De tegibu». II, 8 et U
de remèdes qu'on prend quand on est malade.
« Autre chose est de parler de l'existence des préceptes, autre chose est de parler de leur obligation actuelle et de leur exercice. Donc, quoique Vétat puisse réclamer l'application de tel précepte et non l'application de tel autre, le droit naturel n'en reste pas moins le même avec tous les préceptes qu'il enveloppe,...
— préceptes négatifs qui défendent des actes intrinsèquement mauvais, donc mauvais dans tout état, — préceptes affirmatifs qui commandent des actions honnêtes en elles-mêmes, etc. » On s'attendrait, après ces paroles, h voir l'illustre théologien édifier un ensemble compact de préceptes formant un droit naturel solide et, sinon éternel, du moins aussi durable et aussi un que le monde. Mais les distinctions qui suivent tendent plutôt, ce semble, à émietter ce droit et à donner par avance raison aux publicistes de nos jours qui élargissent de plus en plus, dans les sciences morales, la sphère du relatif. Les préceptes du droit naturel obligent en tout état, (( si la matière s'en présente ». « Il peut se faire que tel état offre des occasions d'exercer certains préceptes et de ne pas exercer les autres. Puis, une chose peut être de droit naturel de beaucoup de façons : elle peut l'être par précepte, elle peut l'être simplement par permission. )) Tel est le cas de beaucoup de choses qui, au regard du droit naturel, sont licites ou qui
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ont été données h Thomme, comme la communauté des biens, la liberté individuelle ou autres semblables. Ces choses, la nature nVnjoint pas qu'elles persistent dans le même état ; elle s'en remet aux dispositions des hommes qui agiront selon les exigences de la raison. « Ainsi la liberté est naturelle à l'homme, parce que l'homme la tient de la nature, bien que la loi naturelle ne défende pas de la perdre. »
Il est certain qu'à travers les subtilités de cette polémique, Suarez rend tout au moins à la pensée chrétienne un très grand service : cette théorie sociale ' des deux états et de la liaison inséparable de l'égalité absolue et de l'inno* cence, il la combat nettement. A ses yeux, elle n'est pas du tout nécessaire, elle est même gratuite *. « Il faudrait, dit-il, prouver que la communauté est inséparable de l'état d'innocence. Or on ne voit pas cette liaison ; car il n'y a rien de compromettant pour l'honnêteté des mœurs il ce que, dans cet état, les hommes puissent prendre chacun pour soi et se partager différentes choses et particulièrement des objets mobiliers, nécessaires aux usages de la vie.... On peut croire que la communauté a été mieux en rapport avec l'état d'innocence et qu'alors la division n'était pas nécessaire ; en sens inverse,
1. On Toit la distinction; je no parle pas de la théorie morale et religieuse.