‹ Le socialisme devant le vieux monde, ou, Le vivant devant les mortsChapitre 16 sur 64 · LE COMMUNISME · texte numérisé non relu

LE COMMUNISME

J'ai caractérisé déjà !e Comamnisme politique, subversif et despotique de Babœuf, le Communisme /acu//a^i/ d'Owen et de son disciple français et omnivore M. Cabet. Ce que j'ai dit dans le cours de cet écrit me dispensera de m'étendre beaucoup sur le Communisme en général, et sur ses variétés d'ailleurs très confuses.

S k. C.\RACTÈRE COMMUN A TODS LES COMMUNISMES.

Le Communisme est, avant tout, une idée négative. C'est une réaction exagérée et souvent violente, en faveur du Travail et de ses droits, provoquée par les saturnales de l'individualisme égo'iste, par la domination immorale et grossière de la Féodalité financière, par l'inique et insupportable tyrannie du Capital.

Cette réaction est paisible et purement spéculative chez les uns, politique, violente et subversive chez les autres, avec une foule de nuances intermédiaires.

On se débarrasse de la Propriété et de ses droits ici par co-

1ère contre ses abus, là par envie de ses avantages, plus loin parce que l'on croit que tant qu'il y aura des riches il y aura des aristocrates, que tant qu'il y aura des inéçralités et des fortunes individuelles, la recherche et l'acquisition de la Propriété seront des causes permanentes de luttes, de domination, d'exploitation, de passions basses et de crimes. C'est une force qui embarrasse, qui gène, qu'on ne sait pas comment utiliser et socialiser : on la supprime. On ne sait pas dénouer le nœud ::rordien : on le coupe.

Les Communistes, en général, s'occupent peu du problème de Vorganisation de la Communauté, des questions de classement, de hiérarchie, de la distribution des travaux, des fonctions et des grades. Le règlement voté par la majorité, la loi ou le dévouement supposé feront face à tout.

Le Communisme, pour beaucoup, c'est tout simplement ceci : « Plus de supérieurs ni d'inférieurs ; plus de propriétaires ; plus T' de riches ni de pauvres ; partageons ; ou bien : mettons en » commun , que tous apportent tout à la masse. » — Je répète . que souvent ce n'est pp.s même un système confus, mais une simple négation, une réaction pure.

C'est ce vague, cetle absence de science, ce caractère négatif, accompagné, suivant les tempéraments, tantôt d'une haine vioi- lente, d'une envie sauvage, tantôt d'un sertiraent d'égalité et do

fraternité , démocratique et au fond chrétien , mais peu réfléchi, qui rendent cette doctrine très simple et son inocculation, sous les formes les plus insaisissables, très facile dans les masses.

Il y a pourtant des communistes très capables, très forts, qui ét:^blissent, sur des bases très sérieuses, de redoutables béliers battant en bièche le principe et le droit de Propriété. Et l'on ne préservera pas les murs de la citadelle sacrée en les couvrant de matelas bourrés des petits livres de M. Cousin et de ses discours à l'Académie des sciences mora!e>, où il oémolit très proprement la Propriété, — croyant la défendre, le cher homme, ce ne sont pas les bonnes intentions qui lui manquent, — en la fondant sur le fait ùq première occupation. On ne les garantira pas davantage avec les petits livres de M. Trolon^', avec les discours de M. Thiers, et, je le crains bien, avec le fameux livre du même que le Constitutionnel va enfin nous livrer pour se faire pardonner ia publication désastreuse, mais utile à la caisse, des romans socialistes d'Eugène Sue.

Qu'on le sache et qu'on s'en pénètre : Ce n'est pas par le Socialisme révolutionnaire de la rue que la Propriété est le plus sérieusement menacée. Elle a aujourd'hui un formidable courant de traditions, de logique, d'idées, d'arguments et de passions contre elie. Il n'y a, ci"oyez-le bien, qu'un moyen de la sauver d'une grande guerre de l'idée d'abord, da fait en-

suite : C'est de savoir faire beaucoup de propriétaires, et de sehâter.

