‹ Le socialisme chrétienChapitre 121 sur 133 · Voir ï Association catholique de décembre I880é · texte numérisé non relu

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celui (|U0 Dieu a institué dans le monde, et dont l'observation des faits, aussi bien que la raison, démontrent la nécessité *. » La nécessité des distinctions sociales par la diversité des fonctions, tout le monde l'admettra ; mais ne joue-t-on pas ici sur les mots, et ne veut-on pas nous insinuer que quiconque est né dans une sphère y est et doit y rester par une destination spéciale de la Providence? Veux-je dire de mon côté que les chefs d'industrie devraient ménager eux-mêmes ii leurs travailleurs les movens de s'élever jusqu'à eux? Certes non, rien ne les y oblige; ce que je veux simplement observer, c'est que la corporation obligatoire, ne laissant plus pratiquement à aucun travailleur le moyen de faire ses affaires lui-même, tend à perpétuer indéfiniment des castes immobiles et des classes fermées.

Mais ces corporations, à leur tour, elles formeront, en face les unes des autres, des personnalités distinctes et très souvent rivales. Rien de mieux, si chacun est libre, libre d'entrer dans une corporation, libre d'en sortir. Alors on aura les avantages de l'initiative individuelle fortifiés de ceux de l'association. Mais si la corporation est obligatoire et privilégiée, il faut que celui qui la rend obligatoire dise jusqu'où elle doit s'étendre et si telle profession

J 1. Régime du travail^ ayant-propos, ii.

doit eu sivoir une (m plusieurs, qu'il fixe ii chacune son champ d'action, ses privilèges, ses ressources, qu'il intervienne dans la concurrence qu'elles se font; à lui de dire, par exemple, en combien de corporations doit se constituer la filature, et si ceux qui mélangent la soie et le coton ne doivent [)as payer une double amende, une amende à la corporation de la soie et une amende à la corporation du coton, etc. C'est toute la série des demandes de monopole et des interdictions et des procès de Tancien régime, dont les corporations autrichiennes, on Ta vu, veulent déjii nous ramener la mod<\ Mais, dès I(M's. Tintervention incessante de l'Ktat devient inévitable : (pfil soit un instant besogneux, il vendra sa protection ou sa tolérance. Quelh^ ([ue soit celle des deux puissances (pii r<'mporte (mais il est impt»ssible quà la fin ce ne soit pas l'Ktat) le public sera toujours sûr d'avoir ii subir une tvrannie.

Pt)ur sortir de ces difficultés — et de quel- ([ues autres, — les socialistes chrétiens ou catholi(|ues sociaux ont, à la vérité, un moyen qui, en théorie, est merveilleux. Tous les industriels seront chrétiens comme leurs ouvriers, et les gouvernements le seront aussi : tous

seront soumis à l'Eglise, et le Pape, devenu Tarbitre de tous les différends, les tranchera tous conformément à la justice absolue et infaillible.

Dans ce point de vue nouveau, il est certain que le socialisme d'État est dépassé, et nous ne nous refuserons pas à dire qu'il est corrige» et amendé. S'il nous fallait accepter un socialisme d'Etat, nous Taimerions mieux d'un Ktat chrétien que d'un Ktat païen ou révolutionnaire. Il n'y a rien de plus facile à concéder. , D'autre part, les hommes de VAssocialion i catholique ont beau être attachés à la doctrine ' qu'ils appellent interventionniste, nous devons leur donner acte de leurs déclarations multipliées, <|ue, si l'Ktat n'est pas aussi chrétien qu'eux, ils cessent de compter sur son acti(ni I pour guérir les maux de la société. <( L'Ktat, i disent-ils * (entendez l'Etat réduit à ses pr(q)res forces), est impuissant à satisfaire le prolétariat.

Il n'a pas la force morale nécessaire A l'Eglise

catholique seule appartiennent les droits et les inovens de remettre toutes choses dans leur ordre et à leur place... » (sous-entendez par l'action docile des pouvoirs publics) *. Ce n'est pas seulement l'Etat proprement dit dont le rôle est subordonné à cette condition d'obéis-

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