Voir Patrologie de Migrne, t. II
à eux, pas de langue a eux. » On voit ici dès le début la doctrine qui va se développer partout. Il est des corps sans doute dont Tunie aurait peine à s^accommoder : elle ne peut, si elle en est affligée, que désirer d'être délivrée ou par Tart bienfaisant de la médecine, ou par une intervention miraculeuse, ou par la mort. Mais, du reste, les âmes peuvent se valoir, tout en restant dans des corps différents et également imparfaits, dont elles subissent les accidents ou les infirmités. L'esprit anime la matière et il s'en sert, mais il s'en sert pour des fins qu'il tient de lui-même et non pas d'elle; et ainsi, sans la révolutionner, sans en briser les lois, il la transfigure.
La vie chrétienne est donc une vie qui se superpose h. la vie ordinaire et qui, tout en cherchant à la pénétrer, s'en distingue profondément. C'est ce que saint Jean Chrysostome expliquera en termes énergiques * : « Le Christ nous a apporté une doctrine où il est question, non plus des choses de la terre, mais des choses du ciel, nous indiquant d'autres richesses, une autre pauvreté, une autre servitude, une autre vie, une autre mort, un autre monde, une autre république (^roXiTstav) ».
Que de fois ne trouvera-t-on pas ces transpositions opérées au seul appel de l'idée chré-