Lettre du 10 février
écrit le P. Margat *, que la religion ne peut / /
s'empêcher de s'élever contre la politique et / ' que l'humanité a bien de la peine à ne pas se récrier contre la destruction générale d'une nation qui ne s'est trouvée coupable que pour n'avoir pu souffrir les injustices et les violences de son vainqueur. »
Cette sympathie ne va pas seulement à leurs malheurs, elle va aussi à leur genre de vie.
« Voyons les sauvages, écrit le P. Vivier*; on n'en a que de fausses idées en Europe ; à peine les croit-on dos hommes, on se trompe grossie- j rement. Les sauvages et surtout les Illinois sont \ d*un caractère fort doux et sont sociables; ils l ont de l'esprit et paraissent en avoir plus que I la plupart de nos paysans, aut ant que la plu- ? part des Français, ce qui provient de la liberté ^ dans laquelle ils sont élevés . Le respect ne les | rend jamais timides; comme il ny a pas de \ rang et de dignité parmi eux, tout leur paraît égal. Un Illinois parlerait aussi hardiment au roi de France qu'au dernier de ses sujets. Je leur trouve bien des qualités qui manquent aux peuples civilisés. Ils sont distribués par cabanes; une cabane est une espèce de chambre com- / mune où il y a communément quinze à vingt; personnes. Ils vivent tous dans une grande paix ^ ce qui provient en grande partie de ce qu'on