De finibus, m
manière unique d'associer ses semblables au bienfait de sa fortune. Je ne veux pas prêter au saint docteur une théorie, même embryonnaire, de la circulation des richesses; mais je me demande si les économistes classiques auraient à modifier beaucoup ses paroles pour concilier la vérité économique, telle qu'ils la voient dans notre siècle, avec la loi morale de la solidarité et de la charité.
On aura également remarqué que saint Basile souhaite un état social où il n'y ait plus ni riches ni pauvres. C'est assurément un souhait permis, même au point de vue social et scientifique.
C'est aussi, dirai-je, un souhait qui exclut l'idée de faire de la pauvreté un état rccommandable quand même, érigé en idéal, antithèse vivante d'une richesse rendue, par cela seul, odieuse. « Toute pauvreté n'est pas louable, dit encore saint Basile, mais celle-là seulement qui est volontaire et conforme aux préceptes de l'Evangile*. » Et celle-là est-elle aisée? Est-elle commune? Nous avons déjà vu que, selon la doctrine enseignée, elle excède les forces de la nature. Ne soyons donc pas surpris de lire dans le même docteur' : « Il faut une certaine expérience pour distinguer le vrai pauvre de celui qui mendie par avarice. C'est pourquoi, du temps des apôtres, c'étaient les apôtres mêmes qui étaient chargés