S. Augustin, Sermo XIV
mais il faut sans doute entendre avec lui deux choses : la première, que le bon usage peut purifier certaines possessions pour lesquelles il y a prescription et difficulté ou impossibilité de restituer; la seconde, qu'un homme mal enrichi, mais devenu bon et charitable, vaut encore mieux qu'un misérable méditant quelque attentat pour sortir de sa pauvreté.
Il me semble que tout cela nous prépare assez bien à comprendre ce que les Pères de l'Eglise ont dû demander ou ne pas demander aux lois proprement dites au sujet de la propriété et de ses usages.
Les Pères distinguent tous trois espèces de lois : la loi naturelle, la loi positive ou temporelle et la loi divine ou éternelle. Elles ne sont évidemment pas séparées et indépendantes Tune de l'autre. « La loi temporelle, dit saint Augustin \ ne libère pas de la loi divine; mais celui qui obéit a celle-ci obéit par là même h celle-là. » Un tel homme en efict se sent attaché à ses semblables par les liens d'une charité parfaite : il ne peut donc leur faire de mal, il ne peut les léser ni les troubler en rien. La loi positive recommandée comme une des plus sages est la loi de Moïse. Elle devait beaucoup à Dieu même : c'est pourquoi les premiers chrétiens ne se sont détachés que peu à peu d'un grand nombre de ses