‹ Le socialisme chrétienChapitre 30 sur 133 · In Math, homil., i, 4. Œuvres^ édit. Migfnc, t. IV · texte numérisé non relu

In Math, homil., i, 4. Œuvres^ édit. Migfnc, t. IV

tienne! C'est là, on le sait, ce qui explique comment la nouvelle religion ne s'est point hâtée, autant qu'on eût pu le croire, de mettre fin à l'esclavage temporel. C'est de Vautre liberté, de Vautre esclavage qu'elle s'occupait d'abord; au-dessus d'une condition toute contingente et toute temporaire, elle plaçait une condition dont les suites lui apparaissaient comme devant être éternelles.

Elle fit cependant ce qu'elle put pour adoucir l'esclavage et ensuite pour le supprimer. « Etesvous esclaves, ne vous en affligez pas ; mais si vous pouvez devenir libres, profitez de l'occasion *. » Pareil encouragement ne suffit même pas à l'Eglise. Cette « occasion », dont elle conseillait aux esclaves de profiter, elle la fit naître quand elle le put. Je n'ai pas besoin d'insister ici davantage.

Mais nous avons aujourd'hui des publicistes qui assimilent délibérément à l'esclavage l'état de prolétaire et de salarié. Si l'Eglise est née avec des principes socialistes, elle a dû tendre à la dissolution de la propriété individuelle, comme elle tendait, pacifiquement et sans révolution sociale ni politique, à la suppression de l'esclavage? Est-ce là, ce qui s'est produit?

Très certainement les chrétiens zélés et qui écoutaient la parole de leurs pasteurs effaçaient

t. S. Paul, I'* aux Corinth.. vu, 20.

dans une large mesure par Faumone les inégalités créées par la richesse. Ceux qui allaient plus loin et se dépouillaient volontairement paraissaient très louables; mais c'étaient des chrétiens à part, comme ceux qui se consacraient au célibat. Saint Isidore ^ avoue que la pauvreté volontaire excède la nature. Ainsi Salomon avait parlé de la continence; et ainsi parlaient vingt docteurs de la foi nouvelle, ajoutant, il est vrai, que « ce qui est impossible à l'homme est possible à Dieu... ]» et avec l'aide d'une grâce spéciale de Dieu. Il y avait donc une nuance bien marquée entre le désir très net d'affranchir les esclaves et le désir de faire tomber toutes les différences introduites dans la création par la formation de patrimoines distincts. De ces deux changements, l'un ramenait à la nature (dans tous les sens acceptables ou recommandables de ce mot) ; l'autre surpassait la nature et anticipait sur la vie parfaite et absolue. Ce dernier ne pouvait donc être encore une fois que le fait d'un petit nombre.

Clément d'Alexandrie était si convaincu de ce caractère exceptionnel des renonciations, qu'il se refusait à donner un sens humain et terrestre aux paroles de Jésus-Christ : « Vends ce que tu as, et distribue-le aux pauvres et suis-moi ». Cette exhortation du Sauveur ne s'adressait

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