Certes, au commencement du dix-huitième siècle, l'Autel, le Trône et la Noblesse se croyaient bien au moins aussi solides que pput se croire la Propriété aujourd'hui. On sait ce que leflot des idées philosophiques en a laissé debout. Il n'y a pas de. fait qui résiste à un courant d'idées lorsque ce courant devient fort.

S 1. DES COMMUNISTES QUI S'ENP.ICIilSSENT.

Il est des Communistes pas trop mal avisés qui, par une application anticipée de la formule tout à tous et de l'identité dU' tien et û\i mien, prennent purement et simplement à Fourier qui un morceau, qui un autre, qui tout ou presque tout, de sa critique économique, de ses plans de transition, voire même à\s> système organique de la Phalange. De telle sorte que, repoussant seulement la Propriété individuelle et la répartition proportionnelle au Capital, au Travail et au Talent, par haine pour» le premier des trois termes et par amour de l'égalité eî de la confusion, ils se trouvent à peu de frais en possession de quelque chose. Ce n'est déjà pas si maladroit. Ils acquièrent de celt» façon l'avantage de n'avoir pas à s'incliner devant un grand génie, de ne pas reconnaître une grande supériorité intellectuelle et de posséder une doctrine anonyme, — ce qui a son agrément, vu que quand on exprime une idée qui r.e porte le nom de personne, fut-ce la plus grande banalité, on a l'air d'avoir des opinions à soi. Par principe cependant un communiste ne devrait pas tant tenir à ce genre de propriété ; mais il y a pas mal de ces ennemis de la personnalité qui ont une personnalité d'enfer. J'en connais, et des plus éloquents, qui prennent même ce petit travers pour une supériorité. Ne disputons pas des goûts.

Quoi qu'il en soit, je le répète, le tour est ingénieux, et ce n'est pas mal calculé de s'adresser à Fourier. Quand on n'a pa* grand chose et qu'on veut prendre, on ne saurait mieux faire que d'aviser un riche. Essayez donc de dépouiller M. Duvergier de Hauranne ouM. Thiers? teniez, voire, de dévaliser l'Académie des sciences morales et politiques tout entière elle-même?... vous me direz ce que vous aurez rapporté. Le coup fait, en pa-' reille circonstance, ce pauvre Robert-Macaire s'écriait avec désespoir : « Jesuisvolé!» Quant au larcin que nous signalons, Dieu nous préserve de nous en plaindre. On peut puiser à la source tant qu'on voudra sans l'appauvrir. Le grenier est ouvert, et peu nous importe qui y preuddu grain, pourvu qu'on le sème. L'ina-rportant est qu'il pousse et que la moisson mûrisse.

s m DES PHALANSTÉRIENS QUI S'APPAUVRISSENT.

Enfin, et pourquoi no le coniesserais je pas : le Capital a tant fait des siennes ; il a, par ses brutales orgies, si violemment indisposé tant de gens d'esprit depuis Proudhon, même sans passer par M. Cabet, jusqu'à sir Robert Peel qui dénonçait, il y a deux ans. en plein parlement les crimes de la propriété, qu'il y a bien aussi quelques phalanstériens d'emportés par le courant de la réaction dont il est menacé de devenir victiiiie.

