Jcrémic, vu
nonce un jugement équitable entre un homme et un autre homme,... il vivra *! »
Ce sont ici les prophètes qui parlent. Mais serait-il impossible de trouver dans des livres plus anciens aucun passage où cet aspect de Tidée de justice soit mis en lumière? C'est dans le Deutéronome qu'il est dit : « Vous établirez des juges et des magistrats à toutes les portes des villes, dans chacune de vos tribus, afin qu'ils jugent le peuple par un juste jugement, et qu'ils ne détournent rien de la justice. Vous ne ferez pas acception de personnes ; vous ne recevrez pas de présents, parce que les présents aveuglent les yeux des sages et changent les paroles des justes *. »
Maintenant, cette justice, l'homme doit-il la chercher lui-même et l'appliquer telle qu'il la voit Pou doit-il la demander à Dieu et attendre de lui la révélation de ce qu'elle exige ? Ces deux conceptions ne s'excluent pas tout à fait l'une l'autre dans la Bible. Nulle part même, semblet-il, il n'y a eu un plus vif sentiment de ce problème agité par tant de métaphysiciens, pour ne citer que Duns Scot et saint Thomas, Descartes et Leibniz. L'idée d'une justice éternelle, plus forte en quelque sorte que Dieu même, elle est exprimée dans le livre de Job en termes sublimes ; « Dieu peut-il détruire la justice? Le Tout-Puis-