XLVIII INTRODUCTION
Critique syndicale de la démocratie », publié en 191 1 par le Mouvement socialiste :
En mettant l'accent sur la valeur du syndicat, nous n'avons pas nié la tâche du parti socialiste. Nous lui avons donné simplement un rôle limité : reconnaître la priorité des formations ouvrières dans l'élaboration des f valeurs socialistes et proclamer la relativité de sa propre tâche ; limiter ensuite son action au domaine de la politique pure, que n'atteint pas le syndicalisme; enfin, réduire la puissance de l'Etat, en réorganisant les services publics sur des bases syndicalistes.
De telles idées, assurément, ne vont pas directement à rencontre des déclarations de principes qui se trouvent au programme des divers partis socialistes. Elles n'empêchent point les socialistes qui « mettent l'accent sur la valeur du syndicat » de faire partie des mêmes groupements que d'autres socialistes, qui attachent une importance plus grande à l'action politique, voire à l'action parlementaire.
Néanmoins on ne saurait méconnaître que, du point de vue des principes, comme des méthodes, il y ait de la marge entre le socialisme ainsi compris et le socialisme traditionnel, issu du manifeste communiste.
Pour mieux nous en rendre compte, d'ailleurs, le mieux sera de confronter les thèses de Lagardelle avec celles des socialistes français qui, sous l'influence de Jules Guesde, combattent avec le
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plus d'énergie les tendances « syndicalistes » et se glorifient d'être les disciples les plus fidèles de Marx et d'EngeJs.
N'oublions pas, cependant, que plus d'un demisiècle a passé depuis le Manifeste, que l'unification des forces socialistes est, en France comme ailleurs, le résultat de compromis théoriques et. pratiques entre des tendances divergentes ; que, par conséquent, il devient difficile aujourd'hui d'opposer nettement le guesdisme, adaptation française du marxisme, soit au socialisme à tendances réformistes, soit au socialisme à tendances syndicalistes. Par contre, l'opposition de ces tendances devient très nette lorsque, remontant à quelques années en arrière, comme nous l'avons fait pour le syndicalisme et le réformisme, nous nous reportons à la Déclaration de principes du Parti ouvrier français, fondé en 1880 par Guesde et Lafargue, sous l'inspiration directe et avec la collaboration doctrinale de Marx et d'Engels.
Dans le préambule théorique de ce programme, où sfe retrouvent toutes les idées essentielles du Manifeste, il est affirmé que « l'appropriation collective des moyens de production (terres, usines, navires, banque, crédit, etc.) ne peut sortir que de l'action révolutionnaire de la classe productive, du prolétariat organisé en parti distinct » et qu' « une pareille organisation doit être poursuivie par tous les moyens dont dispose le prolétariat, y compris le suffrage universel, transformé
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