Il en est de la Propriété aujourd'hui comuiede la Religion au temps de Pascal : « Un peu de science en éloigne, beaucoup de science y ramène. » Il est certain qu'avec ses mauvais antécédents de conquête, d'usurpation, de spéculation et d'agiotage ; en présence de cette tradition universelle de la sagesse des nations qu'on nous répète à satiété au collège, dans les livres, dans la chaire sacrée et partout, et qui n'est pas sans fondement, à savoir: Que la vertu a toujours appauvri les hommes, et que la violence, la ruse, la cupidité et la fourberie ont plus fondé de fortunes que le désintéressement, la loyauté et l'honneur ; il est certain, dis-je, qu'il y a fort à faire aujourd'hui pour défendre la Propriété. Il faut creuser un peu plus avant que ne le font les citoyens Cousin, Troplong, Thiers et consors, pour lui trouver sa base légitime et ses appuis véritables.Voilà seulement vingt ans qu'on l'attaque un peu sérieusement , les Saints-Simoniens ayant commencé le feu vers 1828. Qu'est-ce que vingt ans pour la marche d'une idée? Peu de chose. Voyez pourtant ses ravages. Le Socialisme a bien dérangé nos affaires? L'esprit humain a pris des allures tellement emportées qu'il galoppe en ce moment à trois siècles en avant des idées si convenables du libéralisme de la Piostauration. Ne pouvait-on en rester là? Pourquoi a-t-on inventé ce maudit Socialisme ? Le général Foy et B .^njamin-Constant seraient, avouons-le, pas mal dépaysés s'ils se réveillaient parmi nous. Et s'ils reconnaissaient la Révolution de 1 830 pour leur fille, âgée de 1 8 ans au 24 février, ils trouveraient qu'on la leur a traîtreusement changée en nourrice ou tout au moins fort mal élevée. Elle est méconnaissable, la pauvre petite. Les tempéraments changent avec l'âge. "*'

Je dis donc qu'aujourd'hui, par le veut d'idées qui souffle, il faut de fortes méditations pour reconnaître la légitimité absolue du principe de la Propriété, — à moins cependant qu'on ne médite pas du tout et qu'on se mette derrière son paravent, le bonnet de coton du Constitutionnel sur la tète. C'est un procédé : il a sa valeur ; car on ne peut douter qu'un moyen de ne pas se laisser emporter par les idées, c'est do n'en avoir point du t)ut. Beaucoup de gens qui parlent fort bien en usent. Ce procédé est moral et surtout sédatif. Je le conseille à ceux qui

honofiT.t père et mcia, en vue dd uéaé:ico spécial attaché à ce commandement.

Quoi qu'il en soit, je confesse connaître des partisan» du Phalanstère qui veulent bien du Capital comme transition, mais qui s'en passent très agréablement dans un certain avenir. La Propriété personnelle l'^ur paraît une faiblesse de Fourier. Or, il n'e?t pas sans quelque douceur, quand on a salué d'ailleurs la supériorité transcendante d'un grand homme, de se trouver, à part soi, plus esprit fort que lui. C'est toujours flatteur.

Il est bien vrai que la théorie de l'Association, comprise dans son pnncipe, est aussi éloignée de l'égalité simple ou de la confusion du Communisme que do l'Individualisme égoïste et antisocial des Économiste^ de la vieille Ecole ;

Que sa vérité, sa fécondité et sa gloire consistent, précisément, tout en les humanisant, les christianisant, les socialisant et les harmonisani, à développer l'iadividualité et la personnalité dans toute la plénitude de leurs énergies diverses et de leurs attributions propres; à consacrer la variété dans tous ses caractères, dans toutes ses di^tinc ions légitimes et infinies, au lieu d'absorber et de noyer individualité, personnalité et variété dans l'océan d'une unité vague et confuse;

Qua la Sério, qui est le proci'dé naturel d'organisation de la liberté et de l'harmonie, n'étant que la graduation des inégalités^ et l'égalité pratique ne pouvant sa produire que par la compensaiion^ Vengrenage et Véquilibn; des unégalués naturelles, artificielles et sociales, l'égalité, la liberté et Tharmonie seront d'autant plus parfaites et plus pleines qu'il y aura plus d'inégalités naturelles, artificielles et sociales ;

Qu'en conséquence, si la Propriété individuelle n'existait pas encore, il conviendrait de l'inventer tout exprès pour le Phalanstère dans l'iatérét formel de la liberté, de l'égalité compensative et pratique, en un mot, de l'harmonie. (Voyez NoteE.)

Tout cela est bien vrai ; mais que voulez-vous? Il y a des esprits tellement nés pour l'activité, l'invention et le perfectionnement qu'ils aimeraient mieux ajouter ou retrancher quelque chose du leur au meilleur chronomètre de Bréguet, quitte à le détraquer, que de s'en servir tout bonnement pour regarder l'heure.

