De libero arbitrio, i
prescriptions. Au fur et a mesure qu'ils s'en éloignaient, ils acceptaient les lois de tout pays, sachant que ces lois visaient à la justice; mais ils se souvenaient que de telles lois, « émanées de pensées humaines », ne pouvaient atteindre la (c justice parfaite et absolue ». La loi naturelle enfin veut être interprétée par une certaine connaissance du plan divin, et elle demande h être réglée dans un grand nombre de ses effets, selon les nécessités reconnues des temps. Malgré ces étroits rapports, néanmoins, aucun des Pères ne confond ces lois différentes; aucun ne supprime une des deux premières au prétendu bénéfice de la troisième. Ils diraient plutôt tous avec saint Irénée ' : « Dieu ne dissout pas la loi naturelle ; il retend et il la remplit ».
Il s'est trouvé sans doute en tout temps des chrétiens de plus de zèle que d'autorité pour nier que la nature humaine pût arriver d'elle-même a se régler et à se gouverner. Saint Jean Clirysostome en rencontra de ceux-là et il en parla un jour au peuple d'Antioche avec une clarté parfaite ' : « Ils disent qu'aucune loi ne réside dans notre conscience et n'y subsiste par sa propre force. Mais alors, dirai-je, d'où viennent toutes ces lois sur les mariages, sur les meurtres, sur les testaments, sur les dépôts, sur le respect des autres hommes et sur une infinité d'au-