‹ Le socialisme devant le vieux monde, ou, Le vivant devant les mortsChapitre 30 sur 60 · LA TERRE AYANT ÉTÉ DONNÉE EN COMMUN A TOUS LES HOMMES · texte numérisé non relu

LA TERRE AYANT ÉTÉ DONNÉE EN COMMUN A TOUS LES HOMMES

PERSONNE NE PEUT SE DIRE PROPRIÉTAIRE DE CE OUÎ DÉPASSE SES BESOINS NATURELS DANS LES CHOSES QUIL A DÉTOURNÉES DU FONDS COMMUN ET QUE LA VIOLENCE SEULE LUI CONSERVE. Rappelle-toi que tu es sorti nu du ventre de ta mère et que tu rentreras égsuement nu dans le sein de la terre. (S. Ambros., serm. 64 in lue, cap. 46.)

Voulez-vous voir jasqa'où l'on peut descendre qaand on s'est une fois écarté du sentier de Tbonneur ?

« Quiconque possède sur la terre est infidèle a la loi db JÉSUS CHRIST » dit saint Augustin. [Crédit, de compiempt mun* di. Tract 9, cap. 2.) » f -ï-

Et d'un.

c La richesse et ravarice sont la source de tous les maux. » Ceci est de saint Paul.

Quant au chef d'avarice, dites vous, je suis désintéressé dans la question. En ètes-vous bjen sûr ? .

L'avarice, à parler généralementj c*est, dit saint Astere, la passion d'avoir plus que le nécessaire. (S. Asterius. homil. 3. advers) (avarit.)

Ces gens là se sont à ce point identiflés avec ces folies, qu'ils mettent parfois à les exprimer une naïveté charmante. Voyez le bon trait de comédie :

De toutes les maladies de Fâme, la plus exécrable est la funeste passion de conserver ses ricnesses. (ScUvian corU* avarU lib. 4.)

Oui, mais tout cela est sérieux, très sérieux !

Ce sera, si vous le voulez, l'histoire du serpent et de la lime, mais toujours est-il que les fondements de la société sont atteints par des discours du genre de celui-ci :

Allez, dit Jésus-Christ, et vendez non pas une partie de votre bien, mais tout ce que vous possédez, et donnez-le, non pas à vos amis, à vos parents^ à votre femme, a vos enfants ; et pNDur dire encore quelque chose de plus, ne vous en réservez rien du tout par une timide prévoyance, de peur que vous ne soyez puni comme Ananie et Saphire ; mais donnez tout aux pauvres, et employez ces richesses d'iniquité à vous faire des amis qui vous reçoivent dans les tabernacles éternels. (St-Jérôme. Lettre à Julianus,)

Voulez-vous me dire ce qui resterait de la famille? Us l'ont attaquée bien plus rudement enéore, vous le verrez dans un moment. Remarquez seulement que ce passage de saint Jérôme renferme une véritaJile menace à l'adresse

4e ceux qui ne se mettent pas nas comme la main, eux et leurs femmes et leurs enfants aussi. Et quelle menace ! le sort d'Ânanie et de Sapbire ! Procureur général, hésiteriez vous encore ?

Du reste, il dit vrai quand il invoque Tautorité de Jésusr Christ.

Donnez en aumônes ce que vous aveZy et toutes choses vous seront pures. Ç9. Luc, XI, il )

On raconte qu'un pauvre jeune homme auquel ces dangereuses prédications avaient tourné la tète (c'était du reste un homme honorable, « possédant de grands biens ») vint trouver Jésus-Christ.

Et s*étant mis à esnonx devant lui, il lut- demanda : Mon bon maître, que dois-je Taire pour obtenir la vie éternolle?

Mais Jésus lui répondit : Pourquoi m*appelles<tu bon ? U n'y a Q[!i*un seul bon, c est Dieu.

Tu sais les commandements : Ne commets point d*adttltère, ne tue point, ne dérobe point, ne dis point de faux témoignage, ne fais tort a personne, honore ton père et de ta mère.

Il répondit : Mattre, j'ai observé toutes ces choses dès ma jeunesse.

Et Jésus, ayant jeté les yeux sur lui, Taîma et dit : Va venus TOUT CB QUE TU AS et LE DONNE AUX PAUVRES, et tu auras un trésor dans ie ciet; après cela viens et sois-moi t'étant chargé de. ta croix.

Le jeune homme prouva bien qu'il n'avait pas* complet tementperdu la raison. Il s'en aUa; « tristement, » dit-on, mais enfin il s'en alla ; c car il avait de grandst biens^ » ajoute bêtement le nouvelliste.

Sur quoi Jésus-Christ fait cette méchante remarque :

Qu'il est diffcile que ceux qui ont des richesses entrait dans le royaume^de Dieu.

Et ses disciples furent étonnés de cse discours. Mais Jésus, reprenant la parole, leur dit : Mes enfants, qu'il est difficile à ceux qui se connent aux richesses d'entrer dans le royaume de Dieu !

Il est plus aisé qu'un chameau passe par le trou d^une aiguille qu'il ne l'est qu'un riche entre dans le royaume de Dieu.

Mais puisque tous, tant que nous sommes, nous avons eu le malheur d'être élevés dans des doctrines répudiées aujourd'hui par les gens de bien ; permettez que j'écrive un paragraphe à l'adresse de ceux dont l'esprit droit et le cœur pandide n'ont point su découvrir le piège qui leur est tendu. Ils mit em que la M aux mystères suffî- •ait peur leuc mériter le titre da chrétiens dans cette vie et le salut dans l'éternité. Qu'ils écoutent la brutale paiole de saint Jacques^ eli leur illusion cosseï».

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