De legibiis, l
THÉOLOGIENS, PREDICATEURS, MISSIONNAIRES. 135
besoin les uns des autres; il importe donc que chacun d'eux respecte le bien commun. Mais chaque homme, pris en pailiculier, a de la peine a discerner ce qui convient à ce bien commun, et rarement il y applique ses efforts. De la vient la nécessité de lois humaines tendant au bien général, montrant ce qu'il faut faire pour le réaliser, contraignant à le faire Sans doute, on
peut concevoir une telle loi, faite, comme l'a dit saint Thomas, par la multitude, c'est-a-dire par la république tout entière ou par quelqu'un qui en tient la place. Mais si ce représentant peut avoir été u constitué » par la multitude ellemême, il peut aussi l'civoir été (c immédiatement par Dieu * ».
L'important, c'est qu'il y ait une loi. Je ne crois pas forcer le sens des paroles de Suarez en ajoutant qu'à ses yeux la puissance qui contraint importe plus encore que la raison qui éclaire; car il écrit : « La loi est un acte de volonté plutôt qu'un acte mental ; c'est un acte de volonté juste et droite par lequel un supérieur peut obliger un inférieur à faire ceci ou cela. »
La loi cependant, ces dernières paroles suffisent a l'établir, ne saurait être arbitraire. Elle est contingente, en ce sens qu'elle s'applique aux actes contingents d'une créature; mais cette créature une fois supposée, la loi devient néces-