Zacher, Die rothe Internationale ^ p
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dans des temps extraordinaires et qui par leurs actions savent enthousiasmer les hommes par centaines de mille^ et elle ajouta : « A l'œuvre donc ! Frappez comme à Stuttgart !... Certes , il ne s*agit plus de ne pas troubler un office religieux; il faut simplement extirper la religion avec tout ce qui tient d'elle. Gare à la prétraille, le jour où le drapeau rouge flottera au faite de ses boutiques ! On coupera les prêtres en morceaux et on les jettera en pâture aux chiens. »
L'Amérique ne tolérait pas seulement queTanarchisme fanatisé poussât ces cris de rage ; elle fabriqua encore les armes et les engins de destruction qu'il employait. La Gazette de la Croix de Berlin emprunta, aamois de juin 1884, les renseignements qui suivent à T/ron Age, une petite feuille américaine.
« On construit à New-York et à Philadelphie, souvent sous les yeux de l'autorité, des machines infernales de tout genre. Chaque jour sortent des ports de ces villes environ douze appareils de la force de ceux qui devaient faire explosion , il y a peu de temps , à Londres dans le palais du gouvernement. Il peut arriver quelquefois qu'une machine soit découverte au moment même du chargement; mais les autres échappent à tout contrôle. »
Suit une description détaillée de sept sortes différentes d'engins de destruction, les uns plus terribles que les autres. VIron Age continue:
« On demanda récemment à un fabricant quelle influence exercerait sur l'état de ses affaires les lois de prohibition, devenues plus sévères. — « Aucune ! » ré-
pondit-il. « Mes machines ne deviennent des ma- « chines infernales que lorsqu'on les charge. On peut, « du reste , convertir tout en machine infernale , une « orange , une robe , un chapeau , une pelle , une livre « de sucre. La loi est impuissante contre moi. » Les commandes de machines infernales deviennent de jour en jour plus nombreuses. Toutes les sociétés révolutionnaires ont leurs représentants à New-York, non seulement celles de FEurope , mais encore celles du Mexique et de l'Amérique du Sud. On expédie, de Philadelphie à Saint-Domingue et à Haïti, beaucoup de montres qui ne sont remontées que tous les huit jours ou tous les trente jours *. »
Cette page de Ylron Age n'est pas moins caractéristique que celles que nous avons empruntées à la Freiheit, Le journal qui excite au meurtre , le fabricant qui , pour l'amour d'un gain sordide , fournit les engins de mort et de destruction qu'il sait devoir servir au crime, et l'anarchiste , armé de la machine infernale , sont dignes tous les trois l'un de l'autre. Nous plaignons le pays et le siècle qui les produisent.
C'est Chicago qui devait voir Tanarchisme à l'œuvre. Les manifestations ouvrières en faveur de la journée de travail de huit heures , le l®' mai 1886 , y avaient été très agitées. L'organe des anarchistes , la Arbeiter- Zeitung, avait dit : « L'anarchisme est le seul moyen pour les ouvriers de briser les chaînes dans lesquelles les capitalistes les retiennent; il est la seule voie qui mène à la liberté. C'est le revolver dans une main, le