Esprit fies lois, IV
*2. Ibid., IV, 7.
leurs succès. II ne faut pas s'étonner non plus si Fauteur du Génie du christianisme a écrit : « La république chrétienne n'était ni morose comme Sparte, ni l'rivolc comme Athènes; les missionnaires, en bornant toute la foule aux premières nécessités de la vie, avaient su distinguer dans le troupeau les enfants que la nature avait marqués pour de plus hautes destinées. Ils avaient, ainsi que le conseille Platon, mis à part ceux qui annonçaient du génie. Ces enfants choisis s'appelaient la Congrégation : ils étaient élevés dans une espèce de séminaire et soumis à la rigidité des études des disciples de Pythagore *. »
Quel mélange de noms! Quel abus des rapprochements ! Mais voilà bien le courant d'idées qui a tant grossi et tant troublé le flot de 1789. République, vertu, bonheur, innocence, égalité, communauté, courage et pauvreté, Spartiates, Pythagore, Minos, Lycurgue, Platon, ïélémaque et Mentor, et Tûge d'or et les bons sauvages, et le christianisme sentimental, et la simple nature et les Jésuites du Paraguay, tout cela forme un faisceau indissoluble. On va le voir manié contre la vieille société par des hommes qui ont pris au sérieux la perfection de l'antiquité et la perfection de la nature, telles qu'ils les avaient si souvent chantées en vers latins.