S C. PRINCIPES DE LA RÉFORME INDUSTIELLE ET INTÉGRALE
Maître à 25 ou 26 ans du principe de la Réforme commerciale et d ■ l'organisation économ.que et véiidique de la Distribution, dont je no donne ici qu'une idée sommaire et bien faible, Fuurier reconnut que le problème qu'il venait de résoudre avait sa base dans la Commune, et n'était autre chose qu'une sorte d'union d intérêt des familles qui la composent, pour organiser la fonction di.-tnnutivo en constituant une Jgen ce commerciale unitaire remplaçant le morcellement du négoce actuel et toutes ses complications misérables.
Dms un cerveau au-si actif, aussi audacieux, aussi puissant, cette idée ne pouvait en rester là. D'autres se fussent contentés du vaste domaino qu'elle leur avait livré. Ses travaux, sur ce seul domaine de la réforme commerciale, partages eu vingt lots, défrayeraient et illustreraient vingt personnages, auxquels on ne refuserait pas le titre de Maîtres de la science. Fouritsr ne dit : (f L'AïSociation des intérêts commerciaux de la Commune m'a » livré la clef du système économique et véridique de la Dis- » tiibution. Voyons ce que me donnera l'Association de ses élé- » ments domestiques, agricoles, industriels, etc., c'est-a-diie
» l'Association communale sur le terrain de la Production et de » la Consommation. » Le Problème social tout entier était posé sur sa vraie base.
J'ai dit qu'un des caractères les plus remarquables du génie de Fourier, c'était cette faculté, cette puissance énorme d'abstraction et d'isolement, qui en faisait comme un esprit solitaire au milieu du choc des? idées dans l'histoire et clans l'âge con« temporain. La Théorie des quatre Mouvements, son premier ouvrage (qui est en même temps, dans l'ordre méthodique le dernier à lire, par suite d'une autre disposition propre de sa nature), porte l'empreinte de ce caractère. Dès le discours préliminaire qui en fait la préface, en décrivant sous le nom de Doute absolu et d'Écart absolu, les formes de sa méthode, il révèle, sans y penser, ce caractère si fortement réfractaire, de son génie. Fourier convient cependant que, quand il s'était posé le problème de l'Association intégrale de la commune, il en avait regardé l'étude comme un pur jeu d'esprit, partageant à ce sujet le préjugé commun d'impossibilité , tiré des obstacles invincibles que présenterait infailliblement, à l'accord de la masse associée, l'essor divergent et incompressible des passions humaines.
Néanmoins, avec cette logique qui entraîne l'idée irrésistiblement comme la barre de fer rouge engagée sous le laminoir, il prend corps à corps son problème. Il suppose que toutes les familles habitant une Commune rurale, ayant passé entre elles un Acte de Société, ont mis en Association, dans les formes légales, terres, bestiaux, instruments do travail, etc. pour cultiver et exploiter leur domaine entier unitairement, comme domaine d'unseid homme. Cette base posée, il recherche les lois naturelles des relations qui pourraient s'établir librement entre les sociétaires dans l'intérêt commun, et construit, par la pensée, l'organisation du travail convenant au régime d'une telle Association.
Bientôt, il eut séparé les fonctions par ordre de catégories ; divisé et subdivisé les travaux ; poussé jusqu'à ses détails extrêmes l'organisation de l'agriculture dans toutes ses branches, des ateliers, de la comptabilité, du commerce extérieur, de l'éducation, etc., etc....
Quel no furent pas sa surprise et son enthousiasme, lorsqu'il reconnut que ces intraitables passions, dont il avait considéré luiîrème l'incompressibilité comme la pierre d'achoppement de tout accord dans une masse humaine associée, devenaient, dès qu'on les transportait dans un milieu sociétai rement préparé, non plus des obstacles, mais d'admirables et tout puissants ressorts d'harmonie ! De quel ravissement ne fùt-il pas saisi quand, son ensemble sociétaire et unitaire construit, il vit clai-
rement que l'homme avait été crée et prédestiné pour cet état et nun pour l'état morcelé ! que l'indéchiffrable clavier des facultés, des passions et des caractères, réservé pour cet ordre de pleine sociabilité, n'avait pu et dû produire que cacophonie et discordance dans tous les ordres sociaux antérieurs, élevés sur des bases plus ou moins étroites et antisociales! quand il dût confesser qu'en doutant de la nature de l'homme et de ses passions natives il avait douté de Diou leur auteur, et qu'enfin, illuminé par l'idée la plus religieuse et la plus radieuse qu'aucun homme avant lui eût encore aperçue, il poussa Y Eurêka d'Archimè lo et s'écria : les attractions sont proportionnelles aux