IV
Tu crois qu'il y a ua seul Dieu , leur crie saint Jacques ; tu fais biea : les démons le croient aussi , et ils en tremblent. (Epît. cath., cp. Il, V. ^9.)
Ainsi , Monsieur, la foi sans les œuvres ne serait pas même une marque distinctive entre nous et le diable !
Ces paroles pleînss de compassion et de douceur, dont vous êtes si généreusement prodigues, chères sœurs, envers les pauvres, ne sont, je dois vous en prévenir, d'aucune utilité pour votre salut.
Si un frère ou une sœur sont nus, et qu'ils manquent de la nourriture qui leur est nécessaire chaque jour;
Et que quelqu'un d'entre vous leur dise : Allez en paix, chauffez-vous et vous rassasiez, et que vous ne leur donniez point ce qui est nécessaire pour leur corps, à quoi cela servira-t-il?(/6. , V, Id, -16.)
Et sachez, blanches brebis , qu'il ne deminde pas de quelle utilité ce serait pour le prochain; mais, question bien autrement sérieuse, à quoi cela servirait à vousmêmes !
Que servira-t-il à un homme de'dire qu'il a la foi, s'il n'a pas les œuvres? Cette foi le pourra-t-elie sauver ? {Ibid., 14.)
A ces paroles si nouvelles pour vous, je vous entends, douces habituées des saints lieux : « A quel prix mériterons-nous donc la béatitude éternelle ? « Et en effet, si élevé qu'en soit le prix , un tel marché serait un bon placement. Mais, pieuses égoïstes, avez-vous oublié les paroles du Sauveur, ou ne vous en a-t-on pas dit la portée?
Aimez Dieu par dessus toutes choses et votre prochain comme vous même.
Trouvez-vous le conseil trop vague ?
Toutes les choses que vous voulez que les hommes vous fassent, faites-les leur aussi de même, car c'est là la loi et les prophètes. (Malth. VII, 2.)
Ne comprenez- vous point encore?
VeittlesB ce qwe vous avez et domiez-lc en aiiiiiôiies, dit le Seigneur. (St-Luc XII. 33.)
Vous commencez à comprendre.
Vous allez comprendre tout à fait.
Ecoutez le précurseur prêchant la repentance dans « tout le pays qui est aux environs du Jourdain » :
Il disait donc au peuple qui venait pour être baptisé par lui
Race de vipères, qoi vous a appris a fuir la colère a venir,...
La cognée est déjà mise à la racine des arbres. Tuut arbre donc qui ne produit pas de bon fruit va être coupé et jeté au feu.
Alors le peuple lui demanda : « Que ferons nous donc? » Il leur répondit : QUE CELUI QUI A DEUX HABITS EN DONNE A CELUI QUI N EN A POINT : ET QUE CELUI QUI A DE QUOI MANGER EN FASSE DE MÊME. » (Saint-Luc, III, 7,9,10,11.)
C'est l'évêque Salvien qui vous en avertit.
Si vous ne disposez pas de vos biens en faveur des pauvres c'est que vous ne croyez point. Non, vous ne croyez point ; vous avez beau soutenir le contraire, vos actions démentent vos paroles. (Salvian, cent, avarit, l. 3.)
Nos biens? tous nos biens? demandez vous de votre plus douce voix.
Oui, chères colombes, et votre vie par surcroît !
Nous avons connu ce que c'est que la charité, en ce que Jésus- Christ a donné sa vie pour nous; nous devons donc auî^si jjonner notre vie pour nos frères.
Or, celui qui aura des biens de ce monde, et qui voyant son frère dans le besoin, lui fermera ses entrailles, comment l'amour de Dieu demeurera t-il en lui ?
Mes petits enfants, n'aimons pas seulement de paroles et de langue, mais aimons en effet, et en vérité. (I^r épit. calh. de saint Jean, III, 16 à 19.)
