Ibid.t XXIII
L'homme de Dieu se souvient alors de sa faiblesse. Qui sera l'arbitre? Qui trouvera la règle définitive? Pour se flatter de la posséder, il faudrait connaître bien des choses que Job ignore encore. C'est pourquoi Eliu réplique * : « Dieu te prendra-t-il pour règle de sa justice? Doit-il haïr ce que tu hais, choisir ce que tu as choisi ? Crois-tu avoir pu dire avec sagesse : ma justice l'emporte sur celle du Seigneur"? » Enfin Dieu, intervenant dans le même sens, dit à Job : « Oseras-tu anéantir ma justice? Me condamneras-tu pour te justifier? »
Ce commerce incessant de Dieu et de l'homme, c'est là toute la Bible : c'est là, en définitive, il ne faut pas l'oublier, toute la religion. Il n'est donc pas étonnant que le grand pécheur David se souvienne de la leçon donnée à Job et qu'il s'écrie : « Seigneur, donnez au roi vos jugements et au fils du roi votre justice. — Seigneur, découvrez-moi vos décrets. — Faites-moi connaître le bien, inspirez-moi la siigesse.... Enseignez-moi vos justices'! » Il n'en reconnaît pas moins qu'il y a en Dieu un accord immuable entre ses décrets et la vérité elle-même : « Le principe de vos paroles est la vérité : tous les jugements de votre justice sont éternels* ».