‹ Le socialisme chrétienChapitre 94 sur 133 · Dans son numéro du 11 mars · texte numérisé non relu

Dans son numéro du 11 mars

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nouvelle, où elle doit faire circuler Tespril de dévouement et de sacrifice. »

!//:><? nouçe/le ne manquait pas de citer ces paroles et de se les approprier. Mais elle-mèine faisait beaucoup plus. Mo ntale mbert lui reprochait de défendre le droit au travail, le papiermoiinaiê^ Pinipot progressif. Sur chacun de ces points, sans doute, elle faisait des distinctions. Il n'en est pas moins certain que pendant de longs mois elle se préoccupa de justifier, dVncourager, d'accélérer le mouvement encore plus que de le modérer. Elle disait bien qu'elle se déiiait des anciennes écoles socialistes; elle no se défiait pas beaucoup du nouveau socialisme fil est vrai qu'on le cherchait toujours), car, le 8 mai 1848, si peu de temps avant les funèbres journées, elle écrivait avec confiance : a Nous n'en sommes plus à la Terreur; maintenant qu'il s'agit du redressement des anciennes injustices sociales, qu'il s'agit de dépouillement volontaire, de renoncement à soi-même, de fraternité, nous nous retrouvons en plein christianisme, nous reconnaissons les questions que l'Kvangile avait posées. Nous ne nous étonnons pas que ces problèmes fassent pâlir les hommes qui ne connaissent d'autre soin que celui de leur / repos, les sectaires attardés de Malthus et de/ Bcntham. » "^^

Le lendemain, IrJre nous^clle soutenait que 1789 avait plus profité aux bourgeois qu'aux

LA GRISK DE 1848. 213

ouvriers et ([uc 1848 « était nécessaire ». Les menaces d'émeute avaient beau gronder, elle persistait à rappeler surtout les fautes de ceux cpii avaient si profondément irrité les classes populaires et rendu leurs souffrances « intolérables ». Enfin, les barricades s'élèvent et le sang coule; elle en accuse ceux qui ont altéré dans le cœur du peuple le sentiment chrétien de la résignation. Mais si elle a soin de réprouver le socialisme athée et matérialiste, elle ne proscrit pas encore le mot de socialisme ; car il v a « un socialisme honnête et chrétien »; car lors(pie la révolution de Février avait prc^clamé ([uVlb» était w sociale »,elle avait cédé à un mou- . vement qui était a l'impulsion même de Fesp rit J évangélique ».

Parmi les nombreuses publications d'alors, il en est qui durèrent si peu qu'il est bien dillficile de les retrouver. Que disait la Revue du monde cathoUfjue, de Barbey d'Aurevilly?

Qu'était-ce que la Beçue du socialisme chrétien , rédigée par Victor Galland, et qui parut de janvier à juillet 1849? Qui était-ce que l'abbé Chantôme, dont VUnivers d'octobre 1849 signalait une» Revue des réformes et du progrès et qui, peu après, rédigeait un journal appelé le Droit du peuple"} Cette feuille fut bien accueillie par Proudhon, et elle le méritait*, car elle réclamait

1. L'urchcvcque de Paris avait retiré à l'abbé Chantôme HC8 pouvoirs religieux. Le Pape en félicita l'urcheTèque. —

^iVé LL SOCIALISXL CHRÊTICX.

h' droit au travail avec ralioiition <W' riiilèrèt du capital sous toutes ses formes.

l'^roudiioii était, du reste, très accueillant pour cet» catholiques et pour ces prêtres qui prenaient d«* pareilles « réformes » au sérieux et qui cherchaient à les étayer par toutes sortes de citatif>ns tronquées des Pères de l'Eglise. II était heureux de les compromettre par l'hospitalité même qu'il leur donnait, et visiblement il se flattait de les attirer plus complètement à lui. Kn attendant, il hénéficiait des coups de pioche qu'ils donnaient dans la vieille économie politique et dans les institutions de Tancieu ordre social.

(^est ainsi qu'il ouvrait ses colonnes à Chevé, qu'il (jualifiait de u catholique progressif »« et dont il annonçait la brochure : /e Dernier Mot fin HovialUme par un catholùjue. Ce Chevé avait au moins de la ténacité dans ses opinions. Li* l(> avril 1S4U, le Peuple insère une lettre de lui il la Patrie; et on y trouve toujours la même r prétention à allier le pur catholicisme au com- I nuinisme le plus absolu. « Pour ma part, dit-il, je ne suis pas seulement chrétien à la manière

L'ubbé écrivit ulors au Pape lui-même pour lui dire qu'il était un a catholique conséquent et soumis, qu'il était donc prêt ù ne rétracter, mais pourvu que l'Eglise et son chef priitscnt la peine de fixer la doctrine ». Le Peuple reproduisit cette dernière lettre, en regrettant de ne pas y trouver ce qu'il attendait de « vigueur et de netteté » (c'est-à-dire de révolte définitive).

LA CIUSU l)K 1H4K. tl\b

(Ir ^DI. ThitM's ol Odilon Barrot, mais callio* li([iie à la mauu'iM» de l'Kvaiif(ilo ci des Pères (h* TKglise, ce (|ui est fort différent. » II eoiiliiaie en disant (avec le Christ républicain) ([uc le rèjjfne de Dieu doit arriver sur la terre comme au ciel. « C'est donc en ce monde et sur terre ([ue ceux «[ui ont faim doivent être rassasiés et (|ue ceux (|ui pleurent doivent être consolés. Le socialisme qui se propose celte sainte mission ne fait donc ipraccomplir la volonté de Dieu et préparer Tavènement de son règne. »

Là-dessus il prouve que la maxime : « A chacun selon ses œuvres » est de saint Matthieu ; il reprend les citations des Pères sur le prêt à inlérèl, cond)at la rente, etc., etc.

Lorsqu'on retrouve ces élucubrations, on ne s'étonne plus ({u'Arnuud (de l'Ariège) ait demandé * d'introduire le droit au travail, comme un principe chrétien, dans le préambule de la Constitution. On ne s'étonne pas non plus de ces tentatives de fusion ou de confusion qui s'engageaient sous couleur de concilialion universelle. Le lendemain de hi mort de rarchevèque de Paris, le général Cavaignac écrivait aux grands vicaires : a Depuis trois mois le clergé s'est associé à toutes les joies de la république; il vient de s'associer à ses douleurs )). 11 s'associait aussi ii ses illusions, dont

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