LES SYNDICATS INDUSTRIELS POUR LIMITER LA PRODUCTION
Une nouvelle forme de l'association : les syndicats entre industriels pour limiter la production et ïixer les prix. — II. Histoire du syndicat international des fabricants de rails d'acier. — III. Légalité de ces syndicats en France. — IV. Leur avenir économique. — V. Essais de mainmise de l'État en Allemagne sur la direction de l'industrie. — VI. Sociétés d'exportation et comptoirs de vente.
Les transformations opérées de notre temps dans les conditions de la production et des échanges font naître spontanément des combinaisons industrielles qui, peut-être, donneront le jour à de nouvelles institutions, mais qui peuvent aussi être éphémères et répondre seulement à une phase transitoire dans l'époque de réajustement économique que nous traversons. Parmi ces combinaisons sont les syndicats formés entre industriels four régulariser la production.
Les crises de surproduction sont la maladie périodique de notre organisation économique. Quel que grand que soit l'essor de la consommation, souvent il n'arrive pas à absorber tous les produits créés par l'amélioration des procédés industriels (1). Le mal est
(1) Malgré l'emploi de plus en plus général de la houille, la production des combustibles minéraux et du coke subit depuis
beaucoup moindre que les arrêts de production industrielle et agricole si fréquents dans lancien régime du travail; mais tous les palliatifs, qui peuvent modérer ses ravages, doivent naturellement appeler l'effort des intéressés. Sans doute quand, à la suite d'une période de prospérité, les moyens de production ont été multipliés dans une industrie au delà des besoins normaux de la consommation, les usines les moins bien situées, celles qui produisent le plus chèrement, doivent disparaître. Toutefois il est fort naturel que les industriels menacés cherchent à se maintenir en attendant une reprise. Leurs confrères eux-mêmes ont avantage, quand il y a des chances pour cette reprise, à empêcher la liquidation de ces entreprises. Ils évitent qu'elles ne soient achetées à des prix inférieurs à leur coût d'établissement par de nouveaux venus, qui, ayant un moindre intérêt à servir à l'outillage, leur feraient ensuite une redoutable concurrence.
Depuis 1873, les grands industriels allemands ont formé, dans ce but, des syndicats temporaires qu'ils appellent Kartelle. Ils n'étaient pas inconnus avant eux et nous en indiquerons tout à l'heure pour la France qui remontent à une époque bien asitérieure. Mais c'est de l'autre côté des Vosges qu'ils sont en ce moment le plus nombreux et que l'opinion les envisage avec le plus de laveur.
Ils se produisent généralement sous le patronage des associations formées depuis longtemps entre les grands industriels pour l'étude et la défense de leurs
1882 une crise de surproduction, duc surtout à ce que des procédés nouveaux ont réalisé de grandes économies dans la consommation de ces combustibles. C'est un exemple saillant des souffrances passagères que causent à certains groupes humains des progrés évidemment bienfaisants à la lonoue.