L INTRODUCTION
ainsi d'instrument de duperie qu'il a été jusqu'ici en instrument d'émancipation »..
Il est à peine besoin d'insister sur la différence entre cette conception et celles du socialisme syndicaliste ou du socialisme réformiste, tant au point de vue du but à atteindre que des moyens à employer.
En ce qui concerne, d'abord, la prise du pouvoir politique, les fondateurs du parti ouvrier ne croyaient pas plus à l'efficacité de la grève générale conçue comme le moyen de faire la révolution sociale, qu'à la conquête graduelle de l'État par la seule vertu du suffrage universel.
Ils n'ont point d'ailleurs changé d'avis sur ce point.
Guesde déclarait notamment, lorsqu'en 1907, au Congrès de Nancy, il discutait avec Lagardelle :
Contrairement k ce que d'aucuns prétendent, je n'ai jamais subordonné l'émancipation du prolétariat à son avènement électoral ou légal.
Jamais je n'ai laissé croire une seule minute aux travailleurs, soit dans ma propagande générale, soit dans mes campagnes à l'appui de candidatures posées par des camarades, que le bulletin de vote pouvait suffire à les affranchir; l'année dernière encore, k Reims, pendant toute la période électorale j'ai été répétant que les élections ne sont qu'un moyen d'organiser le prolétariat : ce sont ses grandes manœuvres. Il prend, lk, conscience et mesure de sa force, en même temps qu'il se rapproche de la position à emporter, jusqu'k ce que, d'une poussée de 2, 3, 4 millions de voix, plein de confiance en lui-même, il donne le coup d'épaule