‹ Le socialisme d'état et la réforme sociale; (volume 2)Chapitre 15 sur 45 · SYNDICATS POUR LIMITER LA PRODUCTION · texte numérisé non relu

SYNDICATS POUR LIMITER LA PRODUCTION

concurrence des compagnies françaises et allemandes, elles transportent les mômes marchandises à un tarif très inférieur au Havre et à Hambourg, ce qui soulève de vives plaintes de la part des négociants anglais. C'est là une coalition passagère, qui, si elle n'est pas déjà tombée, doit iorcément disparaître au bout de peu de temps. Entre l'Australie et Londres, où il n'y a pas de concurrence étrangère, depuis dix ans un syndicat établi entre douze compagnie do transport règle souverainement les frets.

Si dans ce cas le monopole paraît préjudiciable aux intérêts généraux, il en est autrement de la décision prise en septembre 1888 par V United cotton spinners Associaùon de Manchester, qui, en présence de la rareté du coton américain disponible à Liverpool, a décidé de diminuer le nombre des heures de travail pour éviter une hausse exagérée de la matière première. La sagesse de cette décision a fait (|ue même les fabricants restés en dehors dé l'association s'y sont conformés.

L'industrie du fer, par sa constitution même et l'utilité qu'il y a pour elle à régulariser sa production, se prêle particulièrement à ces combinaisons. Les maîtres de forges du district de Middleborough ont, en 1887, relevé par un pool les prix de la foute. Les fabricants de rails d'acier de Gleveland ont formé depuis longtemps un syndicat qui fonctionne à la satisfaction de tous les intéressés. 11 a servi de base à une des plus importantes combinaisons de forces économiques qui se soient jamais produites et dont nous allons dire brièvement l'histoire.

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La concurrence étrangère est la défense naturelle des consommateurs contre ces syndicats dont nous avons fait ressortir le côté avantageux, celui de la régularisation de la production, mais qui, s'ils dépassent cet intérêt de défense, peuvent constituer des monopoles dangereux pour le bien public. Or ces syndicats essayent parfois de supprimer ce frein par des ententes internationales.

Tel a été l'objet d'une convention formée au commencement de 188i pour une période do trois ans entre les fabricants de rails d'acier d'Allemagne, à l'exception de deux, les fabricants anglais, à l'exception d'un seul, et tous les fabricants belges.

Toutes les commandes reçues de l'élranger, a dit M. Smith, directeur de la Cumberland Steel Company, devant la commission (.renqucte sur la dépression du commerce, sont partagées dans la proportion de (i6 pour iOO pour la Grande- Bretagne, 27 pour 100 pour l'Allemagne et 7 pour 100 pour la Belgique. Llnde est considérée comme une partie de l'Angleterre et par conséquent réservée aux Anglais ; mais les autres colonies anglaises sont considérées comme pays étrangers. Dans l'intérieur de la Grande-Bretagne le même principe est appliqué. Chaque compagnie est autorisée à fabriquer une certaine quantité de rails d'après l'état de sa production antérieure et a droit à une proportion correspondante tant dans les commandes nationales que dans la part allouée à la Grande-Bretagne dans les commandes étrangères. Le conseil de l'association a réglé les prix et les a élevés de 4 liv. sterl. la tonne à 4 liv. 15 shillings. Chaque compagnie peut accepter un ordre à un plus haut prix et en bénéficier, mais le montant de cette commande est impu'é sur sa part dans la production totale et est porté à

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