Voir particulièrement S. Grégoire de Nnzianze, Or, xxtii
Quand saint Paul disait : « II n'y a plus ni Grecs ni Gentils », il entendait que ces distinctions n'avaient nulle influence sur le salut. Mais au point de vue humain, qui subsistait, la différence subsistait aussi. Autrement saint Paul n'aurait point terminé son énumération par ces mots :
a II n'y a plus ni hommes ni femmes * ». Non seulement donc la grâce n'efface point temporellement ces diversités naturelles : on peut dire encore qu'elle y ajoute, toujours, il est vrai, de la même manière, manifestant partout un même esprit, mais par des dons divers, donnant des oilices distincts, mais dont chacun doit tendre à l'utilité de tous.
Enfin, si la rédemption a suspendu les effets les plus graves du péché originel, les a-t-elle supprimés tous? Pour la vie mortelle, il est indubitable que non. Si abondante, si « surabon-* dante » même que la grâce ait été en vue du salut éternel, elle a laissé durer les effets terrestres de la perte de l'innocence : l'enfantement dans la douleur, la mort, la nécessité du travail, etc., demeurent à la fois comme châtiments et comme épreuves, et il n'est point au pouvoir de l'Église de les supprimer. Saint Hilaire fait à ce sujet une observation fort juste '. Avant la chute il n'était pas besoin de labourer la terre, il n'y avait qu'à récolter les fruits ; la propriété devait