‹ Le socialisme devant le vieux monde, ou, Le vivant devant les mortsChapitre 11 sur 60 · LE SYSTÈME PHALANSTÉRIEN · texte numérisé non relu

LE SYSTÈME PHALANSTÉRIEN

Des l'ayant-demière année du siècle précédent, en 4799, Foufier n'avait pas seulement posé nettement dans son vaste corveau le problèpne moderne : jusqu'à ce que la solution qu'il en donne ait été régulièrement examinée et passée à V épreuve de r Expérience^ nous avons le droit de le maintenir, et nous le maintenons, il l'avait résolu.

S a. FOUBIER.

Fourier, bien qu'il fût sans doute, comme tout homme de sens et ouvert, pénétré de la raison de son siècle, était, nous devons en convenir, en réaction violente contre la Ré/olution et contre îa Philosophie. Il n'avait vu que des erreurs dans l'une, que des horreurs dans l'autre. Il est certain que son esprit positif et réalisateur tenaiten égal mépris toutes les querelles de la politique, de la philosophie et de la théologie. Il donnait volontiers raison à ce que, dans chaque camp, les uns reprochaient aux autres. Toutes ces luttes ardentes du passé, tous ces chocs violents des idées ou des faits contemporains passaient au-dessus eu au dessous, comme on voudra dire, mais à coup sûr en dehors de lui. •

Jamais, je le crois, on ne vit sur la terre ce phénomène d'un homme aussi simple, aussi bienveillant, aussi sociable, aussi facile et ouvert, aussi comme tout le monde dans ses rapports de la vie ordinaire, et, en môme temps, aussi séparé des pr^^jugés de son siècle, aussi réfractaire a toutes les influences, aussi invulné^tble et insensible à ses passions et à ses idées, aussi iso-

léy en un mot, au centre des domaioei imaieBWw de sa pensée an ocbtone, aussi absolument seul dans la solitude profonde de son gaiâe.

5 8 («artinis, marchands de draps à Besançon, le jetèrent malgré loi (ii voulait eiitrer à l'Ecole de Méziôreii et suivre lacarr^ce du génie militaire) à Tà^e de 47 ou 4 S ans dans le commerce* Or, la vulgarité, les idussetés, lea habitudes de tromperies, de sophistications et de mensonges de cette profession, la lui avaient fait prendre en horreur. A 7 ans, à la suite d*une scène qu'il se plaisait i raconter, il avait fait, disait-il, le sera ent d Annibal contre (e Commerce, dont il n'écrivait jamais le nom sans y joindre Tépithètd de mensonger. Il tint parole.

Pendant que les dures nécessités de rémancipation bourgeoise, les aveugles résistances des privilégiés et les passions enflammées remplissaient de tèteg les paniers sanglants des guillotines françaises, Fourier découvrait et déterminait, sous le nom de Comptoirs communour et de Banques rurales^ toute la théorie de la Réforme commerciale. Les principes de cette réforme, acceptés aujourd'hui par tous les esprits éclairés, sont arrivés à maturité dans Topinion. Ils forment la base des mille et mille propositiotks relatives au crédit et aux échanges ^ui surgissent chaque jour sous ^es formes les plus diverses. Bki voici la clef :

S b. PRINCIPES DE LA RÉFORME GOnERGIALE.

Le marchand n'est qu*un intermédiaire entre le producteur et le consommateur.

Cet inteniiéfJiaire, qui n'ajouté pas un fétu à la richesse sodale, devient incessamment par le crédit propriétaire de celle richesse qui lui passe tout entière entre les mains.

La propriété interrm diav e le transforme en spéculateur. II achèto À aussi bas prix que possible au producteur, et vend aussi cher qu il peut au consommateur, rançonnant à droite et rançonnant à gauche.

Ces déprédations et la multiplication monstrueuse des parasites commerciaux, prélèvent sur le corps social un budget colossal.

Les produits arrivent aux consommateurs surchargés des re* tenues et bénéfices réalisés par les icgions d'intermédiaires, commissionnaii es, marcha dsen gros, en demi-gros, en détail et en s us-détail, entre les mains dc^squels ils passent. La concurrence quesefoiit ces innombrables improductifs les intite à exiger, d'^ la Proc'uction, des denrées dn plus en plus mauvaises sous une bonne apparence, c'eA-k dire de plus en plus sophistiquées , — et ils les sophisti^ueut eux-mômes par des procédés chaque jour plus ingénieux et plus savants.

Les ûbificatiena oommerc'ales, laftpéculation. raccaparementi Tagiitage, l'altération et la déperriition des pro 'uits disnémioé» dans de^ milliers de ptits rna;2;asins; la pullulation des mar* Ghand<s ; 1«*8 faillites et banquero'itFts, et tous les vices «^num^és dans la critique économique de Fourier, montreiit, clair coma» le jour, que notre système d^ D;stribution parasite, suce lecorps social par tous les pores, préière sur lui le plus clair des rêve* nus do Taction productive du capital et du travail, et lui infuse en échange la gangrène, par la corruption de l'esprit public, par le développement des mœurs mercantiles, du matérialisme et de rég</israe.

Le remède à toutes ces infamies, c'est la mise en rapport d> jiECT du Producteur et du Consommateur par rorganit^ation d agences communales iNTERMéoiAiRES, dépositaires et non pro-

{7riétair€s des denrées, les prenant directement aux sources die â production et les livrant directement à la consommiation; augmentant leur prix des simples frais de transport, d*tjntretien et d'administration, qui ne forment qu'une surcharge presque imperceptible. Résultats : plus défaillîtes ni de banqueroutes; plus de spéculations parasites^ d'accaparements et d'agiotage sur ! es denrées ; plus de spoliation du producteur et du consommateur ; plus de sophistication ni de fourberies possibles ; et enfin, réduction des agents improductifs du tomm^rce actuel dans dans la pro< portion de 49 sur 20, et retour de ces dix-neuf vingtièmes depa« rasites aux travaux qui créent la richesse.

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