C'est une chose remarquable à quel point ces gens-là s'entendent ; ainsi Saint Jérôme vous donne en d'autres termes un conseil identique :
Vous me demandez comment on peut devenir parfait... pour répondre Madame à la question que vous me proposez, je me
servirai des propres paroles de Jésus Christ a Allez, vendez
tout ce que vous avez ; donnez-le aux pauvres et suivez le Sauveur. » Jésîis-Christ ne dit pas donnez-le à vos enfants, à vos frères^ à tos parents, auxquels, qi'And même vous en adhiEZ, vous seriez toujours obligée de préférer le seigneur. Mais « donnez-le aux pauvres, « ou |>lutôt à Jésus-Christ, QUE VOUS SECOUREZ EN LA PERSONNE DES PAUVRES; lequel,
étant riche, s'est fait pauvre pour l'amour de nous Comme
donc vous n'avez point d'enlants, « employez les richesses injustes à vous faire plusieurs amis qui vous reçjoivent dans ies tabernacles éternels. » Ce n'est pas sans raison que TEvaneile appelle les biens de la terre, » des richesses injastes. « CAR ELLES N'ONT POINT D'AUTRES SOURCE QUE L'INJUSTICE DES HOMMES, ET LES UNS NE PEUVENT LES POSSÉDER QUE PAR LA PERTE ET LA RUINE DES AUTRES. Aussi diton communément, ce qui me paraît très véritable, que CEl'X
QUI POSSEDENT DE GRANDS BIENS NE SONT RICHES QUE PAR LEUR PROPRE INJUSTICE, OU PAR CELLE DE CEUX DONT ILS SONT HÉRITIERS, (lettre de saint Jérôme à Hedibia.)
— Hélas, hélas! comment ferons-nous pour nous di riger dans une voie si nouvelle ? — Rassurez-vous, tendres agneaux, vous aurez des pasteurs vigilants. Voici, par exemple, le conseil de saint Augustin :
Recherchez ceux qui sont dans l'indigence, et ne dites pas : « Si on me demande, Je donnerai ; car comment ferais-je de semblables recherches'^ » soyez curiecx, soyez clairvoyants;
FAITES vos EFFORTS POUR DÉCOUVRIR d'oU CHACUN TIRE SA SUB- SISTANCE Personne ne vous blâmera de cette bienveillante curiosité. Ceux qui n'osent vous demander, prévenez-les, al'.ez au devant d'eux,
Soyez curieuses, mesdames, quoi de plus facile! mais c'est de toute nécessité ; car notez-le bien :
TOUTES LES FOIS QUE NOUS MANQUONS DE DONNER L'AUMONE NOUS DEVENONS SEMBLABLES AUX RAVISSEURS DU BIEN d' AUTRUI
ET DIGNES DU MÊME SUPPLICE. (St.-Jcau Chrysostôme.)
Je vous entends, chrétiens et chrétiennes, vous n'aviez point su à quoi vous vous engagiez en portant ce titre, et, de fait, on ne vous a pas consultés avant de vous le décerner. Mes frères et mes sœurs, la liberté des cultes est entière, et toutes les religions sont égales devant la loi. Vous pouvez vous dédire; il n'y a rien de fait.
— Oh non ! mesdames et messieurs, vous vous trompez de porte ; il n'y a point à marchander. — Je vous entends bien : « IVous jeûnons quatre fois l'an. » — C'est moins que rien.
Ecoutez Chrysostôme :
Si rous jeûnez sans faire l'aumône, Dieu n'agréera pas votre jeûne, il le regardera avec plus d'horreur qus les
EXCES de ceux qui S'ENIVkENT ET QUI SE G0RGENT DE VIANDE.
(S. J. Chrysostôme. Dejejunet eleemos)
C'est à renverser toutes les idées ! — ^Vouspriezmatio et soir et vous récitez votre chapelet à midi; — impossible de vous donner le salut à ce prix.
La prière tire sa force de l'aumône . dit le même saint d'après l'Ecriture. Pratiquons l'aumône d'abord et ensuite la prière, (/rf.)
Je vous ai comprise, épouse du seigneur, et je vous arrangerais volontiers ; mais La virr/i)iité même tient tout son éclat de l'aumône. Sxy s
ELLE LES VIERGES LES PLUS inRKPKOCIIABLFS SONT CHASSEES DK LA CUAV13RE NUPTIALE DR l'ÉPOUX CÉLESTE. ToUtC excellente
qu'elle soit, la virglivté n'est rien sans /'aumône. — Sachez donc qu'il n'y a pas de salut a espérer pour celui qui néglige d? pratiquer l'aumône. Quoiqu'il tasse, le riche qui ne rem-
pUt pas comme il doit l'être le précepte de la charité, périra
NÉCESSAIREMENT DANS L'AUTRE MONDE, [ibld.)
