‹ Le socialisme des ProphètesChapitre 26 sur 41 · NE ES · texte numérisé non relu

NE ES

élevés, contre toute haute tour et toute muraillé, contre les navires de Tarsis et contre tout ce qui plaît à la vue. Et l’arrogance dés hommes sera humiliée, la fierté des grands sera abaissée ; Jéhovah seul sera élevé ce jour là. (Esaïe 11.) ‘ | |

Le concert joyeux des festins, l'éclat des parures, les chants harmonieux cesseront:

Je changerai vos fêtes en deuil et tous vos chants en complaintes, je mettrai le sac sur tous les reins, je rendrai chauves toutes les têles’ et je mettrai le deuil dans le pays.»

Nul n’échappera au grand cataclysme, la patience divine est à bout, le prophète lui-même reçoit l’ordre de ne pas intercéder en faveur du peuple : |

Et toi n'intercède pas en faveur de ce peuple,

N’élève pour eux ni supplications, ni prières,

Car je ne les écouterai pas.

Quand ils m’invoqueront à cause de leurs malheurs,

Je les briserai les uns contre les autres,

Les pères et les fils ensemble, dit Jéhovah. (Jérémie VIL)

La révolution annoncée par le prophète est la plus radicale qu’on puisse imaginer. Rien ne subsistera devantle courroux de Jéhovah...Ce sont des visions horribles sur lesquelles

flotte une buée de sang.

Et je dis : Jusqu'à quanu Seigneur ?

Et il répondit : jusqu’à ce que les villessoientdésolées et sans habitants Les maisons privées d'hommes, le sol désert el dévasté…..

S'il reste un dixième du peuple il sera de nouveau détruit. (Esaïe VI.)

La terre, dans la vision de cesjusticiers inflexibles, devient un immense champ de carnage. Les cadavres couvrent le sol comme un fumier. Et au-dessus du grand sinistre, Jéhovah triomphant, préside aux solennelles rétributions.

C'est pourquoi la colère de Jéhovah s’enflamme contre son peuple, Il étend sa main sur lui et il le frappe ; Les montagnes s'ébranlent ;

Et les cadavres sont comme les balayures au milieu des rues. Malgré tout sa colère ne s’apaise point, Et sa main est encore étendue. (Esaïe V.)

AN

Ces scènes toutes débordantes de massacre nous étonnent

et nous révoltent.

Mais il ne faut pas l'oublier, les prophètes espéraient que le monde consumé renaîtrait meilleur deses cendres. Ils crurent (l'histoire leur a donné quelquefois raison) qu'une société

pourrie.et lancée dans une irrémédiable décadence ne pou-

vait être purifiée que par le feu. Dans l’état de guerre où se trouve le monde il faut quelquefois des holocaustes, des immolations épuratrices. Il fallut l'invasion barbare pour sauver de la ruine lemondeoccidental, il fallut 89 et 93 pour rendre la vie à la France épuisée par deux siècles d’absolutisme. De même il fallut, pour convertir Juda au monothéiste jéhoviste les malheurs de Sion engloutie pour l'avalanche chaldéenne et les tristesses de l’exil sur les fleuves de Baby-

lone. Sans doute la force brutale ne saurait convertir une

âme, toutes les révolutions du monde ne font pas un homme meilleur. Pour fonder le Royaume des cieux, il faut les enfantements mystérieux d’où sort l’homme rég'énéré. Et il -y a des chances pour que la société sortie de la révolution, ne soit, en dépit de toutes les institutions nouvelles guère meilleure que celle qui la précédait. Mais qu'importe au milieu de nos crises, de nos actions et de nos réactions, l'humanuité marche vers l'idéal et les temps où le Messie doit règner s'approchent. Après biendes parties manquées Jéhovah gagnera sa cause à la fin. En attendant il démontre avec une solennelle évidence par les grands cataclysmes, où les unes après les autres, sombrent les sociétés humaines que les empires fondés sur la violence « travaillent pour le néant et s’exténuent au profit du feu. »

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