‹ Le socialisme des ProphètesChapitre 13 sur 41 · TUE · texte numérisé non relu

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et attendent impatiemment la venue d’une ère nouvelle où la justice sera réalisée. Le messianisme, qui il y a un demi sièele n'était que le rêve nuageux des utopistes millénaires est aujourd'hui l'espérance indéfectible de la multitude misérable et souffrante. Pourquoi le christianisme se Jaisserait-il devancer par les foules à la poursuite de l'idéal des anciens voyants ? Pourquoi n'espérerait-il pas lui aussi l'avènement de la société parfaite dont Jéhovah sera le roi. Et l’on est aussi revenu au christianisme du Christ et des temps apostoliques, au christianisme messianique.

La prédication des prophètes et le sacrifice du Christ n'ont pas pour but de sauver l'individu, de le faire héritier de la vie éternelle et citoyen du ciel, mais d'établir la justice et l'amour sur la terre, de sauver la société et de préparer ainsi l’avènement du Messie qui doit revenir dans. notre monde pour faire triompher la charité de l'égoïsme, la lumière des ténèbres et la vie de la mort. De là le christianisme social.

Ce n’est pas une doctrine nouvelle quoiqu'en disent les adversaires. Les chréliens-sociaux ne prétendent avoir découvert rien de nouveau. Ils sont simplement revenus vers des vérités vieilles de trente siècles, ils n’ont fait que suivre Ja réaction de l’hébraïsme contre l'hellénisme, commencée au XV£° siècle par le retour au principe de mal radical et de justification par la foi, continuée au XIX° siècle par l'abandon du dogme et le retour au fait religieux, et que le chrislianisme du XX° siècle achèvera en revenant à l'espérance messianique au christianisme du Royaume.

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