SY.ND1CAÏS POUR LIMITER LA PRODUCTION
son compte débiteur sur les livres de l'association. Si Ton craint qu'une usine étrangère à la combinaison obtienne une conmiande, l'association désigne un membre pour entrer en concurrence avec elle et lui permet de livrer à moins de 4 liv. 15 shill. la tonne : la différence lui est payée par l'association. En fait, la concurrence des fabricants français et de quelques autres a })ermis de réaliser seulement le prix de 4 liv. 13 shill. ; la différence de deux sliill. a été employée à payer des indemnités aux membres qui ont dû accepter des commandes à bas prix. En somme, Passociation a été un succès. Elle a préservé de la ruine un certain nombre de compagnies, a permis de connaître la demande réelle de rjils et de régler la production en conséquence. Mais la majorité des fabricants anglais trouve que la part de PAllemagne est trop forte; ils sont disposés à entrer en concurrence avec elle quand la convention sera à terme, à moins qu'elle ne se contente d'une part moindre dans les débouchés étrangers.
Le syndicat inteniational ne s'est pas reconstitué en effet après son expiration en janvier 188G. Toutefois, après deux ans d'interruption, des négociations actives sont engagées au moment où nous écrivons (septembre 1888) pour reconstituer le syndicat (1).
En attendant, le syndicat des usines sidérurgiques
(1) V. The Economist du 8 septembre 1888. Dans son nuniLTO du 26 mai 1888, p. GG8, ce journal signale les spéculalions qui se produisent sur les actions des usines de rails, selon que les bruits de reprise du syndicat sont démentis ou affirniùs. La spéculation sur les valeurs industrielles à la Bourse ou sur les existences de marchandises sur les marchés est un dos aspects nouveaux que prennent ces syndicats internationaux. L'accord entre les principaux producteurs est en effet, dans certains cas, précédé par l'acquisition à la Bourse des actions des usines par un groupe de spéculateurs. Ils deviennent alors maîtres de la direction des diverses entreprises et les font entrer ensuite dans la combinaison. Telle a été la première base du grand syndicat des cuivres, qui s'est formé en France à la fin de 1887, et qui cherche à dominer
austro-hongroises et celui des usines allemandes ont conclu, en mai 1888, un accord aux termes duquel les usines allemandes s'interdisent de faire concurrence en Autriche aux usines austro-hongroises, et celles-ci s'engagent à ne pas disputer des commandes aux usines allemandes dans leur pays. Les exportations en Roumanie sont complètement abandonnées aux Allemands ; les Autrichiens se réservent la plus grande partie des exportations en Serbie (1).
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En France, les raflineurs de sucre sont syndiqués depuis longtemps. M. Lccour-Grandmaison a décrit, à la Chambre des dépuiés, dans la séance du :^3mars 1886, leurs procédés en ces termes qui n'ont soulevé aucune contradiction :
Il existe à Paris sous le nom assez bizarre de Consortium un syndicat deiaffîneurs qui prétend non seulement régler souverainement le prix des sucres, mais encore limiter en France la fabrication des sucres raffinés. Le syndicat parisien a toujours eu la prétention d'étendre son autorité non
dans le monde entier le marché de ce métal. L'intérêt attaché à une régularisation de la production risque dans ce cas de disparaître à un moment donné devant l'/ntérêt que les détenteurs des actions ont à les écouler dans le public à un prix surélevé artificiellement.
D'autres fois des sociétés se forment régulièrement, en la forme commerciale, pour acheter les actions des entreprises similaires établies en divers pays, et elles régularisent ou compensent les inégalités de leur production. Ce genre d'association, qui commence à peine à se former et qu'il ne faut })as confondre avec les cornevi, les pools ou les syndicats de spéculation, reçoit le nom singuher d' Omnium.
(1) V. The Economist, 19 mai 1888.