‹ Le socialisme chrétienChapitre 28 sur 133 · Abbé Duchesne, ibid · texte numérisé non relu

Abbé Duchesne, ibid

tiens se retiraient dans leur communauté propre, s*y mariant entre eux, soumettant leurs dilKicultésà une juridiction spéciale, enfin se prêtant les uns aux autres une aide absolue.

Mais bientôt la minorité s'accroit; elle se répand; elle appelle à elle, non plus seulement les Juifs, mais les Grecs, mais tous les Gentils; le paganisme recule, ses temples se ferment l'un après l'autre, et ses cérémonies disparaissent. Les mêmes scrupules ne doivent pas subsister indéfiniment chez les chrétiens. Déjà saint Paul avait permis qu'on usât de viandes quelconques, même de celles qui pouvaient provenir d'un sacrifice païen '. Les chrétiens vont donc désormais vivre extérieurement comme tous les autres : ils participeront à tous les actes de la société proprement humaine, pour tout ce que leur religion n'a pas expressément condamné.

Un auteur anonyme du i®*" siècle * donne une formule heureuse de la place et du rôle que va s'assigner l'Eglise dans la société qu'elle pénètre. « Les chrétiens, dit-il, sont dans le monde comme l'âme est dans le corps. Par le corps, ils s'accommodent des lois, du langage de tout pays où ils vivent ; ils n'ont pas de cité

1. S. Paul dira aussi, en annonçant une collecte : « Ce que je dis n'est pas comme faisant un commandement, mais pour que, Toyant l'empressement des autres, vous fassiez preuTC de la sincérité de votre charité, u (II* aux Corinth., VIII, 8.) Il ne s'agit déjà plus ici que de collectes.

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