‹ Le socialisme devant le vieux monde, ou, Le vivant devant les mortsChapitre 27 sur 60 · LES CONSEILS DE GUERRE · texte numérisé non relu

LES CONSEILS DE GUERRE

VICT9K WB1JMIE1I.

Deuxième éditk» coBtidérablemeiit aognieiitée*

Ag Citoyen pmsreiff- général de b Répnbliiiiie.

Citoyea,

J'ai ThonDenr de vous annoncer que je viens d'achever et que je compte publier très prochainement rmsvoiaE

DE LA CONSPIKATION DE BABEUF POUR l'ÉGALITÉ.

Mon héros n'a pas précisément suivi la ligne tracée par le décret salutaire qui interdit toute discussion de la propriété. Mais :

Seribitur ad narrandum wm ad probandum. J'écris pour raconter et noa pour rien prouver*

Datée de l'an premier de Fétat de sif^ge, cette dédarar tion sera-t-elle taxée de puaâiauimité? Vous n'y verrez qu'un éclatant témoignage de ma soumission aux lois de mon pays.

Comme l'a dit l'Assemblée dans une proclamation en dale du 23 juia :

LE DROIT EST DA19S L'OBÉISSANCE (p).

Je suppose, que l'histoire n'eat point, comprise dans ee que te général Cavaagnae a repris à la Uberté (q), dans l'intérêt de la République ; — semblable au chî-

Tuf gten qui ampute un membre pour faire profiter lefl autres, — avec cette âifférence ou cette analogie que le membre n'est perdu que jusqu'au jour da jugemoit et de la résurrection.

C'est l'histoire de maître Pancrace et de son oAV.

— Perdrai-je Toeil? lui dit messer Pancrace.

— Non, mon ami ; je le tiens dans ma main.

Assurément, si, comme la chose eut lieu ailleurs il y a quelques- dix-huit siècles, un homme paraissait aujourd'hui sur les rives de la Seine, et qu*il allât prêchant dans les rues et les^carrefours :

L'abolition de l'exploitation de l'homme par l'homme ;

Et !a communauté des biens ;

Injuriant les prêtres et les magistrats, traitant le» commerçants de voleurs, lançant l'anathème aux riches, soufflant dans l'àme des pauvres des espérances inarasées, vivant dans la société du baft-peuple, et n'ayimt d'ailleurs ni domicile connu, ni moyens d'existeaoe avérés;

Si, groupés autour de ce clubiste en plein vent, de noihbreux disciples se faisaient l'écho d'une doctrine subversive des lois, des mœurs, de la religion, de la famlile, delà patrie et de la propriété; mettant cette doctrine en pratique, poussant les simples à vendre leurs biens et à en distribuer le prix à tous, sehn le besoin que chacun en aurait; s'ils appliquaient sans vergogne ce conseil éminf^mment communiste du. Maître: « En quelque maison que vous entriez, demeurez-y, mangeant et buvant ce qu'on vous donnera. » — Âh ! heureusement il y a des eommissions militaires à Paris.

Je dis donc, que, si le divin Jésus, ses Sainte Apôtres et les plus illustres Pères de l'Eglise renaissaient ffarmi nous, et que, séduits par leurs paroles, nous vouussions pratiquer ou seulement propa^r leurs doctrines, nous ne poumons le faire sans violer notre droit d'o^ BÉissANCE aux lois de la République et sans voir entraver cette précieuse liberté d*aUer et de venir que la Constitution avait d'abord l'intention de nous reconnaître.

Ceci a-t-il besoin de démonstration? Peut-être. Tel se croit chrétien dont la religion consisU^ à assister aux offices, à s'humilier devant le prêtre, à s'approcher de 1$» sainte table. Quelle erreur, citoyen! etcombiea de dévotes s'enfuiraient épouvantées si, du vestibule de la religion, pénétrant dans le temple, elles étaient, sommées de pratiquer ces œuvres en l'absence desquelles la foi esH

de nulk ^râleur, an dife de saint Jacques. — * D'ailleurs, l'édaJrdssemeBt de cette thèse n*est j^as inutile an sacoès de la petite |ffécantion oratoire dont j'ai cm juste autant

Sue nécessaire de faire précéder mon travail. Permettes onc que, dans un de vos moments perdus, j'aie l'honneur de vous faire connaître le Christ et ses Apôtres.

