Lettre du *J0 décembre i
'.i, AvtT l'opuscule que j'ai cité plus haut.
THEOLOGIENS, PnÉOICATBURS, MISSIONNAIRES. 175
privés de sens, contrefaits, grands comme des géants, velus comme des ours, enfin plus semblables à des monstres qu'a des êtres raisonnables, tandis qu'en réalité nos sauvages ne sont sauvages que de nom, comme les plantes que la nature produit sans culture dans les forêts et dans les déserts; quoiqu'on les appelle sauvages, ces plantes possèdent des vertus véritables et une force parfaite, qualités que nous corrompons souvent par nos artifices quand
nous les transportons dans nos jardins Il est
bon de montrer que les sauvages des Antilles sont de tous les peuples du monde les plus contentSy les plus heureux^ les moins çicieux, les plus sociables^ les moins contrefaits et les moins tourmentés par les maladies. » —
Comment en effet les amis de Rousseau qui lisaient h Paris de ces dithyrambes n'auraientils pas été convaincus, plus que jamais, que c'est la vie sociale et organisée qui corrompt les hommes?
Je n'ai pas besoin de rappeler longuement les tentatives que firent les missionnaires pour régulariser en quelque sorte le communisme de leurs sauvages. Tout le monde connaît la célèbre mission du Paraguay. Ce ne fut pas une tentative isolée. Déjà, au commencement du xviii* siècle, le P. Nvel * raconte un essai fait