‹ Le socialisme d'état et la réforme sociale; (volume 2)Chapitre 17 sur 45 · SYNDICATS POUR LLMITER LA PRODUCTION · texte numérisé non relu

SYNDICATS POUR LLMITER LA PRODUCTION

seulement sur les raffineries de la capitnle, mais sur celles des ports; celles-ci ont généralement résisté an Consortium ; plusieurs d'entre elles sont mortes, d'autres ont fini par se soumettre. Les raffineiirs de Marseille ont jusqu'à présent résisté. Le syndicat, pour les punir de cette résistance, a décidé que Marseille serait considéré comme ne faisant plus partie du territoire français et qu'on lui appliquerait les prix d'exportation ; de telle sorte que le sucre raffiné vaut à Marseille do fr., tandis que nous le payons à Paris 100 et 101 fr. ^'-'

L'honorable député montrait ensuite comment les tarifs de chemins de fer à base kilométrique décroissante rendaient possible au Consortium l'écrasement des raffineries de province ou finissaient par amener leur capitulation. Celles qui sont entrées dans la combinaison ne doivent pas dépasser une certaine production par jour : en échange, l'approvisionnement d'un rayon local déterminé leur est abandonné. La résistance des grandes raffineries marseillaises a toutefois empêché jusqu'ici le Consortium d'atteindre complètement son but, qui est de faire hausser sensiblement le prix du sucre pour les consommateurs finançais et d'abaisser le prix du sucre exporté à l'étranger.

Les compagnies d'assurance sur la vie et contre l'incendie, après s'être (ait concurrence pondant qr.e'ques années, ont adopté en 1881 des tarifs uniformes; elles viennent d'en fixer un pour l'assurance en cas ce guerre.

Nos industries sidérurgiques n'ont jamais pu arriver à une organisation centralisée ni à une entente sur les prix, malgré plus d'une tentative faite en ce sons (1).

(1) Un projet d'entente entre toutes les usines travaillant le

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Leur situation géographique crée entre elles des oppositions d'intérêts que la protection douanière et le régime si débattu 'des admissions temporaires accentuent encore. Elles forment seulement divers groupes locaux constitués diversement. Le plus remarquablement organisé est celui de Longwy. Il a établi un comptoir de vente, qui distribue les commandes entre les diverses usines syndiquées et exige un prix supérieur au tarif commun, quand l'acheteur demande une marque particulière. De leur côté, les maîtres de forges du Nord et du Pas-de-Calais fixent les prix dans des réunions trimestrielles, mais sans réglementer la production. Au moment où nous écrivons ces lignes , une entente s'est établie, entre le groupe du Nord et le groupe du Centre pour se partager la clientèle par zones et établir dans chaque zone restée commune des prix identiques. Mais le groupe si important de l'Est est. jusqu'à présent, resté en dehors (1).

Les hlateurs de laine des Ardennes, les filateurs de lin du Nord, les fabricants de produits chimiques ont,

fer et l'acier en France, pour limiter leur production et permettre un relèvement des prix, est en ce moment même à l'étude. Nos industries sidérurgiques se trouvent dans une situation anormale par suite do la confiance aveugle qu'elles ont eue en 1878 dans le plan de M. deFreycinet, qui leur promettait pour dix ans une somme fabuleuse de travaux publics. Elles ont augmenté leur outillage au delà de toute raison, et, quand ce plan chimérique a dû être abandonné, elles se sont trouvées écrasées par un engagement de capital excessif. Les prix du fer et de l'acier sont tombés à un taux qui n'est plus rémuné- ]-ateur. Les quelques établissements qui peuvent exécuter les commandes de la marine et de l'armée continuent seuls à. faire des profits.

(l)Pour qu'une entente dece genrefût stable, ilfaudraitqu'elle fût arrêtée de concert avec les marchands de fer de l^iris. C'est (le ce côté que sont venues jusqu'à présent les plus grandes difficultés.

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