus ([lie les autres!;; 2'^ de faire exécuter, en vue de la production complète des objets d'une industrie, des travaux partiels relevant d'une autre industrie et d*une corporation autorisée. On demandait encore que les fabricants de chaussures en gros ne puRSont travailler que pour l'exportation, qu'il fût interdit de fabriquer des chaussures si domicile, que les magasins de confections ne pussent plus accepter de commandes sur mesure; que nulle école prol'essionnelle ne l'iU admise à remplacer Tapprentissage, que nul particulier ne pût fonder d'école commerciale, à coté des écoles dirigées par l'Ktat, les j)rovinces et les communes. Voilà donc à quoi tant de personnes bien intentionnés veulent employer l'Hglisc et l'Ktat réunis : à empêcher les gens de s'instruire comme ils veulent, à chasser les travailleurs de leur foyer pour les contraindre si ne plus opérer <[ue dans l'usine u modèle », à faire enfin hausser le prix de toutes choses. Il ne faut pas s'étonner si les récentes prières adressées au gouvernement prussien pour introduire dans l'Allemagne du Nord le régime corporatif de l'Allemagne du Sud aient trouvé si peu d'écho *.

1. Voir l'artiolc de M. Muuricc Ulock, dcHis V Économiste français du 9 janvier 1891.

11 y aurait lieu de s'étendre davantage sur ces diverses propagandes, si Técole française correspondante ne nous fournissait plus d'une occasion de revenir aux plus importants de ces problèmes.

dette école, dont nous ne pouvons nous dispenser de parler, est bien connue. On TappcUc très souvent Técole de M. de Mun, et certes, c'est là un beau nom. Rappelons brièvement (en nous arrêtant le moins possible aux personnes) ({u'il y a là tout à la fois une œuvre et une école. C'est Tauivre qui a commencé, r«»uvre des cercles ouvriers, fondée, comme chacun sait, après la guerre^ par quelques officiers d'élite attristés d'avoir eu à combattre en 1871 les égarements de la population parisienne. A cette oHivre des cercles s'adjoignit la propagande active de M. Harmel. Puis ces militaires et ces industriels voulurent s'éclairer sur plus d'une question délicate; ils s'agrégèrent des théologiens, des publicistes; ils devinrent théologiens et publicistes eux-mêmes et instituèrent l'intéressante revue appelée rAssocialion rat/to/ifjue. Aujourd'hui l'Œuvre et la Revue se séparent sans aucune hostilité, mais pour retrouver, chacune de leur cAté (nous diton;, plus de liberté.

De l'œuvre, nous dirons peu de chose, non qu'elle ne mérite qu'on en parle, qu'on en parle longuement, avec sympathie; mais, dès qu'il s'agit d'œuvres privées, d'associations fondées librement par un appel aux bonnes volontés, il n'y a pas ombre de socialisme. Dans une lettre à M. Hervé-Bazin *, M. Harmel, le pieux et vaillant industriel du Val-des-Bois, invite tous les gens de cœur à restaurer, là où ils le peuvent, l'amour de Dieu, l'amour de la famille, l'amour du métier. « Hatons-nous, dit-il, de profiter de la loi de 1884 pour former immédiatement et partout des groupements professionnels. Là où nous unirons, par des relations aflectueuses et suivies, des patrons du même métier, un ou deux patrons avec quelques ouvriers, nous aurons posé une pierre d'attente pour reconstruire l'édiiice social. N'attendons pas le nombre, si nous ne pouvons pas l'atteindre tout d'abord. Commençons : la pratique nous enseignera plus que toutes les études. »

Quand M. Harmel et ses amis parlent ainsi, on ne peut qu'applaudir à leurs eflorts et souhaiter qu'ils réussissent. L'école enseignante et militante qui s'est groupée pendant quinze ans autour de l'œuvre veut être discutée de beaucoup plus près. Elle a une histoire assez remplie et dont les diverses périodes ne se ressemblent

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