‹ Le socialisme d'état et la réforme sociale; (volume 2)Chapitre 3 sur 45 · VIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VIII INTRODUCTION

ment avec notre stérilité sur le terrain économique. Il semble que la force intime de renouvellement, qui existe dans l'ordre social ainsi que dans les corps physiques, soit épuisée par Tétat de fièvre politique dans lequel nous vivons depuis un siècle, morbus co7nitialis , comme l'a appelé un grand évêque I

Les œuvres relevant directement et exclusivement du zèle religieux montrent seules de la vitalité en France. C'est un honneur pour le caractère national et un trait de la vocation historique de notre pays. La France semble avoir toujours eu le ministère de la charité et elle a su, à toutes les époques, en approprier les formes aux besoins nouveaux. Au treizième siècle, Guy de Montpellier fondait l'ordre du Saint- Esprit, qui couvrit l'Europe de ses hospices et qui, par ses confréries, eut une part importante dans le développement des libertés communales. Au dix-septième siècle, quand la crise économique du siècle précédent et le Protestantisme avaient ruiné les fondations anciennes, saint Vincent de Paul étabUt les prêtres de la Mission, les filles de la Charité, les associations paroissiales de Daines de charité, et il donna, pour plus de deux cents ans , à toutes les œuvres d'assistance et d'enseignement populaire une impulsion qui se propagea bien au delà de nos frontières. La

INTHODIIGTION IX

Révolution fait de nouvelles ruines, et dès que la Société a repris possession d'elle-même, Ozanam fonde les conférences de Saint-Vincentde~Paul, qui ont servi de point de départ à tout le mouvement social catholique dont nous voyons l'épanouissement.

Ces glorieux souvenirs, ces consolantes réalités du présent doivent sans doute affermir notre confiance dans l'avenir de notre grand et malheureux pays. Ils ne sauraient cependant nous faire perdre de vue le grave symptôme que nous venons de signaler; car ces œuvres, si nobles et si méritoires qu'elles soient, ne suffisent pas pour assurer dans ce monde la force de notre race au milieu de la formidable concurrence vitale qui caractérise en ce temps-ci les rapports des nations. Ce n'est pas seulement dans les jeunes empires des nouveaux continents que la vie sociale s'épanouit avec une fécondité répondant à leurs progrès matériels. A côté de nous, d'importantes réformes législatives ont été réalisées chez les peuples nos rivaux. Des institutions économiques nouvelles se sont formées en Angleterre et en Allemagne, pendant que nos Godes vieillissaient et que nousmêmes restions immobiles, comme bloqués par nos préjugés.

C'est là un fait considérable sur lequel l'attention ne saurait être trop attirée. Nous avons, pour

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