L'niuers du 2 juillet
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LA CRISE DK I8'j8. 229
prescriptions du rode pénal? Or, Y Univers et ses amis ont poussé vigoureusement ce genre de polémique. XjUnwers a montré que l'organisation du travail, en inféodant les ouvriers \\ TKtat, leur oterait toute influence sans leur donner des salaires plus élevés. Jl a repoussé Timpôt progressif et ri m pot sur le luxe; il a montré que les bénéfices, rcvés par les écoles socialistes, étaient purement imaginaires, qu'il n'y a de réel dans les projets de Louis Blanc que les dépenses énormes auxquelles il faudrait se livrer tout d'abord. Il a, comme le Correspondant de la même année, public des articles amusants et sensés, contre les illusions qu'on avait nourries, au siècle précédent, sur le communisme des sauvages. 11 a condamné la tentative du Paraguay. Il a dit, enfin, aux ouvriers que c'était h eux de s'associer et de débattre les uns avec les autres les conditions de leur production, à eux de créer des caisses de retraite et de secours, à nommer des syndics et des représentants. Pouvait-il faire plus? »
\^'Uni{*ers avait des amis à l'Assemblée : le plus illustre était Montalembert, qui marchait alors de concert avec Louis Veuillot et combattait avec lui, dans son journal, les tendances un peu hasardées de VJire noiii^etle. Mais Montalembert était un homme politique plus (|ue Veuillot, et il avait déjà pris l'habitude (qu'il a noblement conservée depuis) de dire à ses amis
catholiques les vérités qu'il jugeait oubliées d'eux. Il déclara que le plus grand péril social du moment, c'était la naïveté des gens religieux \ I qui pactisaient avec les démocrates socialistes 'et les encourageaient à mettre le Christ de moitié dans les prédications les plus incendiaires *. Il rappelait qu'en face d'un pouvoir nouveau le devoir des catholiques était de garder avant tout leur liberté, en observant « le calme, la réserve et la dignité ».
Il ne se bornait point à ces réflexions. C'est lui qui, il l'Assemblée, contribua peut-être le plus à faire retirer le projet de h)i relatif au rachat des chemins de fer ^. Prondhon et ses amis tenaient beaucoup îi ce. projet : ils y voyaient avec perspicacité « le premier anneaiK de la chaîne des questions sociales ». MontiC^ lembert v montra un nouvel essai de la théorie qui voulait faire de TKtat a Tentrepreneur de toutes les industries et l'assureur de toutes lei fortunes ». 11 y opposa la nécessité de faire cesser le grand danger du jour, <( Tespèce de terreur que la république inspire à la propriété ». — <( La lutte, disait-il, n'est pas entre I la rovauté et la démocratie ; elle est entre la i centralisation exagérée et la libre direction des forces individuelles, le libre développement des
1. Voir Lettres à l'Ami de la religion dans VL'nii'ers d'octobre 1848.