BIOGRAPHIE DE PECQUEUR
Constantin Pecqueur est né à Arleux, dans le département du Nord, le 26 octobre 1801.
Il se jeta de bonne heure dans la vie de publiciste, où une érudition solide et une grande ardeur au travail lui obtinrent rapidement des succès. Il fournit de nombreux articles à tous les journaux de l'époque qui mettaient en circulation les idées nouvelles : Le Phalanstère^ le Globe, la Presse, ta Réforme, la Revue Indépendante, la Revue du Progrès...,
Ses idées de réforme sociale le poussèrent vers les écoles socialistes d'alors. Il fut d'abord saint-simonien (1), mais le saint-simonisme lui déplut bientôt par sa théocratie autoritaire. Avec un groupe considérable de transfuges, il passa au fouriérisme et devint un des collaborateurs les plus vigoureux du Phalanstère (2). Mais il tenait d'une profonde éducation chrétienne la croyance à la nécessité d'une solide morale spiritualiste comme fondement de la réforme sociale ; aussi se détacha-t-il bientôt également du fouriérisme.
S'affranchissant alors de toute école, il se créa des idées nouvelles et se composa une doctrine personnelle.
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Son premier ouvrage parut en 1836. Il a pour litre : Economie sociale : Des intérêts du Commerce, de T Industrie, de r Agriculture et de la Civilisation en général, sous rinfluence des applications de la vapeur. Cet ouvrage fut couronné en 1838 par l'Académie des Sciences morales et politiques. Ses idées personnelles commencent à s'y faire jour.
Il publia en 1840 un traité Des Améliorations matérielles dans leurs rapports avec la liberté, où Ton retrouve ^ces idées; mais c'est surtout en 1842 qu'on trouve sa doctrine définitivement organisée dans son ouvrage principal : Théoiie nouvelle d'Economie sociale et politique, ou Etude sur l'organisation des sociétés modernes.
Son petit traité : De la République de DieUy ou union religieuse pour la pratique immédiate de l'égalité et de la fraternité universelles, paru en 1843, reproduit brièvement les idées qu'il a exposées dans les ouvrages préj^cédents.
11 publia en outre d'autres ouvrages moins importants sur des points spéciaux : on y trouve des applications de sa théorie. Dans ses Lettres adressées au Ministre des travaux publics sur la législation et le mode d'exécution des chemins de fer (1840), il demande l'exploitation des chemins de fer par l'Etat.
Son ouvrage De la Paix, de son principe et de sa réalisation, est un plaidoyer en faveur de la paix un iverselle qu'il prétend obtenir par l'arbitrage entre nations et parla fédération des peuples.
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Il propose aussi de transformer les armées permanentes en milices nationales et en légions industrielles ; c'est le sujet de son traité : Des armées^ dans leurs rapports avec F industrie^ la morale et la liberté^ ou des devoirs civiques des militaires (1842).
Enfin il collabora au Dictionnaire de la Conversation et de la Lecture et à l'Encyclopédie du Z/Z® siècle.
En 1 840, il entra dans la politique active par une brochure ardente : Appel aux électews à propos de la réforme électorale . ?
En 1848, il fut nommé rédacteur à la Commission du travail, qui siégeait au Luxembourg, puis sous-bibliothécaire de l'Assemblée nationale : mais il n'y resta pas après le Deux-Décembre.
Il essaya en 1849 de fonder un journal : Le Salut du peuple, mais ce fut sans succès ; il n'en parut que quelques cahiers seulement.
Il quitta alors Paris et se retira à Taverny-Saint-Leu^ (Seine-et-Oise), où il vécut dans la retraite et dans le travail.
11 ne publia plus dès lors aucun ouvrage, mais à sa mort il laissa cependant la matière d'une trentaine d'ouvrages, traitant de questions philosophiques, morales, politiques et économiques (1). La pauvreté et l'isolement en ont empêché la publication. Parmi ces travaux on trouve : Traité sur le libre arbitre ; — Traité sur la
(1) Benoit Malon, Revue Moderne^ 1886: « G. Pecqueur d'après ses œuvres ».