‹ Le socialisme contemporain (volume 2)Chapitre 20 sur 74 · Bien public ^ 13 septembre · texte numérisé non relu

Bien public ^ 13 septembre

2. Au Vorwaerts, antérieur à la loi de 1878 contre les socialistes.

les instruments du travail pour VEtat ou pour l'unirersalité. Les anarchistes avaient horreur de l'État; ils •evendiquaient la propriété collective en faveur de n'oupes distincts, formés librement. Après une discussion longue et orageuse, la majorité du congrès idmit la résolution suivante :

(( Considérant que, aussi longtemps que le sol et les lutres instruments de travail, sur lesquels repose la îociété, se trouvent entre les mains d'individus isolés )u de classes spéciales et sont monopolisés comme aropriété privée , l'oppression économique de la masse iu peuple avec ses conséquences inévitables, la misère et la faim, doit nécessairement persister; le congrès déclare qu'il est indispensable que l'État, qui représente tout le peuple, et qui organise dans son sein la commune libre, devienne le propriétaire unique du 5ol et des autres instruments de travail. »

Assurément, c'était un grand effort de conciliation que de réunir ainsi dans une même résolution l'État, propriétaire collectif, de Marx et la Commune libre de Bakounine. Restait la seconde question, qui se rapportait à la méthode à suivre pour arriver au but. Préparer la révolution violente, repousser toute autre iction politique, ne pas prendre part aux élections, i.elle était la méthode des anarchistes. Les socialistes, jiu contraire, se prononçaient hautement pour l'action •)olitique; ils attendaient d'elle l'aff'ranchissement éco- |iomique des salariés. Les deux partis se firent muïuellement les plus vifs reproches et en vinrent aux |léclarations les plus catégoriques. Comme les débats

menaçaient de se prolonger indéfiniment, les négociateurs cherchèrent à trouver un terrain neutre oii socialistes et anarchistes pouvaient se donner la main. On mit d'abord aux voix la question de savoir si le congrès était favorable à un pacte de solidarité. Douze voix se prononcèrent pour le pacte et neuf voix contre. Huit délégués s'abstinrent, parmi eux Liebknecht, le délégué allemand. On décida ensuite la création d'un bureau central de correspondance. On adopta à l'unanimité une proposition qui exprimait la nécessité d'arriver à une fédération internationale des corps d'état ou des associations professionnelles. Le pacte de solidarité fut finalement signé par les délégués de Belgique , d'Angleterre , de France , d'Allemagne , de Danemark , et par un délégué italien. Les Jurassiens et les Espagnols, en bakouninistes impénitents, refusèrent de signer.

Le congrès de Gand ne rétablit pas une union devenue impossible, mais il affirma ces trois points du système marxiste : l'État mettant seul en œuvre les moyens de travail, l'action politique du prolétariat et la fédération ou l'union internationale du prolétariat sur la base de l'association professionnelle.

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