Pieuses et nobles dames qui poussez la charité jusqu'à faire exliibition publique de vos charmes et de vos parures dans l'intérêt de l'humanité souffrante, avec quelle absence d'égards ce rude Chrysostôme vous parle :
C'est toujours un mal de se parer avec des objets précieux ; mais ccst un mal bien plus grand de venir ainsi à L'église et de s'exposer en cet état au regard des malheureux. Si vous
AVIEZ LE PROJET DE LES SOULEVER CONTRE VOUS, VOUS NE POU- VIEZ TROUVER UN MOYEN PLUS EFFICACE ; CAR IL Y A DE LA
CRUAUTE A DISSIPER AINSI POUR LA SATISFACTION DE VOTRE LUXE LES BIENS que Dieu vous a CONFIES pour des ŒUVRES de charité. Considériez la foule des pauvres parmi lesquels vous passez ; Fotre magnificence les irrite dans la luim qui (es presse et les dévore. ET LEUR NUDIIE CRIE VENGEANCE CONTRE CES VÊTEMENTS SUPERBES ET CET APPAREIL DIABOLIQUE. Ne vaudrait-il pas mieux soulaçrer l'indigence, QUE DE SE PERCER LES OREILLES POUR Y SUSPENDRE LA NOURRITURE DES PAUVRES ET LA VIE D'UNE INFINITÉ DE MALHEUREUX.
Si sévère que puisse vous paraître le Saint, oh ! qu'incomparable est sa douceur auprès du châtiment que le FILS DE l'homme VOUS réservB, si vous ne vous empressez de faire pénitence, /(Z es^ de renoncer aux richesses injustes, c'est-à-dire à cette chose d'aitirui qu'on possède quand on possède le superflu.
Et ensuite il dira à ceux qui sont à sa gauche, retirez vous de moi, maudits, et allez dans le feu éternel, qui est préparé au diable et à ses anges.
Car j'ai eu faim et vans ne m'avez pas donné à manger ; fai eu soif et vous ne m' avez pas donné a boire.
Tétais étranger et vous ne m'avez oas recueilli; fêtais nu et vous ne m'avez pas vêtu ; fêtais malade et en prison et vous ne m'avez pas visité.
Et ceux-là lui répondront aussi : Seigneur, quand est-ce que nous t'avons vu avoir iaira ou soif ou être étranger, ou nu, ou malade, ou en prison et que nous ne t'avons point assité ?
Et il leur repondra : Je vous dis en vérité qu'en tant que vous ne l'avfz pas fait a l'un de ces plus petits de mes frères, vous ne me l'avez pas fait non plus.
ET CEUX-CI S EN IRONT AUX PEINES ÉTERNELLES. Mais les justes s'en iront à la vie titernelle. (Saint Malt. XXV 41 à 46.)
Eh bien, citoyen procureur, vous n'avez rien vu encore. Seulement vous voilà convenablement préparé à ce qui va suivre.
Cette maxime de M. Proudhon : ha propriété, c'est le vol, ces prétendus saints, ces docteurs illustres, ces martyrs la répètent, la développent ; en un mot, c'est pour eux parole d'Evangile.
Accusé Basile, approchez et répondez : « Quel est celui qu'on doit regarder comme voleur ? »
SAINT jEAN-cuuYsosTOME. Voici l'Idée qu'on doit se faire des riches et des aV('res ; ce sont des voleurs qui assiègent la
VOIE PUB IQUE, DÉVALISANT LES PASSANTS ET FONT DE LEURS CHAMBRES DES CAVERNES OU ILS ENFOUISSENT LES BIENS d'AUTRII.
(S. Jean. Chrysost. de Lazaro concio. I.)
