‹ Le socialisme d'état et la réforme sociale; (volume 2)Chapitre 4 sur 45 · X INTRODUCTION · texte numérisé non relu

X INTRODUCTION

notre part, essayé de le faire, depuis plusieurs années, dans les études que nous réunissons dans ce volume, en les complétant par les données statistiques les plus récentes.

III. — Il nous a aussi semblé opportun, au moment où les Chambres vont sans doute discuter de nouveau de nombreux projets de loi relatifs aux ouvriers, de rappeler les principes du droit naturel qui doivent dominer ces débats et de rapprocher les expérimentations nouvelles proposées des données de l'expérience permanente du genre humain.

L'observation comparée des faits, selon la méthode dont Le Play a fixé les règles, est le meilleur moyen de démêler le vrai d'avec le faux dans les théories édifiées sur les phénomènes si complexes de l'ordre économique. Elle est le guide le plus sûr pour nous indiquer ce qui, dans les institutions des autres peuples, peut être transporté utilement chez nous et pour nous aider à rester fidèles au génie national en imitant judicieusement l'étranger.

11 importe que les gens de bien n'usent pas leur bonne volonté dans le vide et surtout qu'ils ne se fassent pas inconsciemment les propagateurs de formules vagues, d'expressions mal définies, qui, entendues dans leur sens, ne pourront jamais désarmer la passion socialiste et quinéammoins afllii-

INTRODUCTlOiN XI

blissent gravement la défense sociale en augmentant le désordre général des idées.

L'œuvre de la réforme ne se fera point par des parades oratoires ni par des attitudes de parti. Elle ne peut s'accomplir que par des œuvres positives de bien. La plupart de ces œuvres émanent du dévouement chrétien, du patronage volontaire des chefs d'industrie, de l'initiative des intéressés. L'intervention de l'État est assurément nécessaire pour réprimer les abus extrêmes et pour dégager les forces sociales opprimées par suite d'une mauvaise législation ou des conditions historiques particulières à certains peuples. Ce n'est pas nous qui nierons jamais ce grand devoir de la Souveraineté, constituée selon l'ordre, ni qui affaibhrons le sentiment de son rôle capital dans la vie des nations. On en trouvera la preuve dans maintes pages de ce volume. Mais l'expérience nous apprend que l'action de l'État en présence des souffrances, des préjugés et des mauvaises passions dont se compose la question sociale, est forcément limitée. Il faut se garder d'esquisser de vastes programmes, de vouloir faire grand, comme on disait sous l'Empire. Prendre une à une les difficultés économiques propres à chaque pays et redresser les abus qui s'y produisent avec des caractères incontestables d'intensité et de généralité, voilà la tâche du législateur.

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