‹ Le socialisme chrétienChapitre 71 sur 133 · De legibuM · texte numérisé non relu

De legibuM

3. Il aurait pu citer saint Bonaventure. Voir Liber senientiarum^ lib. Il, dist. kk, art. 2. qussl. 2.

THÉOLOGIEIfS, PRÉDICATEURS, MISSIONNAIRES. \%7

donne d*insister de nouveau ; mais on ne saurait trop rappeler l'importance d'une telle distinction mal entendue, chez des peuples profondément chrétiens. Sans doute, la chute est acquise, et l'homme vit désormais dans l'état de péché.

Mais il y a aussi une rédemption dont les effets peuvent s'étendre ou diminuer selon la volonté de l'homme qui y coopère. L'esclavage — qui ne manque jamais de figurer dans chacune de ces comparaisons — est, lui aussi, le fruit du péché ; c'est ce qui fait qu'on ne peut pas, croient les scolastiques, se révolter contre cette institution, châtiment de notre première faute. Mais enfin, plus le christianisme fait de progrès, plus on affranchit d'esclaves et plus on sent qu'on doit en affranchir. L'affranchissement des propriétés accaparées et leur retour à l'usage commun ne doivent-ils pas également être des conséquences et des signes du progrès des idées chrétiennes?

Suarez a certainement vu ce danger, et il s'efforce d'y parer par des distinctions très ingé-

nieuses V

D'abord, cette division des deux états dans la constitution d'un droit naturel est-elle nécessaire? Non : les règles du droit restent les mêmes, comme les règles de la médecine restent les mêmes, quoiqu'on n'use pas en bonne santé

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