M. LE PRÉSIDENT. Vous n'avez pas la parole. Basile répondez : Quel est celui qu'on doit regarder comme voleur?
SAINT BASILE. « C'est celui qui s'approprie à lui seul ce qui est à plusieurs particuliers. N'êtes -vous donc pas un voleur, vous qui rendez propre à vous seul ce que vous av z reçu pour le communiquer et le distribuer à plusieurs'^ » Si l'on appelle voleur celui qui dérobe un habillement, doit-on donner un autre nom à celui qui, pouvant sans se nuire, habiller un homme qui est tout nu, le laisse pourtant tout nu? le pain que vous reti>
NEZ CHEZ vous ET DONT VOt'S AVEZ TROP EST AUX PAUVRE» QL i MEURENT DE FAIM; LES HABILLEMENTS QUE VOUS GARDEZ DANS VO-' TRE ARMOIRE SONT A CEUX QUI SONT NUS ; LES SOULIERS QUI SE MOI- SISSENT CHEZ VOUS SONT A CEUX QUI n'eN ONT PAS ; l'ARGENT QUE VOUS CACHEZ DANS LA TERUE EST A CEUX QUI SONT RUINÉS. » ( S.
Basil, mag. de avarit.)
Est-ce clair? « A Charenton! » criez-vous. Vous croyez être au bout? je ne fais que commencer.
Greffier, prenez votre meilleure plumo, et écrivez ce que va nous dire le sieur Grégoire dit le Grand,
UN RÉPUBLICAIN HONNÊTE : Monsieur le président, estce que vous êtes décidé à faisser durer cela jusqu'au bout? C'est bien violent, cependant ! (Voyez dans le Moniteur universel la séance de l'Assemblée nationale du 31 JLiillet; discussion d'une poposition du citoyen Proudhon.)
Saint Grégoire-le-Grand. « Ce n'est pas assez de ne pas ravir le bien d'autrui ; en vain ceux là se croient innocents, qui s'approprient à eux seuls les biens que Dieu a rendus communs : enne donnant pas aux autres ce qu'ils ont reçu, ils c/er/e/iwen^ MEURTRIERS e^ HOMICIDES parce que, retenant pour eux seuls le bien qui aurait sou.'agé les pauvres, on peu y dire
qu'ils en tuent tous les jours autant qu'ils en AURAIENT PU
NOURRIR. Lors donc que nous donnons de quoi subsister à ceux qui sont dans la nécessité, nous ne leur donnons pas ce qui est à nous, mais Jious leur donnons ce qui est a eux. Ce u est pas tant une œuvre de miséricorde que nous faisons, qd'unë dfttr «^'lE nous payons. » (S. Grég. Reg. past. p. 3. c. 22.)
VOIX DANS l'auditoire. C'est une mena^'e à la société.
— C'est un crime envers la société. — Nous ne pouvons entendre ces clioses-là ! — Ce sont des extravagances. Ce sont de véritables folies ! — Rappelez-le à la pudeur ! — C'est intolérable ! {loc. cit.)
— Gendarmes, faites venir le prévenu Crégoire de Nyss!3.
Saint Grégoire de Nvsse. Il eût été meilleur et plus juste, puisque nous soaimes tous frères et unis par les liens du sang et de la natord, que nous partageassions tous égal ennent. Que si un seul veut se rendre maître de tout le bien, le posséder tout entier et exclure ses frères de la troisième ou de la quatrième partie, celui-là neH pas un frère, mais un tyran inhumain, UN BARBARE CRUEL, ou plutôt UNE BETE FAROUCHE dont
LA GUEULE EST TOUJOURS OUVERTE fOUR DEVORER ELLE SEULE TOUTE LA NOURRITURE DES AUTRES'
LE CHOEUR. Il fallait faire le coup de fusil le 23 juin!
— U fallait avoir du courage ! — Où étiez-vous donc dans les journées de juin? — Vous êtes le Marat de cette doctrine! — C'est vous qui avez ailumé l'incsndie ! — Il fallait aller aux barricades {loc. cit.).
LE CITOYEN SENARD. H cst trop làclie, il n'ira pas. Ccs gens-là appellent derrière les barricades, mais ils n'y vont pas {loc. cit.).
quelqu'un. Mandrin n'en dit pas davantage {loc. cit.).