‹ Le socialisme de PecqueurChapitre 8 sur 10 · L*ÉTAT ET LA PRODUCTION · texte numérisé non relu

L*ÉTAT ET LA PRODUCTION

aura plus qu'un seul vendeur nullement préoccupé de réaliser un bénéfice. Ces observations peuvent être justes en ce qui concerne les objets de première nécessité, mais on peut se demander si, en général, la statistique et l'abonnement sont capables de valoir le mouvement spontané des prix tel qu'il se manifeste dans nos sociétés : cela est très douteux.

11 faut donc compter quand même sur les oscillations entre l'offre et la demande et Pecqueur en débarrasses! peu son esprit que si, pour une cause quelconque, la rareté se fait sentir dans un genre de marchandises, d'ordinaire assez abondantes pour fournir à la consommation, et qu'on ne puisse les donner au prix de revient, le prix vénal sera combiné avec l'abondance de la demande (1). Il prévoit donc que non seulement les produits dont l'intensité de consommation est difficile à prévoir pourront être insuffisants, mais aussi que pour les produits dont la consommation est moins rare, la quantité peut ne pas répondre au besoin social. Dans un cas comme dans l'autre, il ne voit qu'un moyen, c'est ^ d'élever le prix vénal en raison de la demande.

Est-ce que cela ne dissout pas littéralement l'équivalence en travail ? N'est-ce pas se jeter à soi-même de la poudre aux yeux que de dire que les produits seront en raison delà demande cotés un peu plus haut que leur prix de revient après avoir affirmé que le prix de revient

(1) Pecqueur, Théorie nouvelle^ p. 740.

se confondait en quelque sorte avec le prix de vente? Dès l'instant que l'utilité intervient dans l'établissement des prix, c'est elle qui devient la loi fondamentale, même quand il y aurait égalité entre le prix de revient et le prix de vente, et alors le prix de revient ne joue plus d'autre rôle que le coût de production dans nos sociétés modernes.

Il faudra donc assez souvent payer des produits plus cher qu'ils ne coûtent, c'est-à-dire, avec le système de l'équivalence en travail, payer avec une monnaie représentant par exemple 25 heures de travail, une chose qui n'aura demandé au producteur que 20 heures de travail. Il est clair que le consommateur ne trouve pas là son compte au point de vue de l'équivalence en travail qu'on lui a promise.

Pecqueur prétend corriger cela par un moyen : les bénéfices résultant de la vente au plus ofiTrantdes choses vendues plus cher feront partie des revenus gêné-vaux (1) de l'association et serviront à grossir le dividende annuel que chacun touchera au prorata du travail qu'il aura fourni.

Mais cela ne corrige pas le défaut.

Prenons d'abord cette idée telle qu'elle se présente. Une injustice évidente apparaît aussitôt. On va distribuer ce revenu général surérogatoire au prorata du travail. Supposons que tous aient fourni la même quan-

(1) Pecqueur, Théorie nouvellCt p. 740.

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