‹ Le socialisme contemporain (volume 2)Chapitre 43 sur 74 · I II · texte numérisé non relu

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pas à cause de cette hésitation funeste qu'on leur a|{ tant reprochée , mais parce qu'ils n'ont pas assez h^ site, ou plutôt parce qu'ils n'ont pas fait les conces-lj sions voulues. Il croit à toutes les barbaries que les'

auteurs favorables à la Commune mettent à la charge de l'armée française dès l'ouverture des hostilités. Il admet sérieusement que la Commune a maintenu l'ordre. Il croit que le gouvernement a présenté la situation sous un faux jour. Selon lui, les Versaillais auraient dû reconnaître aux troupes communardes la qualité de belligérants. Enfin, l'historien de l'émancipation de la quatrième couche sociale ne sait pas s'il ne faut pas admettre que l'incendie de certains édifices de Paris fût voulu par quelques membres du gouvernement pour faire disparaître des documents compromettants pour eux.

Nous ne partageons pas l'indulgence de M. R. Meyer pour la Commune de Paris, qui est l'un des plus grands crimes de notre siècle, malheureusement trop fécond en crimes. Elle n'a respecté ni la patrie, qu'elle aurait ruinée à jamais s'il n'avait dépendu que d'elle; ni la liberté individuelle, qu'elle a mille fois sacrifiée à ses haines et à ses préventions; ni la propriété, qu'elle a atteinte par ses décrets.

Le règne de la Commune n'a guère duré que deux mois; quel régime a jamais su accumuler en si peu de temps autant d'attentats de tout genre? Dans le registre d'écrou, on compte, du 18 mars au 23 mai 1871, rien que pour les hommes, 3.632 détenus. Pour quel motif et en vertu de quel droit ces hommes ont-ils été arrêtés? Qu'on pénètre avec Maxime du Camp dans les prisons de la Commune; qu'on passe en revue le personnel de sa police et de sa justice, depuis Raoul Rigault et Théophile Ferré jusqu'au dernier agent;

qu'on interroge ses propres généraux sur son armée; qu'on tienne compte des violences sans nom exercées contre des personnes uniquement suspectes parce qu'elles avaient été jusque-là fidèles à leur devoir ; qu'on suppute enfin les pillages officiels et les énormes réquisitions; il ne sera nullement nécessaire d'en appeler à la féroce loi des otages et aux horreurs des derniers jours de la Commune, pour reconnaître que Maxime du Camp a tracé un portrait pris sur le vif dans les lignes suivantes :

« Je n'ai dit que la vérité sur la Commune , mais je n'ai pas dit toute la vérité. Celle-ci est parfois si particulièrement monstrueuse , elle révèle des actes de férocité, de débauche, de perversion tellement effroyables, que dans bien des cas j'ai dû garder le silence par respect pour moi-même. Toute la ménagerie des passions mauvaises avait brisé sa cage pendant la Commune, et, durant deux longs mois, s'est vautrée en pleine bestialité au milieu du bouleversement moral le plus extravagant que jamais l'histoire ait eu à constater. On ne peut reprocher à la Commune d'avoir été hypocrite ; elle ne s'est point dissimulée ; elle a été très franche. Comme une prostituée sans vergogne, elle a tout fait voir, et l'on a été surpris de la quantité d'ulcères qui la rongeaient... On a dit que mon livre avait été une œuvre de polémique; on s'est trompé. Les faits de la Commune échappent à la politique et appartiennent exclusivement à la criminalité ^ . »

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