Donc, voici l'opinion de nos phalanstériens sur ce point désorbités. Ils pensent que pendant quelques centaines d'années, plus ou moins, chacun aura effectivement sa fortune, sa rétribution proportionnelle et son compte particulier de créJit et de débit avec la société. Mais viendra un temps où toutes les richesses seront si abondantes que, sans cesser d'avoir de l'utilité, elles cesseront d'avoir du prix. Il ne sera dès-lors plus nécsssaire de compter avec personne, chacun jouissant de

la richesse sociale à volonté comrKe on jouit, dans un beau jardin et par un temps superbe, de l'air, de la vue , du soleil ou de l'ombrage.

On voit que si cette opinion est contestable, elle n'est du moins pas dangereuse. Je ne trouve, pour ma part, r;ul inconvénient à ce qu'on la nourrisse. Que la Propriété individuelle disparaisse quand personne n'en fera plu? de compte ; à cette condition, on ne se compromet pas d'y consentir. Qui vivra verra.

Je vais plus loin et j'accorde aux Communistes avisés qui veulent bien prendre, comme ils dis'int, le Phalanstère pour transition, à ceux même qui le prennent sans penser à en convenir, et aux Phalanstériens qui boudent le Capital, que s'il leur convient, dès le début, dans leurs Phalanges, de ne rien offrir audit Capital, ils en sont parfaitement les maîtres. Seulement, je doute qu'il y vienne en abondance, qu'il s'y plaise et qu'il y y fixe son domicile.

, Pourvu qu'on ne contraigne personne, j'accorde tout. Si l'on a trouvé le moyen d'attraper le Capital saos lui mettre le plus petit morceau de fromage sous la queue, qu'on en essaye. Quand le Capital se fera communiste, MM. Creton, Faucher{Léon) et de Montaiembert n'auront plus rien à dire. Je tiens beaucoup à ce que la loi ne permette pas qu'on prenne, je n'entends point qu'elle ôte la faculté de donner.

S n. DU REMCOURSE:,iENÏ UiiinNlTIF BU CAPITAL.

Le même désir de s'affranchir de ce cauchemar du Capital amène quelques Phalanstériens avancés à l'idée ingénieuse du rembo:jrsement des actions par la Phalange, Attrape, Capital. on te rembourse ! Je suis fâché pour ceux de mes amis qui ont inventé ce petit perfectionnement sur Fourier, qu'ils n'aient pas même le mérite du stratagème. Go procédé de mise à la porte de la Propriété individuelle par la voie polie du remboursement, appartient à M. Bûchez, et constitue, du côté des idées pratiques, comme nous le vt-rrons un peu plus loin, le tribut du ruisseau dont il verse depuis vingt ans les eaux dans le lleuve du Socialisme.

Mais, ù mes amis ! indépendamment de beaucoup d'autres questions que je pourrais vous adresser, pourquoi donc ce remboursement? Si votre Phalange doit vingt millions, il faudra qu'elle en économise autant et qu'elle s'en prive pour payer sa dette. Mais ces vingt millions qu'elle lâchera appartiendront indîvidutlleraeut à ceux qui les auront produits, car ce faoront des personnes — et non ia Phalange, pur être de raison sans les personnes, — qui les auront gagnés, et il faudra que ces personnes

les prêtent à la Phalange. Nous ne faisons dès-lors que changer de prêteurs.

Direz-vous que ces personnes consentiront à donner vingt millions à la Plialange, l'autoriseront à prélever sur elles, sans conditions, el par voie d'impôt, un fonds de remboursement, pour le plaisir de s'affranchir de l'intérêt à paj'er à ce damné Capital ? Mais si la Phalange se prive bénévolement de ces vingt millions, elle fait une sottise économique et financière ; car, en pareille hypothèse, il lui serait toujours bien facile de garder les vingt millions moyennant un intérêt inférieur aux avantagea que lui en procureraient le maniement et l'usage.