Leurs maximes fondamentales, 6 fidèles, Tauriez-vous cru ! nous jettent en plein communisme.

Entre une infinité de citations, je prends an hasard les suivantes :

Quiconque d'entre vovs nb ekhoncb pas a tout es Qu'a a, ne peut être mon disciple, dit le Maître. (Saint Luc, XIV, 33.)

De nombreux témoins vous attesteront, que, non contents de propager cette doctrine attentatoire à la propriété et à la famille. Us la mettent en pratique. On vous prouvera que c toutes choses sont communes entre eux, > et que, parmi eux, c personne ne dit jamais que ce qu'il possède soit à lui en particulier. »

Mais peut-être d'aussi brèves citations vous paraîtrontelles suspectes. Lisons donc ensemble les Actes des

Apôtres.

Et tous ceux qui croyaient étaient ensemble dan? un même lieu, BT avaient toutes gbosbs communes ; Us vendaient leurs possessions et leurs biens et les distribucnent A TOUS SELON LE BESOIN QUE CHACUN EN AVAIT.

Et ils étaient tous les jours assidus au temple d*un commun accord ; et, rompant le pain de maison en maison, ils prenaient leurs repas avec joie et simplicité de cœur. (Act. des Ap., 11,^ 44, 45, 46.)

Et ailleurs :

Or, la multitude de ceux qui avaient cru n'était qu-un cœur et qu'une âne ; bt personne ne disatt que ce qu'il possédait FUT A LUI EN PARTICULIER, MAIS TOUTES CHOSES ÉTAIENT COMMUNES ENTRE EUX.

Il n'y avait personne parmi eux qui fût dans l^indigence ; parce que tous ceux qui possédaient des fonds de terre ou des maisons les vendaient, et apportaient le prix de ce qu'ils avaient vendu.

Ils le mettaient aux pieds des apôtres^ et on le distribuait à chacun selon qu'il en avait besoin.

Ainsi Josès, surnommé par les apôtres Barnabas, c'est-à dire fils de consolation, qui était lévite et originaire de Chypre,

Aérant un fonds de terre, le vendit et en apporta le prix et le mit aux pieds des apôtres. (Loc. cit , iV, 33, 34, 35, 36, 37.}

le TOUS entends ; l'exemple de quelques fanatiques ne prouve rien, et l'empressement qu'on met à citer ce Josès indique assez que ceux qui se résignèrent à cet abandon de la famille et de la propriété ne furent jamais nom* breux. — Le mal est bien plus grand que vous ne le pensez !

Il oe s'agit point ici, dit Salvien, d'une poignée de chrétiens. Leur i>etit nombre aurait pu affaiblir l'autorité de leur exemple. Il s'agit d'une multitude considérable de peuple, et l'on en peut juger par ce qui nous est rapporté dans les Actes ^ qu'au début même du christianisme 8 000 hommes, en deux jours, se joignirent à la nouvelle Eglise, sans compter les enfants et les femmes. Combien donc chac;ue jour ne grossit-il pas dans la suite le nombre des fidèles vivant en communauté. (Salviaa, Gont. avarit. I, 3.)

Cela vous donne à penser. Voici qui va vous décider à intervenir.

Je reprends la suite du récit.

Mais un certain homme, nommé Ananias avec Saphira, sa femme, vendit une possession.

Et il retint une partie du prix, du consentement de sa femme, et il en apporta le reste, et il le remit aux pieds des apôtres.

Mais Pierre lui dit : Ananias, pourquoi Satan s'est-ii emparé de ton cœur pour te faire mentir au Saint-Esprit et détour-

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