INTRODUCTION XV
et libres : associations diverses ayant les objets les plus différents, intellectuels, moraux, matériels, pécuniaires. Dans un système socialiste où l'État pourvoirait à toute la production, se chargerait de soulager toutes les misères et d'éclairer tous les hommes, l'individu n'aurait plus à contracter aucune de ces relations bénévoles et variées. Affranchi de devoirs particuliers envers autrui, privé de toute initiative en face de l'État omnipotent et pourvoyeur de tout, il serait, plus qu'aujourd'hui, de la poussière humaine. ,
Pour l'économie politique bourgeoise donc, socialisme et étatisme sont à peu près synonymes : le socialisme, c'est l'étatisme aboutissant à l'absorption par l'État, non seulement de toute individualité, mais de toute collectivité autonome ou indépendante.
Mais si nous nous adressons maintenant à des socialistes, et spécialement aux deux théoriciens, Engels et Marx, qui ont exercé une influence prépondérante sur le développement doctrinal du socialisme contemporain, sur l'élaboration des déclarations de principes et du programme des partis affiliés à l'Internationale, la réponse va être toute différente.
Pour les marxistes, en effet, le socialisme, bien loin de se confondre avec l'étatisme, en est le * contre-pied. Son but final, ce n'est pas l'omnipotence de l'État, mais bien au contraire son abolition.
Dans le livre L'Origine de la Famille, de la Propriété privée et de l'Etat, publié en 1884,