Tant qu'on ne sera pas arrivé à ce temps heureux dont nous parlions tout à l'heure, et, nous n'y sommes pas encore, où: les richesses, par supposition, surabonderont à ce point que» leur consommation et leur usage ne coûteront pas plus que l'air et le soleil ; tant qu'on n'en sera pas là, il pourra y avoir lieu à variation dans le prix à offrir au Capital ; mais il y aura toujours utilité sociale à l'employer, et toujours bénéfice à s'en servir—pourvu qu'on ne le paye pas trop cher. Avec le même travail et vingt millions, une Phalange, à moins d'être bien sotte^^ produira toujours beaucoup plus qu'elle ne le ferait sans cettevaleur. Aidé du Capital et lui offrant ure juste part, le Travail gagnera donc plus qu'en mettant le Capital dehors. Il se ferait dons,, en congédiant celui-ci, du tort à lui-même. C'est simple comme bojjour. D'ailleurs, comme le Travail deviendra promptement capitaliste dans la Phalange, il n'y a pas de chance qu'il tienne beaucoup, alors, à se nuire pour faire un mauvais tour à son adversaire actuel. La paix sera vite faite au Phalanstère.

Dès que le Capital ne gruge plus, n'exploite plu?, ne tyrannise plus ; dès qu'il n'est plus maître et seigneur, mais simple associé, on ne saurait trop le redire, son concours devient aussi favorable au Travail que celui du Travail l'est à lui-même.

Et puis, a quoi bon tant disputer là-dessus, et pourquoi se venger ainsj sur le Capital inoffensif et fraternel de l'avenir, des méfaits du Capital grugeur et païen du passé? Est-ce bien raisonnable? Tenons en respect les tentatives de résurrection de la Féodalité financière, à la bonne heure ! Poussons le Capital à l'Association, qui lui sera bien plus profitable encore que le despotisme et la guerre ; mais n'écartons pas les éléments sociauxi et les puissances économiques qu'il faut unir et amener à vivre ea bon ménage. Le Co'.^imunisme et Proudhon suffisent amplement pour tenir le Capital actuel en bride et lui faire peur. Ce n'est pas à nous, qui avons, par voie d' accord volontaire de tour LES INTÉRÊTS, la solution du Problème, à suspendre sur la tête (!" l'un quelconque de ces intérêts, l'épée de Damoclès.

Il mo revient, en corrigeant mon épreuve, une anecdote que-

j'intercale ici. Deux frères se promenaient par une belle nuit d'été. L'un d'eux s'écrie en regardant en haut : « Je voudrais » avoir un-) prairie grande comme le ciel. » — « Moi, dit l'autre, je » voudrais avoir autant de moutons qu'on y compterait d'étoiles. » — (( Ton souhait ne vaut pas le mi',n, réûlique le premier» tu » i;e ferais rien de tes moutons. Comment pourrais-tu les nour- » rir ? » Celui-ci hésite un moment et riposte : « Je les met- » trais dans ta prairie. » Sur ce, contestation, dispute, coups, blessures, et les deux frères, jusque-là liés d'une amitié tendre, s'assomment pour une hypothèse. — Frères ! restons unis, admirons le ciel, rêvons aux moutons et aux prairies de l'avenir, mais ne nous querellons point pour savoir où paîtront nos troupeaux et laissons quelque chose à décider à nos fi!s.

Faisoris des Phalanstères! voilà qui est raisonnable. Quand on verra à l'œuvre le Capital associé, on lui pardonnera bien des choses. Le beau papillon fera vite oublier la chenille impure et rongeufe. Lorsque la Propriété sera facilement accessible à tous, que tous deviendront, à divers degrés, propriétaires, qu'on reconnaîtra l'utilité de la Propriété personnelle et du Capital pour l'ordre, pour la mesure, pour la liberté, pour la production, pour la multiplication des liens sociaux et pour I'égalité pratique ET coMPENSATiVE, OU ne songora plus à lui disputer sa part et son droit, à contester son principe. Le Capital à l'état naissant, c'est-à-dire le Travail, ne songera plus à faire la guerre au Travail à l'état accompli, c'est-à-dire au Capital. Je serais bien surpris d'avoir tort en pensant ainsi.

Page 1