ATTRAYANT
Pas de liberté donc, pas d'affranchissement social des malaisés et des pauvres, pas de dignité, d'égalitc, de bonheur collectif; et toujours le mécontentement, la gêne, l'ogitaiion, les ferments de révolution; et toujours les révolutions, tant que vous n'aurez pas su substituer librement, pour l'agricidture, pour Vindastrie, pour tous les travaux pénibles, à votre forme IndustrivUe de morcellement, d'antagonisme perpétuel, de concurrence anarchiqiie et meurtrière, de commerce mensonger et parasite, une organisation capable de ^rofZwire beaucoup de richesses, la sécurité pour tous, l'aisance, l'éducation, la dignité pour tous et le travail attrayant.
Et cela, Fourier vous le disait déjà en 4808, sous le sceptre de l'Empereur Napoléon. Il disait les choses cruemont ; écoutez comme il parle :
a Cette tendance universelle des salariés ramène tous les»
» calculs de la politique à un seul problème : Trouver un nou- » vel ordre social qui assure aux moindres des industrieux y> assez de bien-être pour qu'ils préfèrent constamment et pas- » sionnément leurs travaux à l'état d'inertie et de brigandage » auquel ils aspirent aujourd'hui. » Il ajoutait : « Tant que » vous n'aurez pas résolu ce problème, la nature vous livrera » des assauts perpétuels. Vous n'élevez des empires que pour » servir de jouets à cette nature qui se plaît à les abîmer dans » les révolutions. Vous n'êtes qu'un fardeau pour elle, qu'une » proie dévouée à ses vengeances. Vos prodiges scientifiques n'a- » boutissent toujours qu'à l'indigence et auxbouleverbements. « Vos héros, vos législateurs ne bâtiront que sur le sable ». Et, s'adressant directement à l'Empereur, il lui tenait ce fier langage : » Toute la prévoyance d'un Frédéric ne peut empêcher que de » faibles successeurs ne laissent ravir son épéesurson tombeau. » La Civilisation n'enfante les héros présents que pour humi- » lier les héros passés; elle déprime l'un par l'autre et ux à qui » elle dut tout son éclat. Quel sujet d'inquiétude pour les j-'rjuds
» hommes qui auront à leur tour de faibles successeurs I Ne » doivent ils pas soufifrir des révolutions à w«irplus qu'ils ne » jouissent des triomphes présents? Ne doivent-ils pas abhorrer » cette perfide Civilisation » (forme sociale actuelle, comprenez bien) « qui n'attend que leur trépas pour ébranler et renverser rt leur ouvrage? Oui, l'Ordre civilisé est de plus en plus chan- ') celant. Le volcan ouvert en 1789 par la philosophie n'est qu'à » sa première éruption \ d'autres succéderont dès qu'un règne y> faible favorisera les agitateurs. La guerre du pauvre contrôle )) riche » (spoliation delà noblesse et du clergé) » a si bien réussi ') que les intrigants de tout paysn'a?pirent qu'à la renouveler. En » vain cherche-t-on à la prévenir, la nature sejouedenos luraiè- » res et de notre prévoyance. Elle saura faire naître les révolu- » tions des mesures que nous prenons pour assurer le calme; » et si la Civilisation se prolonge seulement un derai-siècle, « combien d'enfants mendieront à la porte des hôtels habités » par leurs pères ! Je n'oserais présenter cette affreuse perspec- » tive si je n'apportais le calcul qui va guider la politique dans » le dédale des passions et délivrer le monde, de la Civilisation, » plus révolutionnaire et plus odieuse que jamais.
» Nations civilisées ! tandis que les barbares, privés de vos ' » lumières, savent maintenir pendant plusieurs -mille ans leurs » sociétés et leurs institu'.icns, pourquoi les vôtres sont-elles » anéanties si promptement, et souvent dans le même siècle qui » les a vu naître? Toujours on vous entendit déplorer la fragi- » lité de vos œuvres et la cruauté de la nature qui fait écrouler » si rapidement vos merveilles. Cesssez d'attribuer au temps » et au hazard ces .bouleversements ; ils sont l'effet de la ven- » geance divine contre vos criminelles sociétés, qui n'assurent » point à l'indigent des moyens de travail et de subsistance. » C'est pour vous amener à l'aveu de votre ignorance, que lana- » ture promène le glaive sur vos empires et se plait sur leurs dé- » combres. » (Voyez la suite, Tli. des Quatre Mouv., p. 389, '!« édition, 4808.)
Comment trouvez-vous le style, hein? Et pensez-vous qu'il ne fût qu'un bonhomme absurde, qu'un cerveau fêlé, un ridicule utopiste, celui qui parlait dans ce goût-là à l'Empereur Napoléon et lui prédisait ainsi les choses en -1 808 ? Le style, c'est l'homme, voyez-vous. Mettez-en donc un peu du vôtre à côté de celui-là, que l'on compare.
Quoiqu'il en soit, vous connaissez maintenant le problème : Tirez-vous-en.
S i. RÉCEPTION PEU AIMABLE DE L'ASSEMBLÉE A UNE PREMIÈRE VISITE