‹ Le socialisme chrétienChapitre 73 sur 133 · De legibu». II · texte numérisé non relu

De legibu». II

on peut croire que cette division a été plus commode dans Tétat de nature déchue ; cela ne prouve pas que cette division ait été de précepte naturel, mais seulement qu'elle était plus en rapport avec cet état et la condition des hommes dans cet état. » Si ces formules ne suffisent pas, en voici d'autres. « Une chose peut être de droit naturel à deux titres, ou comme étant ordonnée ou comme n'étant pas défendue. La division de la propriété n'est pas contre le droit naturel positif, parce qu'il n'y avait rien dans le droit naturel qui la prohibât. La communauté des biens était de droit naturel, en ce sens que toutes choses eussent été ainsi par la force de la nature si les hommes n'avaient introduit d'autres conditions. »

En résumé, il n'y a qu'un droit naturel, commun aux deux états. Mais les applications de ce droit peuvent varier infiniment selon les circonstances, les occasions, les exigences, les commodités. Quant aux principes qui doivent diriger de haut ces applications, où sont-ils? Il y a les grandes lois de la morale, il y a le décalogue, il y a les prescriptions de Dieu et de ses ministres. On ne voit pas que Suarez cherche autre chose.

Quelques-uns de ses contemporains trouvèrent que c'était trop peu. Lui-même, dans son De legibus *, nous rapporte loyalement les objec-

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