‹ Le socialisme contre lE̓tatChapitre 11 sur 64 · XVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XVI INTRODUCTION

où Engels, faisant ce que la mort avait empêché Marx de faire lui-même, résume, en un traité de vulgarisation, les résultats de leurs recherches communes, il dit :

L'État n'existe pas de toute éternité. Il y a eu des sociétés qui se sont passées de lui, qui n'avaient aucune notion de l'État et de l'autorité de l'État. A un certain degré du développement économique, qui était nécessairement lié k la scission de la société en classes, cette scission fit de l'État une nécessité. Nous nous rapprochons maintenant k grands pas d'un degré de développement de la production où non seulement l'existence de ces classes a cessé d'être une nécessité, mais où elle devient un obstacle positif k la production. Les classes disparaîtront aussi facilement qu'elles ont surgi. Et avec elles s'écroulera inévitablement l'État. La société, qui organisera de nouveau la v production sur les bases d'une association libre et égalitaire des producteurs, transportera toute la machine de l'État lk où elle sera dès lors à sa place : dans le musée des antiquités, k côté du rouet et de la hache de bronze.

La netteté de ce texte ne laisse rien à désirer : le socialisme, tel que l'exposent les maîtres de la doctrine, n'est donc pas étatiste, mais bien au contraire anti-étatiste.

Comment se fait-il, dès lors, que la notion vulgaire du socialisme puisse être exactement le contre-pied de ce qu'enseignent ses principaux théoriciens?

Pour le comprendre, il est indispensable de compléter la pensée de Marx et d'Engels, en rapprochant du texte que nous venons de citer

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