‹ Le socialisme chrétienChapitre 27 sur 133 · Acte». IV · texte numérisé non relu

Acte». IV

tuaires officiels et des traditions surannées ou altérées *. Ils s'étaient donc retirés au bord de la mer Morte ; ils vivaient la d'une vie contemplative et pauvre, dans une communauté rigoureuse et avec un mélange de superstitions et de vertus où dominait un pessimisme assez accentué : car « ils attribuaient tout au destin, rien au libre arbitre ' »; et ils renonçaient presque tous au mariage, se bornant à élever dans leurs idées les enfants des autres.

Les premiers chrétiens, eux, n'étaient ni une société vieillie, ni une société découragée ou •tout au moins désabusée : c'était une élite neuve et courageuse, mais pour qui se séparer de la vie générale était provisoirement une nécessité. Il ne lui eût pas été facile autrement de se dégager de toute sorte d'accointances avec l'idolâtrie ou l'immoralité publique, affichée, commandée. « Même en dehors du culte officiel et des rites d'association, la vie privée des anciens était comme pénétrée de religion; les mariages, les naissances, les moissons, les semailles, l'inauguration et l'exercice des magistratures, les fêtes de famille, tout était prétexte à sacrifices, à libations, fumigations d'encens, repas communs '. » Il n'y a donc pas lieu de s'étonner si les chré-

1. Voir M. l'abbé Duchesnc, les Origines chrétiennes, leçons d'hisloire ecclésiastique, t. I, p. 12 et suiv.

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