‹ Le socialisme devant le vieux monde, ou, Le vivant devant les mortsChapitre 12 sur 64 · S C. PRINCIPES DE LA RÉFORME INDUSTIELLE ET INTÉGRALE · texte numérisé non relu

S C. PRINCIPES DE LA RÉFORME INDUSTIELLE ET INTÉGRALE

Maître à 25 ou 26 ans du principe de la Réforme commerciale et da l'organisation économique et véiidique de la Distribution, dont je ne donne ici qi-'une idée sommaire et bienfdible, Fourier reconnut que le problème qu'il venait de résoudre avait sa base dans la Commune, et n'ét .it autre chose qu'une sorte d'union d intérêt des famille-; qui la composent, pour organiser la fonction di.-tribulivc en constituant une agence commerciale unitaire remplaçant le morcellement du négoce actael et toutes ses complications misérables.

Dins un cerveau au^si actif, aussi audacieux, aussi puissant, cette idée ne pouvait en rester là. D'autres se fussent contentés du vaste domaine qu'elle leur avait livré. Ses travaux, sur ce seul domaine de la réforma commerciale, partagés en vingt lots, défrayeraient et illustreraient vingt p^-rsonnages, auxquels on ne reluserait pas le titre de Maîtres de la science. Fouritr se dit : « L'Association des intérêts comm-rciaux de la Commu le m'a » livré la clef du système éco-nomique et véridique de la Dis- » tribution. Voyons ce que me donnera l'Asssciation da ses élé- » ments domestiques, agricoles, industriels, etc., c"est-a-dii«

» l'Association communale sur le terrain de la Production et de » la Conson^mation. » Le Problème social tout entier était posé sur sa vraie base.

J'ai dit qu'un des caractères les plus remarquables du génie de Fourier, c'était cette faculté, cette puissance énorme d'abstraction et d'isolement, qui en faisait comme un esprit solitaire au milieu du choc detf idées dans l'histoire et dans l'âge contemporain. La Théorie des quatre Mouvements, son premier ouvrage (qui est en même temps, dans l'ordre méthodique le dernier à lire^ par suite d'une autre disposition propre de sa nature), porte l'empreinte de ce caractère. Dès le discours préliminaire qui en fait la préface, en décrivant sous le nom de Dovte absolu et (V Écart absolu, les formes de sa méthode, il révèle, saiss y penser, ce caractère si fortement réfractaire, de son génie. Fourier convient cependant que, quand il s'était posé le problème de l'Association intégrale de la commune, ii en avait regardé l'étude comme un pur jeu d'esprit, partageant à ce sujet le préjugé commun d'impossibilité, tiré des obstacles invincibles que présenterait infailliblement, à l'accord de la masse associée, l'essor divergent et incompressible des passions humaines.

Néanmoins, avec cette logique qui entraîne l'idée irrésistiblement comme la barre de fer rouge engagée sous le laminoir, il prend corps à corps son problème. Il suppose que toutes les familles habitant une Commune rurale, ayant passé entre elles un Acte de Société, ont mis en Association, dans les formes légales, terres, bestiaux, instruments de travail, etc. pour cultiver et exploiter leur domaine entier unitairement, comme do- 7naine dhinseid homme. Cette base posée, il recherche les lois naturelles des relations qui pourraient s'établir librement entre les sociétaires dans l'intérêt commun, et construit, par la pensée, l'organisation du travail convenant au régime d'une telle Association.

Bientôt, il eut séparé les fonctions par ordre de catégories ; divisé et subdivisé les travaux; poussé jusqu'à ses détails extrêmes l'organisation de l'agriculture dans toutes ses branchies, des ateliers, de la comptabilité, du commerce extérieur, de l'éducation, etc., etc....

Quel ne furent pas sa surprise et son enthousiasme, lorsqu'il reconnut que ces intraitables passions, dont il avait considéré luiiîême l'incompressibilité comme la pierre d'achoppement de tout accord dans une masse humaine associée, devenaient, dès qu'on les transportait dans un milieu sociétairement préparé, non plus des obstacles, nais d'admirables et tout puissants ressorts d'harmonie ! De quel ravissement ne fût-il pas saisi quand, son ensemble sociétaire et unitaire construit, il vit clai-

rement que l'homme avait été crée et prédestiné pour cet étai et non pour l'état morcelé ! que l'indéchiffrable clavier des facultés, des passions et des caractères, réservé pour cet ordre de pleine sociabilité, n'avait pu et dû produire que cacophonie et discordance dans tous l^s ordres sociaux antérieurs, élevés sur des bases plus ou moins étroites et anti- sociales! quand il dût confesser qu'en doutant de la nature de l'homme et de ses passions natives il avait douté de Dieu leur auteur, et qu'enfin, illuminé par l'idée la plus religieuse et la plus radieuse qu'aucun homme avant lui eût encore aperçue, il poussa VEurèka d'Archimède et s'écria : les attractions sont proportionnelles aux

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